Athlétisme: Teddy Tamgho ira aux JO de Londres chercher le titre

le
0

par Luc Folliet

PARIS (Reuters) - De retour de rééducation après une sérieuse blessure à la cheville, le triple sauteur français Teddy Tamgho n'avance qu'avec un seul objectif en tête, les Jeux olympiques de Londres l'été prochain.

"Je vais chercher un titre olympique à Londres", a-t-il déclaré vendredi lors d'une conférence de presse au siège de la Fédération française d'athlétisme.

Le jeune athlète de 22 ans s'était fracturé une cheville lors des championnats d'Europe Espoirs à Ostrava en juillet dernier. Il avait dû se faire opérer après avoir déclaré forfait pour les mondiaux de Daegu (Corée du Sud) en août.

Cette blessure n'a pourtant en rien altéré la confiance en ses moyens et sa détermination. Teddy Tamgho connaît surtout sa chance. "Une blessure, ce n'est pas la fin du monde. Certains se lèvent à six heures du matin pour aller travailler. Moi à six heures du matin je suis en train de dormir", a relativisé le recordman du monde de la discipline en salle (17m92).

"Ce ne sont pas les larmes qui vont tomber sur ma cheville qui vont la cicatriser... Mon corps a dit stop. Il fallait opérer et attendre", a-t-il continué.

Le pensionnaire du CA Montreuil s'est alors astreint à une rééducation méticuleuse au centre de Boulouris, dans le Var. "Deux mois non-stop", a-t-il précisé. "La consolidation de ma cheville est en bonne voie."

Tamgho est aussi revenu sur les interrogations qu'avait soulevé sa participation aux championnats d'Europe Espoirs (moins de 23 ans), une compétition jugée mineure par certains observateurs.

"Mais vous ne pouvez pas négliger une compétition avec l'équipe de France. Il y a des gens qui s'entraînent jour et nuit et qui ne porteront jamais ce maillot", a asséné Teddy Tamgho péremptoire.

LIEUX D'ENTRAINEMENTS

Pour l'instant, Tamgho n'a pas repris l'entraînement. "Je n'ai même pas encore repris la course." Mais le triple sauteur se projette déjà dans l'avenir.

"L'athlétisme est un sport où une grosse partie de la préparation se fait en hiver", a expliqué Ghani Yalouz, le directeur technique nationale de l'athlétisme français.

Quatre choix s'offrent à l'athlète : Paris, le sud de la France, l'Espagne et Gainesville en Floride.

"Je n'ai pas encore fait mon choix. Chacun des lieux offrent des avantages et des inconvénients."

Le climat méditerranéen pour l'Espagne ou le sud de la France, les différents sportifs français regroupés dans un même lieu (l'INSEP) pour Paris, les infrastructures et le soleil pour la Floride.

Mais aux Etats-Unis, le problème pourrait être d'ordre différent, à savoir la nationalité de son entraîneur actuel, le Cubain Ivan Pedroso, qui rend compliqué l'obtention d'un visa pour se rendre en Floride.

"Si j'étais l'ambassade, je lui donnerais son visa", a dit dans un sourire Teddy Tamgho.

Le triple sauteur a également apporté quelques précisions sur les bienfaits de la préparation et du suivi réalisés avec Ivan Pedroso, ancien sauteur en longueur qui le suit depuis un an désormais.

L'école cubaine dans les sauts sort régulièrement depuis plus de trente ans des athlètes à très fort potentiel comme Yoel Garcia ou Yoelvis Quesada, médaillés olympiques respectivement à Sydney en 2000 et à Atlanta en 1996.

"La différence avec la France, c'est qu'on fait une prépa' physique plus copieuse en hiver, et du spécifique plus tôt", a noté Teddy Tamgho.

"Il y a de bons points à prendre dans chaque école de saut mais ce n'est pas une école qui va m'emmener au titre olympique. C'est Teddy Tamgho", a-t-il conclu.

Edité par Henri-Pierre André

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant