Athlétisme: Lemaitre et Tamgho visent l'or aux Mondiaux

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LEMAÎTRE ET TAMGHO VISENT L'OR AUX MONDIAUX D'ATHLÉTHISME
LEMAÎTRE ET TAMGHO VISENT L'OR AUX MONDIAUX D'ATHLÉTHISME

par Simon Carraud

PARIS (Reuters) - Le début d'année en demi-teinte de Christophe Lemaitre et Teddy Tamgho, deux locomotives de l'athlétisme français, n'ébranle pas leur confiance à l'approche des Championnats du monde de Moscou, en août.

Leur objectif commun : la médaille d'or. Ces deux-là ont pourtant un sérieux défi à relever, chacun à sa façon.

Teddy Tamgho, spécialiste du triple saut, n'a plus beaucoup de temps devant lui pour rattraper le retard accumulé lors de ses vingt mois d'absence pour cause de blessure.

Et le sprinteur Christophe Lemaitre devra probablement se mesurer à un certain Usain Bolt, l'homme le plus rapide de la planète depuis bientôt cinq ans.

"Moi, j'y crois toujours", assure à Reuters le Savoyard qui n'est pourtant pas descendu cette année sous les 10"17 sur 100 mètres - la 35e meilleure performance mondiale de l'année -, et 20"35 sur 200 m. Très loin des temps de référence du maître.

Mais le précédent Yohan Blake lui a donné des idées. Ce jeune loup du sprint jamaïcain avait profité d'un faux départ de son aîné aux Mondiaux de Daegu, en 2011, pour monter sur son trône. Contre toute attente.

"Qui avait prédit que Blake serait champion du monde à Daegu ? Personne", rappelle Christophe Lemaitre. "Je ne dis pas qu'il va se passer la même chose, mais c'est ce genre d'événements qui font que l'histoire peut basculer."

Lucide malgré tout sur la supériorité d'Usain Bolt, le multiple champion d'Europe espère au moins "monter sur la boîte" - entendre le podium -, dans l'idéal dans les trois épreuves du sprint.

"Je vais essayer de faire au moins comme il y a deux ans", dit-il.

En Corée du Sud, il avait pris le bronze sur 200 m et l'argent sur 4x100 m mais avait échoué à la quatrième place sur la distance reine, même en l'absence d'Usain Bolt sur la ligne de départ.

"JE ME CHERCHE"

Pour avoir une chance de s'immiscer une fois encore entre les gros bras du sprint mondial, Christophe Lemaitre sait qu'il devra s'approcher en Russie de ses deux records de France - 9"92 et 19"80 -, voire les battre.

Or il en est loin. De quoi l'inquiéter ? "Pas du tout", répond-il calmement, d'autant que les entraînements se passent bien selon lui. Mais il ne parvient pas à retrouver ses meilleures sensations en compétition.

"Peut-être parce qu'on a fait beaucoup de musculation", dit-il. "On a arrêté il y a à peine un mois. Le corps n'a pas encore assimilé tout ce travail. Je cherche encore un peu mes repères".

Teddy Tamgho en est pour l'instant réduit au même point : tenter de retrouver ses repères après vingt mois loin de toute compétition, la faute à une fracture suivie d'une opération à la cheville.

"J'ai perdu un peu de maîtrise. Le physique est toujours là. Mais sur la maîtrise, je sens que je me cherche encore. C'est encore un peu en dents de scie. Je peux réussir un saut, et pas le suivant", dit-il à Reuters, avant de s'aligner, comme Lemaitre, au meeting de Montreuil lundi soir.

Un exemple : "Avant je mordais très peu, et là je me mets à mordre énormément."

Pour autant, le détenteur du record du monde en salle, rassuré par ses progrès depuis son retour en mars, ne se tracasse pas plus que Christophe Lemaitre et songe lui aussi à l'or des Mondiaux.

Il a quand même intérêt à se dépêcher de franchir les 17 m pour être de nouveau crédible sur la scène internationale, et même les 17,20 m pour valider sa place aux Mondiaux. Aujourd'hui, il en est à 16,86 m.

Lui ne s'affole pas plus que ça : "Les chose s'installent petit à petit. Donc j'en conclus que je n'ai pas à m'en faire."

"Si j'arrive là-bas (à Moscou), forcément il faudra gagner. Que j'ai passé 20 mois, 40 ou 50 sans sauter, il va falloir que j'y aille pour gagner".

A croire que sa très longue absence n'a entamé ni sa confiance en lui, ni ses chances.

"Je dirais même que j'ai plus de chances maintenant. Parce que les épreuves forgent le mental. Je sais que sur le plan psychologique, je serai beaucoup plus apte à faire face à un adversaire coriace."

Edité par Chrystel Boulet-Euchin

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