Attaque dans un Thalys, le suspect arrêté, deux blessés graves

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* Le tireur lourdement armé a été maîtrisé par des passagers * Deux personnes, dont un militaire US, ont été grièvement blessées * Un "drame terrible" a été évité, selon Bernard Cazeneuve * Le Premier ministre belge parle d'une "attaque terroriste" par Morade Azzouz ARRAS, Pas-de-Calais, 22 août (Reuters) - Un homme lourdement armé a ouvert le feu vendredi après-midi à bord d'un train Thalys qui circulait dans le nord de la France et a blessé grièvement deux personnes avant d'être maîtrisé par des passagers, dont deux militaires américains, et placé en garde à vue. Le parquet antiterroriste français a été chargé de l'enquête et le Premier ministre belge, Charles Michel, a évoqué sur son fil Twitter une "attaque terroriste". Mais les autorités françaises sont plus prudentes sur les mobiles de cette agression dont le bilan aurait pu être beaucoup plus lourd. "Comme toujours lorsqu'il s'agit d'actes qui peuvent revêtir un caractère terroriste, la plus grande prudence et la plus grande précision s'imposent", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, lors d'un point de presse à la gare d'Arras, où le train a été immobilisé. Le suspect, qui était monté en gare de Bruxelles selon la société Thalys, a été maîtrisé par plusieurs passagers, dont deux militaires et un étudiant américains. "Cela aurait pu être un véritable carnage", a témoigné le Britannique Chris Norman, qui a également contribué à neutraliser le tireur. D'après Slimane Hamzi, du syndicat de police Alliance, l'homme est âgé de 26 ans et a déclaré aux policiers qu'il était d'origine marocaine. Selon un porte-parole de la SNCF, il avait des armes automatiques et des armes blanches. Conduit en garde à vue au commissariat de police d'Arras, le suspect a été aussitôt entendu par les services de police chargés de l'enquête. Deux personnes ont été grièvement blessées, dont un des deux militaires américains intervenus pour le neutraliser, a-t-on appris auprès du ministère de l'Intérieur. Le commandement de l'armée américaine en Europe, situé à Stuttgart en Allemagne, a confirmé dans un communiqué qu'un soldat américain avait été blessé dans l'attaque. Ses jours ne sont pas en danger. Cité par des médias britanniques, un responsable du Foreign Office britannique a démenti en revanche qu'un ressortissant britannique ait été touché, comme l'avait indiqué dans la soirée le ministère français de l'Intérieur. OBAMA ET VALLS SALUENT LE COURAGE DES PASSAGERS L'attaque s'est produite vers 17h50 (15h50 GMT) à bord du train qui effectuait la liaison entre Amsterdam et Paris. Il se trouvait alors à hauteur d'Oignies, dans le Pas-de-Calais, a précisé Thalys dans un communiqué. Décorés par la municipalité d'Arras, trois passagers ayant maîtrisé le suspect ont raconté dans la soirée devant plusieurs médias, dont Reuters TV, les circonstances de l'attaque. "Nous nous trouvions tous dans la même voiture (...) Nous avons vu un employé de la compagnie traverser en courant la voiture après un coup de feu. J'ai levé la tête et j'ai vu un type avec un (fusil) AK-47 ou une autre sorte de mitraillette", a témoigné le Britannique Chris Norman, 62 ans. "Alek a dit à Spencer 'Occupe-toi de lui'. Ils on commencé à maîtriser le terroriste", a-t-il ajouté en faisant allusion aux deux militaires américains impliqués, dont Alek Skarlatos, 22 ans, un membre de la Garde nationale rentré le mois dernier d'une affectation en Afghanistan. "Spencer et moi avons couru sur une dizaine de mètres, nous ne savions pas si son arme marchait ou pas", a dit ce dernier. Le troisième passager, Anthony Sadler, un étudiant californien de 23 ans, n'était jamais venu en France. "C'était mon premier voyage en Europe et nous avons stoppé un terroriste, c'est dingue", a-t-il dit. Les autorités françaises ont salué leur courage. Sur son fil Twitter, le Premier ministre, Manuel Valls, a exprimé son "soutien aux victimes" et sa "gratitude à ceux qui sont intervenus", ajoutant que "la mobilisation des forces de l'ordre est totale". Bernard Cazeneuve a pour sa part tenu à "exprimer à ces deux passagers américains qui ont été particulièrement courageux, qui ont fait montre d'une grande bravoure dans des circonstances extrêmement difficile toute notre gratitude, notre reconnaissance et notre admiration pour le sang froid dont ils ont témoigné et sans lequel nous aurions sûrement été confrontés à un drame terrible". A Washington, le président Barack Obama a salué "le courage et la rapidité d'esprit des passagers". "Il est évident que leurs actes héroïques ont peut-être évité une tragédie bien pire", a poursuivi la Maison blanche. Depuis les attentats djihadistes de janvier à Paris au siège de Charlie Hebdo et dans une épicerie cacher de la porte de Vincennes, un dispositif de sécurité renforcée a été mis en place en France. En juin, un islamiste présumé a décapité son patron et tenté de faire exploser une usine chimique à Saint-Quentin Fallavier, dans l'Isère. (voir ID:nL8N0ZG1SX Le mois dernier, les autorités ont annoncé avoir déjoué un projet d'attentat djihadiste contre des militaires français au nom de l'organisation Etat islamique. (voir ID:nL5N0ZX1NC ) (avec Pascal Rossignol à Arras et Elizabeth Pineau et Michel Rose à Paris; édité par Henri-Pierre André)

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  • M4484897 le samedi 22 aout 2015 à 11:49

    Armé jusqu'aux dents, qui a fait usage de ses armes et on parle encore de "suspect" le terme exact est "terroriste"