Athlétisme: Yelena Isinbayeva au sommet, Kirani James chute

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LE RETOUR EN GRÂCE DE YELENA ISINBAYEVA
LE RETOUR EN GRÂCE DE YELENA ISINBAYEVA

par Alison Wildey

MOSCOU (Reuters) - La perchiste Yelena Isinbayeva a connu mardi aux Mondiaux d'athlétisme de Moscou un retour en grâce aussi spectaculaire que la chute du Grenadien Kirani James, spécialiste du 400 mètres et favori à sa propre succession.

Arrivé en Russie avec le statut de champion olympique, de champion du monde et de détenteur du meilleur chrono de l'année, le coureur caribéen a échoué à la septième place de sa finale un an après son sacre londonien.

En panne dans la dernière ligne droite, Kirani James a laissé l'Américain LaShawn Merritt, suspendu pendant près de deux ans jusqu'en 2011 pour dopage, s'envoler vers une victoire inattendue.

"Je ne suis pas venu aux championnats du monde pour ça. Maintenant, il faut que je reparte de l'avant", a dit le Grenadin à la BBC.

Comme Kirani James, la "tsarine" mondiale de la perche Isinbayeva était venue pour gagner. Pari réussi pour la Russe, reine incontestée de la discipline entre 2003 et 2008, qui semblait avoir entamé un déclin irrémédiable depuis les JO de Pékin.

Aux Mondiaux de Berlin en 2009, la perchiste avait raté tous ses sauts. À Daegu (Corée du Sud), en 2011, elle avait fini à la sixième place. Et à Londres, en 2012, elle s'était contentée de la médaille de bronze.

Cette fois-ci, elle s'est élevée à 4,89 mètres dans le ciel de Moscou, plus haut que les deux prétendantes les plus sérieuses, la championne olympique américaine Jennifer Surh et la Cubaine Yarisley Silva.

Les deux dauphines se sont chacune arrêtées à 4,82m, la médaille d'argent revenant à l'Américaine au bénéfice du nombre d'essais.

La résurrection de Yelena Isinbayeva, 31 ans, a redonné vie au stade Loujniki qui n'avait jamais connu pareille affluence depuis le début des Mondiaux, même pour le triomphe programmé du Jamaïcain Usain Bolt sur 100 mètres, dimanche.

Constamment soutenue par un choeur de "Yelena Yelena", la championne olympique d'Athènes et de Pékin, seule femme à avoir jamais franchi la barre des cinq mètres, a même tenté de battre son propre record du monde. Sans succès.

"JE SUIS UN ENFANT"

Mine radieuse, celle qui semblait il y a encore quelques jours vouée à une retraite paisible s'est offert une embrassade avec son entraîneur, un tour d'honneur et un tour des plateaux de télévision de la planète.

La Canadienne Brianne Theisen Eaton, spécialiste de l'heptathlon, a failli elle aussi vivre un conte de fées à Moscou.

Deux jours après la médaille d'or de son mari, le décathlonien américain Ashton Eaton, elle aurait pu à son tour s'offrir le plus beau des métaux si elle avait devancé de quatre secondes Ganna Melnichenko dans la dernière épreuve, le 800m.

Peine perdue: son adversaire est resté surs ses talons durant les deux tours de piste. Et l'Ukrainienne est devenue championne du monde.

Quatrième à seulement quelques points du podium avant le début de la course, la Française Antoinette Nana Djimou a craqué dans les deux derniers hectomètres et vu s'évanouir, au moins pour cette fois, son rêve de médaille mondiale.

Le Français Pierre-Ambroise Bosse, 21 ans, devra lui aussi patienter jusqu'à l'édition 2015 à Pékin pour monter - peut-être - sur le podium du 800m.

Avec un chrono de 1'44"79, à plus d'une seconde de son meilleur temps cette année, le demi-fondeur âgé de 21 ans a fini septième d'une finale dominée par l'Ethiopien Mohammed Aman - au moins aura-t-il eu le temps d'apprendre.

"Je les ai tous sentis très forts, un petit complexe d'infériorité qui m'a coûté cher", a-t-il réagi sur France télévisions.

"Il ne faut pas se mentir, je suis un enfant, je n'ai même pas de barbe. Mais l'enfant un moment donné va grandir. (...) Je pense que, maintenant, ils me craignent un peu. C'est ce que je voulais sur ces championnats."

L'Allemand Robert Harting, devenu champion du monde du lancer du disque pour la troisième fois, a trouvé un autre moyen pour inspirer la crainte: déchirer son maillot. Un an après son titre à Londres, le "Hulk des stades" a récidivé.

Simon Carraud pour le service français, édité par Jean-Loup Fiévet

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