Athènes veut renégocier sans "affrontement destructeur"

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(Avec déclarations de Varoufakis, commentaires de la France et de l'Allemagne) ATHENES, 28 janvier (Reuters) - Le nouveau Premier ministre grec Alexis Tsipras a martelé mercredi sa volonté de négocier sans "affrontement destructeur" un allègement de la dette d'Athènes, pourtant exclu par ses partenaires européens. Son ministre des Finances, Yanis Varoufakis, lui a fait écho en annonçant qu'il rencontrerait ses homologues européens, dont les ministres français et italien des Finances dans les jours à venir, afin de parvenir à un "nouveau pacte" tout en évitant de sombrer dans un "duel" entre l'Europe et la Grèce. "Nous sommes un gouvernement de salut national, notre but est de négocier un allègement de la dette", a déclaré Alexis Tsipras lors du premier conseil des ministres de son gouvernement dévoilé la veille. "Nous n'entrerons pas dans un affrontement mutuellement destructeur mais nous ne poursuivrons pas une politique de soumission", a poursuivi le chef du parti de la gauche radicale Syriza, large vainqueur des législatives il y a trois jours. "Notre priorité est aussi d'avoir une nouvelle négociation avec nos partenaires pour tenter de parvenir à une solution équitable, viable et mutuellement bénéfique de sorte que notre pays sorte du cercle vicieux du surendettement et de la récession", a dit Tsipras, ajoutant qu'il s'attendait à des "discussions productives" vendredi avec le président de l'Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem. Le Premier ministre grec devrait également rencontrer François Hollande avant le 12 février, date du prochain sommet européen. ID:nL6N0V72CP S'exprimant pour la première fois depuis sa nomination, Yanis Varoufakis a plaidé pour "un nouveau pacte, un pont entre les précédents programmes et l'accord définitif entre la Grèce, l'UE, la BCE et le FMI", les créanciers internationaux d'Athènes. "Il n'y aura pas de duel entre la Grèce et l'Europe", a-t-il dit. "Une nouvelle relation de confiance et d'honnêteté est en train de naître entre notre pays et l'Europe. Les négociations ne seront pas faciles, elles ne le sont jamais", a ajouté le ministre des Finances. PARIS ET BERLIN EXCLUENT TOUTE ANNULATION DE DETTE Signe de ces difficultés à venir, la France comme l'Allemagne ont réaffirmé mercredi qu'il était hors de question d'accepter un allègement de la dette grecque, qui représente plus de 175% du produit intérieur brut du pays. "Il a été réaffirmé qu'il y avait pas de perspective d'annulation, mais une discussion s'engagera", a déclaré à l'issue du conseil des ministres le porte-parole du gouvernement français Stéphane Le Foll. ID:nL6N0V72RO Si Paris se refuse à l'idée de tirer un trait sur ses créances de 42 milliards d'euros, il a, par la voix de son ministre de Finances, accepté d'ouvrir des négociations. "Il y a des choses à discuter avec le gouvernement grec pour leur permettre d'avoir une dette plus soutenable, plus facile à rembourser", a dit sur RTL Michel Sapin. En Allemagne, le ministre de l'Economie Sigmar Gabriel a de la même façon exclu toute réduction de la dette. "Nous devons être justes avec notre propre population et celle des autres Etats de la zone euro", a-t-il commenté. Le président des sociaux-démocrates du SPD a par ailleurs estimé qu'il n'existait plus de risque de contagion comme il y a deux ans. "Toutes les décisions de ces dernières années sur l'union bancaire et les réformes structurelles dans des pays comme l'Espagne, le Portugal ou l'Irlande montrent que nous n'avons plus à nous inquiéter comme nous nous inquiétions à l'époque." LA BOURSE D'ATHÈNES PLONGE Concernant sa politique budgétaire, Alexis Tsipras a indiqué que son gouvernement de coalition avec le parti de la droite souverainiste des Grecs indépendants travaillerait à des budgets à l'équilibre sans chercher pour autant à dégager des "excédents irréalistes" pour assurer le service de la dette. La lutte contre la chômage, qui touche 25% de la population active, sera la priorité de son action, a-t-il poursuivi, et il a promis de mettre un terme au clientélisme et de lutter contre la corruption. Annoncées avant même le premier conseil des ministres, les premières mesures portant sur le gel de plusieurs projets de privatisation, dont celui de l'Autorité portuaire du Pirée OLPr.AT et de la principale compagnie d'électricité PPC DEHr.AT , détenue à 51% par l'Etat, ont plombé la Bourse d'Athènes, qui chutait de plus de 8,2% vers 13h30 GMT. .ATG Les valeurs bancaires notamment perdent du terrain pour la troisième journée consécutive. (voir ID:nL6N0V71RQ ) Depuis la victoire de Syriza, la Bourse d'Athènes a cédé près de 11,5%. (George Georgiopoulos et James Mackenzie, avec les rédactions de Paris et Berlin; Henri-Pierre André et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)


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