Athènes reporte ses paiements, Tsipras devant le Parlement

le , mis à jour à 13:38
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* Athènes regroupe ses échéances dues au FMI, paiera à la fin du mois * Alexis Tsipras s'oppose aux "propositions extrêmes" du Groupe de Bruxelles * Le Premier ministre s'expliquera devant les députés à partir de 15h00 GMT * Un ministre "ultra" de Syriza évoque des élections anticipées * ENCADRE sur le projet du Groupe de Bruxelles: ID:nL5N0YR1CJ (Actualisé avec Stratoulis et possible retour de Tsipras à Bruxelles, § 5-12) par George Georgiopoulos ATHENES, 5 juin (Reuters) - Le ministre délégué grec à la Sécurité sociale, Dimitris Stratoulis, figure de l'aile radicale du parti Syriza, a prévenu vendredi matin que le gouvernement d'Alexis Tsipras pourrait être contraint d'organiser des élections anticipées si les créanciers d'Athènes n'assouplissent pas leur position. Présenté cette semaine au Premier ministre grec, le projet préparé par le Groupe du Bruxelles est jugé inacceptable par Athènes, qui a opté pour un report à la fin du mois du remboursement de 300 millions d'euros dus au FMI initialement prévu ce vendredi. Athènes, exploitant une disposition possible mais rarement utilisé, a regroupé en une seule échéance payable le 30 juin ses quatre remboursements dus ce mois-ci -- 1,6 milliard d'euros au total --, repoussant ainsi le risque d'une faillite imminente. (voir ID:L5N0YR05R ) C'est la première fois depuis le début de la crise de la dette il y a cinq ans que le gouvernement grec n'honore pas une échéance de remboursement sur les 240 milliards d'euros qui lui ont été prêtés en échange de réformes sociales et économiques et d'une politique d'austérité. Mais les autorités grecques affirment avoir les moyens de payer. "Cette initiative du gouvernement est un message envoyé aux créanciers pour leur dire que nous sommes prêts à attendre pour voir s'ils reculeront sur le projet déraisonnable, inhumain et colonialiste qu'ils proposent", a expliqué Stratoulis à la chaîne de télévision Antenna TV. Interrogé par la BBC, le ministre grec de l'Economie, George Stathakis, a réaffirmé vendredi matin que "le gouvernement grec ne (pouvait) pas accepter les nouvelles propositions mises sur la table". Alexis Tsipras, qui s'est une nouvelle fois entretenu jeudi soir au téléphone avec Angela Merkel et François Hollande, doit informer le Parlement grec de l'avancée des négociations ce vendredi à 15h00 GMT. A ses ministres, le chef du gouvernement, qui doit composer avec l'aile radicale de son parti, a d'ores et déjà déclaré qu'il ne pouvait pas accepter les "propositions extrêmes" qui lui ont été soumises mercredi soir à Bruxelles par l'Union européenne et le Fonds monétaire international. "Tout le monde doit comprendre que le peuple grec a souffert pendant ces cinq dernières années et qu'il faut arrêter de jouer à ses dépens", a poursuivi Tsipras, dont les propos tenus jeudi devant ses ministres ont été rapportés par un responsable gouvernemental. Mercredi soir pourtant, après un dîner à Bruxelles avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe, le Premier ministre grec avait dit qu'un accord entre la Grèce et ses créanciers était "en vue". ID:nL5N0YQ04B Il a apparemment durci le ton au vu des critiques émises à Athènes au sujet de l'accord en préparation. De source européenne, on indiquait en fin de matinée que le Premier ministre grec pourrait retourner à Bruxelles tard vendredi soir ou samedi pour de nouvelles discussions. "Les choses sont sur la table, les échanges sont possibles, le dialogue est nécessaire", a déclaré son côté le ministre français des Finances, Michel Sapin. INQUIÉTUDES SUR LES MARCHÉS En décidant de reporter le remboursement des 300 millions d'euros qui était dû ce vendredi au FMI, Athènes a semé l'inquiétude sur les marchés financiers. Les Bourses européennes ont ouvert en baisse et à Athènes, l'indice général composite .ATG , qui avait entamé la séance sur un recul de 0,7%, a creusé ses pertes. A la mi-journée, il cédait 4,8%. "Nous nous attendons à ce que les intervenants du marché mettent leurs gilets de sauvetage aujourd'hui", avance un analyste d'Euroxx Research à Athènes. (voir ID:L5N0YR0VM ) Mais les propositions de l'UE et du FMI, qui réclament notamment que Tsipras s'engage à réduire les dépenses de retraite, à réformer le marché du travail et à poursuivre un programme de privatisations, ont suscité un tollé dans les rangs de Syriza car elles franchissent les "lignes rouges" tracées par Athènes pour ces négociations. "Les créanciers veulent imposer des mesures dures. S'ils ne font pas machine arrière sur ce paquet visant à un chantage contre le gouvernement, nous devrons rechercher des solutions alternatives, des élections", a prévenu vendredi matin le ministre délégué grec à la Sécurité sociale, Dimitris Stratoulis, sur Antenna TV. Syriza a remporté les élections de janvier sur la promesse de "livrer bataille" pour améliorer le Mémorandum négocié naguère par les précédents gouvernements grecs avec l'ex-"Troïka", a insisté ce ténor de l'aile la plus radicale du parti. "Si cela semble impossible ou très difficile parce que les créanciers choisissent de nous maintenir sous le statu quo d'une colonie, d'un protectorat au sein de la zone euro et non d'un partenaire égal, alors le peuple souverain devra trancher par le biais d'élections", a-t-il poursuivi. A plusieurs reprises depuis l'alternance politique de janvier, la piste d'un retour anticipé aux urnes a été avancée en Grèce. A chaque fois, elle a été écartée et d'après un sondage Alco publié vendredi par le site d'information Newsit, un peu plus d'un tiers seulement des Grecs (37%) y sont favorables quand 45% préfèrent pour leur part un accord négocié entre Athènes et le Groupe de Bruxelles pour sortir de la crise de la dette. Le même sondage note qu'une très large majorité de la population grecque (75%) est favorable au maintien du pays dans la zone euro. "Notre gouvernement a pour mandat de rester dans l'euro et d'obtenir un meilleur accord en essayant de modifier les termes de l'accord avec nos partenaires européens", a réaffirmé Stathakis sur la BBC. "La Grèce, a-t-il insisté, doit rester dans l'euro." (avec Jan Strupcewski à Bruxelles et Kylie MacLellan à Londres; Tangi Salaün, Benoît Van Overstraeten et Henri-Pierre André pour le service français)

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  • crcri87 le vendredi 5 juin 2015 à 11:07

    Je m'appellerais Juncker je me sentirais ridicule.

  • crcri87 le vendredi 5 juin 2015 à 11:04

    Tsipras : Chapeau l'artiste un beau lobe de fond de court.Et une fois de plus Lagarde nous montre son incompétence à maîtriser les dossiers !!! Je pense même que la réaction du FMI s'est faite dans son dos, comme dans l'affaire Tapie.

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