Athlétisme: l'ex-champion olympique Alain Mimoun ne courra plus

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ALAIN MIMOUN EST MORT
ALAIN MIMOUN EST MORT

PARIS (Reuters) - L'athlète français Alain Mimoun, champion olympique du marathon à Melbourne en 1956, est décédé à l'âge de 92 ans, a-t-on appris vendredi auprès de la Fédération française d'athlétisme (FFA).

Considéré comme une légende du sport français, Alain Mimoun, qui s'est éteint jeudi, avait en outre remporté trois médailles d'argent olympiques : sur 10.000 m en 1948, et sur 5.000 m et 10.000 m en 1952.

Né en Algérie le 1er janvier 1921 sous le nom d'O'Kacha Mimoun, cet ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale avait gagné au cours de sa carrière une trentaine de titres nationaux, sur 5.000 m, 10.000 m, en cross et en marathon.

Dès l'annonce de sa disparition, les hommages ont salué un homme de caractère, à la résistance inouïe, qui courait encore à son âge plusieurs kilomètres par jour.

Michel Jazy, médaillé d'argent aux JO de Rome en 1960 sur 1.500 m, "garde une profonde admiration" pour celui qu'il a longtemps considéré comme un exemple à suivre.

"J'ai eu la chance de partager la chambre d'Alain Mimoun pendant six semaines et j'ai vu l'intensité et le professionnalisme que ce garçon donnait pour réussir dans la finale olympique", a dit l'ancien champion sur RTL.

"Alain Mimoun a été pour moi un exemple et un modèle. Il me réveillait le matin à 5h30 pour aller courir et le soir il m'obligeait à aller au lit à 20h30. Alors que nous étions aux JO, je ne pouvais pas profiter des soirées qu'il y avait au village olympique !", s'est-il souvenu.

"DROITURE"

"J'avais l'impression que ça ne pouvait jamais lui arriver parce que je le voyais encore quand j'étais athlète, il devait avoir 75-80 ans, il courait encore dans le bois de Vincennes, donc toujours la passion de la course à pied", a dit Stéphane Diagana, ancien champion du monde de 400 m haies.

"J'ai toujours ces images en tête de quelqu'un de très âgé mais qui encore courait ou marchait ou était très actif", a-t-il ajouté sur BFM TV.

La ministre des Sports, Valérie Fourneyron, a salué dans un communiqué "l'athlète tricolore le plus médaillé de tous les temps, un exemple de droiture et de gentillesse".

Le président de la FFA, Bernard Amsalem, a évoqué "un déchirement à titre personnel mais également pour la famille de l'athlétisme dans son ensemble".

"Avec lui, c'est tout un symbole qui nous quitte. Celui d'un lutteur acharné, d'un défenseur de la République en péril et, bien évidemment, un champion olympique magnifique."

LA CONSÉCRATION DE MELBOURNE

Alain Mimoun s'est éteint au terme d'une vie trépidante.

Né en "Algérie française", il avait découvert la course à pied un peu par hasard, à l'armée, peu après son engagement à l'âge de 19 ans.

Envoyé combattre sur le front belge, en Tunisie puis en Italie, il avait failli y perdre la jambe gauche en frôlant une amputation après avoir reçu un éclat d'obus.

De retour à Paris après la guerre, l'ancien combattant va commencer à régner sur les courses de fond françaises à partir de 1947, en accumulant les titres nationaux et les records.

Cette époque marquera aussi la naissance de sa rivalité teintée d'amitié avec le Tchécoslovaque Emil Zatopek, derrière qui il terminera à chaque fois aux JO de 1948 et de 1952.

Quatre ans plus tard, Alain Mimoun connaît la consécration à Melbourne, sous un soleil de plomb, au lendemain de la naissance de sa fille prénommée, avec beaucoup d'espoir, Olympe.

Au terme de 2h25 d'effort, le coureur français à la moustache bien mise et au petit mouchoir noué aux quatre coins sur la tête entre dans l'histoire en devenant champion olympique. Son ami et rival de toujours, Zatopek, se classe sixième et l'enlace à l'arrivée.

Symbole de sa ténacité, Alain Mimoun décrochera son dernier titre de champion de France de marathon à l'âge de 45 ans, en 1966. Il détient toujours plusieurs records de France dans la catégorie vétérans.

Olivier Guillemain, édité par Gilles Trequesser

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