Athènes risque de devoir nationaliser NBG et Eurobank

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LES BANQUES GRECQUES EUROBANK ET NBG POURRAIENT ÊTRE NATIONALISÉES
LES BANQUES GRECQUES EUROBANK ET NBG POURRAIENT ÊTRE NATIONALISÉES

par George Georgiopoulos

ATHENES (Reuters) - L'Etat grec risque de devoir nationaliser deux des principales banques du pays, celles-ci ayant suspendu leur projet de rapprochement faute d'avoir trouvé les capitaux privés nécessaires.

National Bank (NBG) et Eurobank ont perdu jusqu'à 30% en Bourse après l'annonce de l'arrêt de leur projet de rapprochement, qu'elles expliquent par leur incapacité à lever les capitaux privés nécessaires pour éviter une nationalisation.

National Bank a acquis en février 84,3% d'Eurobank via un échange d'actions, avec la volonté d'intégrer totalement les activités de sa cible et de s'assurer la position de première banque de Grèce.

Mais le projet préoccupe la "troïka" des bailleurs de fonds d'Athènes (l'Union européenne, le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne), qui craignent l'émergence d'une banque de taille démesurée par rapport au poids de l'économie grecque.

"Le fait qu'ils reconnaissent qu'il est peu probable que (les banques) parviennent à lever les 10% de capitaux nécessaires auprès d'investisseurs privés est négative (car) les actionnaires pourraient se retrouver actionnaires d'une banque nationalisée", note Maria Kanellopoulou, analyste chez Euroxx Securities.

Des hauts fonctionnaires ont assuré que les dépôts dans les deux banques ne seraient pas affectés par le gel du projet de fusion.

National et Eurobank avaient besoin au total de 15,6 milliards d'euros de capitaux frais pour porter leurs fonds propres au niveau de solvabilité exigé par la banque centrale.

CRAINTES DE DILUTION

En Bourse, les titres des deux groupes ont atteint leur baisse maximale autorisée, inscrivant des plus bas historiques et faisant perdre jusqu'à 17,4% à l'indice des valeurs bancaires de la place d'Athènes. Elles ont ensuite regagné du terrain et, vers 12h15 GMT, Eurobank gagnait 9% tandis que National cédait encore 16%.

"La réaction du marché reflète les craintes de dilution et l'incertitude concernant l'avenir des deux banques", a commenté Theodore Krintas, responsable de la gestion de fortune chez Attica Bank.

Le plan de recapitalisation des banques grecques élaboré par Athènes et la troïka prévoit que le Fonds hellénique de stabilité financière, une structure publique, apportera l'essentiel des capitaux dont les banques ont besoin en échange d'actions et d'obligations convertibles subordonnées (CoCos).

Mais pour éviter la nationalisation, les banques doivent trouver des investisseurs privés prêts à prendre au moins 10% de leur capital. Faute de remplir cette condition, National Bank et Eurobank pourraient donc être placées sous le contrôle du Fonds hellénique.

Dans ce cas, environ 40% du secteur bancaire grec seraient sous le contrôle de l'Etat, deux seulement des principales banques du pays restant dans le secteur privé.

En outre, la participation de 84,3% de National dans Eurobank pourrait être diluée par la nationalisation et ramenée à moins de 10%.

Les conseils d'administration des deux établissements doivent se réunir mardi pour adopter une décision définitive sur la recapitalisation. Ils devraient logiquement prendre acte du fait que chacun sera recapitalisé séparément.

Il appartiendra au Fonds hellénique de décider si, une fois la nationalisation effective, les deux banques seront rapprochées ou si elles resteront indépendante l'une de l'autre.

Si leur rapprochement est définitivement abandonné, c'est Piraeus Bank qui sera la première banque de Grèce.

Avec Lefteris Papadimas, Juliette Rouillon et Marc Angrand pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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