Athlétisme: Farah brille, Bolt dans les starting-blocks

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USAIN BOLT RÉPOND PRÉSENT À MOSCOU
USAIN BOLT RÉPOND PRÉSENT À MOSCOU

par Mitch Phillips

MOSCOU (Reuters) - Même s'il n'y avait pas foule au stade Loujniki, même si le spectre du dopage rôde déjà à Moscou et même si tout le monde attend Usain Bolt, le Britannique Mohamed Farah a vécu samedi une belle première journée aux Mondiaux d'athlétisme.

Celui que la Grande-Bretagne appelle "Mo" est devenu pour la première fois de sa carrière champion du monde du 10.000 mètres en prenant, deux ans après, sa revanche sur l'Ethiopien Ibrahim Jeilan qui lui avait soufflé la médaille d'or à Daegu.

Son rival a tenté de suivre la cadence dans les derniers hectomètres mais le champion olympique de la distance a résisté à son retour grâce à sa vitesse de pointe et fini en 27'21"71.

"Je me suis dit: 'non, pas encore'", a raconté Farah, qui avait jeté des regards d'effroi en direction d'Ibrahim Jeilan lors du dernier tour de piste en 2011.

Derrière Ibrahim Jeilan (27'22"23), le Kenyan Paul Kipngetich Tanui a pris la médaille de bronze en bouclant les 10 kilomètres en 27'22"61.

Ces trois-là sont ensuite montés sur le podium devant des tribunes très clairsemées. Seuls quelques milliers d'amateurs ont fait le déplacement au stade Loujniki qui peut accueillir 81.000 personnes.

Les organisateurs, qui avaient annoncé avoir écoulé 80% des billets pour la semaine, n'ont plus qu'à espérer que le sacre annoncé du Jamaïcain Usain Bolt, l'homme le plus rapide de la planète, drainera davantage de spectateurs dimanche.

Nettement moins exubérant qu'à son habitude, le sprinteur a fait le nécessaire samedi pour se qualifier pour les demi-finales. Il a fini premier de la dernière série avec un temps de 10"07.

"Je suis content de ma course. Comme c'est le premier tour, je suis resté détendu. Je voulais juste réussir mon départ et avoir un bon temps de réaction", a expliqué Usain Bolt à la presse.

NEZ CASSÉ

S'il se qualifie pour la finale programmée également dimanche (19h50 heure française), il devrait retrouver l'Américain Justin Gatlin et répondre à cette question que la discipline se pose depuis deux ans: regagnera-t-il sa couronne perdue à Daegu?

A l'époque, il l'avait perdue à cause d'un faux départ. Samedi, lors des séries, il n'a pas cillé lorsque son voisin de couloir, Kemar Hyman, a quitté trop tôt les starting-blocks. Comme s'il avait guéri du traumatisme de Daegu.

Les Français Christophe Lemaitre et Jimmy Vicaut courront eux aussi en demi-finales. Et ils ont obtenu un sursis puisqu'ils n'auront pas affaire à Usain Bolt en demi-finale.

Jimmy Vicaut a fait très bonne impression lors de sa série, qu'il a survolée en 10"06. Christophe Lemaitre beaucoup moins. Le double champion d'Europe du 100 m a pris un départ lent et fini deuxième de sa course en 10"12.

Il y aura également deux Français en finale du saut à la perche, programmée lundi: les frères Renaud et Valentin Lavillenie. Le premier, sacré champion olympique il y a un an, a sauté à 5,65 m, le deuxième à 5,55 m.

D'autres ont vécu une journée beaucoup plus sombre, à l'image de la sprinteuse trinidadienne Kelly-Ann Baptiste qui a rebroussé chemin avant les séries du 100 m après la révélation d'un contrôle antidopage positif.

L'athlète de 26 ans, médaillée de bronze en Corée du Sud, a par la même occasion réveillé le fantôme du dopage qui plane sur l'athlétisme mondial, en particulier depuis les affaires Tyson Gay et Asafa Powell, deux stars du sprint masculin.

Journée sombre également pour le décathlonien américain Trey Hardee, double champion du monde, qui a perdu toute chance de conserver son titre après son échec au saut en hauteur.

Journée sombre, enfin, pour l'Ukrainienne Natalia Semenova qui s'est cassé le nez juste avant le début du concours du lancer du disque. Et ne s'est pas qualifiée pour la finale.

Mais journée faste pour la Kenyane Edna Kiplagat. Elle a conservé son titre de championne du monde du marathon en courant les 42,195 kilomètres en 2h25'44, soit quelques secondes de mieux que l'Italienne Valeria Straneo (2h25'58).

Simon Carraud pour le service français, édité par Henri-Pierre André

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