Athlétisme: Renaud Lavillenie veut mettre fin à une anomalie

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RENAUD LAVILLENIE VEUT L'OR DES MONDIAUX À SON PALMARÈS
RENAUD LAVILLENIE VEUT L'OR DES MONDIAUX À SON PALMARÈS

par Sophie Greuil

MONACO (Reuters) - Un peu comme le sprinteur Usain Bolt dans son domaine, le perchiste français Renaud Lavillenie écrase la concurrence depuis quatre ans. Mais il lui manque encore l'or des Mondiaux, qui lui a échappé en 2009 et en 2011.

Le champion olympique de Londres, médaillé de bronze à Berlin puis à Daegu, a une chance de réparer cette incongruité lors de la prochaine édition à Moscou, du 10 au 18 août.

Il représentera alors la seule très sérieuse chance de titre pour l'équipe de France d'athlétisme, qui a touché l'or pour la dernière fois en 2005.

Depuis son premier titre international, celui de champion d'Europe en salle en 2009, Renaud Lavillenie a tout raflé ou presque : encore champion d'Europe en salle en 2011 et 2013, le Clermontois est devenu champion d'Europe en plein air 2010 et 2012 avant le titre olympique, il y a un an.

Compte-t-il s'arrêter là ? Visiblement, non.

"Je ne me fixe aucune limite quant à passer telle ou telle barre. Mon moteur est uniquement de me faire plaisir, de sauter pour le plaisir. Alors, seulement, la performance suivra", dit-il.

Début juillet, à la veille du meeting de Lausanne lors duquel il a raté ses trois sauts, Renaud Lavillenie avait annoncé son objectif : franchir une barre à six mètres avant Moscou.

"Me présenter aux championnats du monde à Moscou en ayant passé six mètres serait, effectivement, un bonus de confiance", promettait-il alors.

Aussitôt dit, presque aussitôt fait. A Londres, dans le stade de ses exploits olympiques, il a sauté fin juillet 6,02 mètres, établissant un nouveau record de France en plein air.

Pas de quoi lui donner un excès de confiance. "Chaque concours est un nouveau départ, pour un nouveau scénario. A Moscou, dès les qualifications, tous les compteurs seront remis à zéro. Que j'ai ou pas la meilleure performance mondiale de l'année ne me donnera aucun passe-droit", rappelle-t-il.

"Et heureusement, sinon je m'ennuierais."

PAS DE PLACE AU DOUTE

Grâce à ces 6,02 mètres, il est devenu le septième homme le plus haut perché de l'histoire.

"Si haut, à six mètres, tout se joue au centimètre près. Alors, il faut être adroit, comme un chat, tout au feeling, dans l'esquive de la barre", décrit-il lâchant un sourire, satisfait d'appartenir "à ce cercle fermé des gars à six mètres".

À ce jour, ce poids plume d'1,77m pour 69 kg a franchi quatre fois la barre des six mètres, en plein air et en salle.

"Loin d'être une obsession, elle demeure à la fois un mythe et un gage d'une tonne de confiance quand on réussit enfin à l'embrasser. Quelque part, oui, elle donne des ailes, propulse, donne le droit et l'honneur d'oser une autre dimension."

Malgré la "tonne" de confiance emmagasinée, l'actuel maître des airs évite de s'endormir sur ses lauriers.

"Je ne dois pas me relâcher", prévient-il. "Je dois toujours concourir pour être le meilleur. La confiance est le socle de ma perche. Je ne dois donc pas laisser la place au doute".

Ce doute, le champion olympique le chasse lors de ses séances d'entraînement à Clermont sous la houlette de Philippe d'Encausse, huitième à la perche aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.

"À chaque entraînement, chaque compétition, voire chaque saut où qu'il soit, j'essaie d'affiner tel ou tel réglage, de travailler tel ou tel scénario", explique Renaud Lavillenie, capable de sauter parfois plus de trente fois lors d'une séance.

"Ainsi, le jour J, dans ma palette de sauts, je trouve toujours celui qu'il faut dégainer. Je ne suis jamais pris de court. Je l'ai, je les ai, disons, dans ma mémoire dure, ma disquette."

À Moscou, où son frère Valentin est aussi sélectionné dans le concours, Renaud Lavillenie tentera de devenir le premier Français champion du monde de l'histoire de la perche.

Avant lui, Thierry Vigneron en 1987 puis Romain Mesnil en 2007 et 2009 avaient décroché l'argent. Mais eux ne dominaient pas la discipline comme lui aujourd'hui.

Edité par Simon Carraud

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