ATP : Nadal le reconnait, il a douté de lui en 2015

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ATP : Nadal le reconnait, il a douté de lui en 2015
ATP : Nadal le reconnait, il a douté de lui en 2015

Dans un entretien accordé au quotidien espagnol El Pais, Rafael Nadal s'est longuement confié. Sa baisse de forme, ses failles mentales, le joueur de 29 ans s'est livré sincèrement.

L'année 2015 de Rafael Nadal aura été une longue succession de galères. Même si l'Espagnol s'est légèrement repris lors des derniers mois de la saison, il a vécu ce qu'il n'avait jamais connu auparavant : une année pourrie. Notamment à cause d'une fatigue mentale inhabituelle pour un joueur que beaucoup considéraient comme indestructible. Nerveux, anxieux et en perte de confiance en 2015, le vainqueur de quatorze tournois du Grand Chelem a raconté ses états d'âme au quotidien El Pais. Un entretien réalisé pendant le Masters de Londres (15-22 novembre) juste après la défaite de l'Espagnol contre Novak Djokovic (6-3, 6-3 le 21 novembre) mais qui a été diffusé juste avant la fin de l'année.

« Avant tout une question mentale »

Rafael Nadal n'a pas tourné autour du pot. Usé après ses premières contre-performances, l'Espagnol a eu du mal à encaisser les déceptions : « Mentalement, les choses ont été différentes pour moi, a expliqué ‘‘ Rafa ’’ à El Pais. C'était nouveau de me retrouver dans cette situation. Je n'ai pas honte de dire que j'ai douté. Toute l'année, j'ai essayé de dire ce que je ressentais. J'ai parlé honnêtement, sans chercher à en faire un drame. » Auteur d'un début de saison extrêmement poussif, l'Espagnol a attendu la fin février pour remporter son premier tournoi, à Buenos Aires.

Un fait inhabituel pour le nonuple vainqueur de Roland Garros qui s'est embourbé dans une période de doute. « Quand il vous arrive tant de choses négatives, il est difficile de comprendre, mais cela se produit. En fin de compte, la seule chose à faire : c'est d'accepter le problème et se remettre à travailler. C'est la seule solution. Il m'a fallu des mois pour inverser la tendance. Au-delà de l'aspect purement technique, c'était avant tout une question mentale. Si le mental ne suit pas, vous ne pouvez pas jouer au tennis. »

« L'impression d'encaisser le poids de trois défaites »

Sa lourde défaite contre Novak Djokovic en quarts de finale de Roland-Garros (7-5, 6-3, 6-1) l'a fait entrer dans une période de turbulences. Ses défaites marquantes et surprenantes à Wimbledon et à l'US Open face à Dustin Brown (2eme tour) et Fabio Fognini (3eme tour) ont précipité sa descente aux enfers. « Cette année, à chaque fois que je perdais, j'avais l'impression d'encaisser le poids de trois défaites, a confié l'Ibère. J'ai beaucoup perdu confiance à un certain moment. »

Les défaites dans les grands rendez-vous de l'année ont impacté son assurance. Idem pour les tournois moins prestigieux où « Rafa » n'a quasiment pas brillé (trois tournois remportés, deux ATP 250 et un ATP 500). Pour la première fois depuis plus d'une décennie (2004), le natif de Majorque n'a pas empoché le moindre Masters 1000 : « Quand je n'ai pas réussi à faire des résultats dans des tournois qui étaient censés m'être favorables, tout a été plus compliqué. »

« Je me suis même demandé : retrouverais-je un jour mon niveau ? »

Une fracture mentale qui a poussé le « Taureau de Manacor » à se poser une question existentielle.  « Je me suis même demandé : retrouverais-je un jour mon niveau ? Je me suis dit que si je continuais à jouer sans joie, mais avec une telle anxiété, je finirais par ne plus prendre de plaisir sur un court. Quand rien ne va, vous pouvez cesser de croire en vous-même. » Un mal profond qui lui a fait perdre ses moyens. D'habitude si solide et si costaud, l'Espagnol est apparu liquéfié, trainant son spleen sur les courts. Sans sa grinta légendaire, le Majorquin n'a pas été capable de résoudre son problème. Et cela n'est pas étonnant. Au-delà du talent qui est le sien, l'Espagnol s'est construit autour d'un mental indéfectible et d'une volonté à toute épreuve. Sans ça, Nadal n'était plus Nadal.

S'il estime avoir progressivement remonté la pente, l'Espagnol a quand même du mal à qualifier sa saison de ratée : « Pour la onzième année, je finis dans le top 5. Je ne sais même pas si quelqu'un d'autre l'a fait. C'est important même si j'ai vécu une année difficile. » Pas épargné par la presse et même par certains hommes politiques espagnols dans ses moments de doute, le numéro 5 mondial n'a aucune rancune « tant que les critiques sont énoncées avec respect ». Comme souvent, « Rafa » a aussi eu une pensée pour ses fans : « Dans ma période difficile, j'ai ressenti l'affection du public. Je travaille dur pour changer les choses. » Ses soucis musculaires de côté et avec une confiance retrouvée, Rafael Nadal n'espère qu'une chose : que son année 2016 soit placée sous le signe de la rédemption.

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