Athènes relance son plan de renvois de fonctionnaires

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par Dina Kyriakidou

ATHÈNES (Reuters) - La Grèce va relancer son programme de mise "en réserve" destiné à renvoyer à terme 40.000 fonctionnaires afin de réaliser les 11,5 milliards d'euros d'économies auxquelles elle s'est engagée auprès de l'Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI), a-t-on appris jeudi auprès de responsables gouvernementaux.

Le plan, que le gouvernement socialiste de George Papandreou a échoué à mettre en oeuvre l'an dernier, devait placer 30.000 fonctionnaires, sur un total de 700.000, dans une situation de "réserve" au sein de laquelle ils auraient reçu 40% de leur salaire pendant un an avant d'être définitivement limogés.

Le dispositif n'a finalement abouti qu'au départ de 6.500 fonctionnaires, principalement via des départs à la retraite.

Les membres du gouvernement chargés des questions économiques, qui vont présenter les détails du plan aux dirigeants des trois partis politiques soutenant le gouvernement, devraient défendre le programme comme la seule manière de convaincre les créanciers internationaux de maintenir la Grèce à flot.

"Le plan de mise en réserve sera mené à bien, cette fois", a déclaré à Reuters un responsable gouvernemental qui a souhaité garder l'anonymat. "La dernière fois, cela ne s'est simplement pas produit."

La Grèce manque régulièrement les objectifs budgétaires fixés par ses bailleurs de fonds, irritant certains de ses partenaires européens qui menacent d'entraver le versement de son second plan d'aide, de 130 milliards d'euros, tant qu'elle n'obtiendra pas de meilleurs résultats.

VASTE PROGRAMME DE COUPES

"C'est une mesure qui ne va peut-être pas produire des économies drastiques et immédiates mais elle va crédibiliser tous nos efforts de réformes", a déclaré un second responsable gouvernemental qui a également souhaité garder l'anonymat. "Nous devons trouver les 11,5 milliards d'euros d'économies parce que sans eux il n'y aura pas de nouvelle tranche d'aide."

Le programme de coupes budgétaires comprend également des réductions des dépenses des ministères et la fusion de plusieurs organismes publics qui doivent au total rapporter entre 4 et 5 milliards d'euros.

La majorité des coupes concerneront de nouvelles baisses des traitements versés par l'Etat, des retraites et des aides sociales, lesquelles représentent deux tiers des 82 milliards d'euros dépensés chaque année par le gouvernement, hors versements d'intérêts.

Le gouvernement prévoit aussi de se séparer de dizaines de milliers d'employés en CDD après avoir rationalisé les besoins des ministères et des organismes publics, selon les responsables gouvernementaux.

Les dirigeants des partis qui soutiennent le gouvernement avaient donné leur accord de principe aux coupes budgétaires la semaine dernière mais la "mise en réserve" n'a été évoquée que plus tard par le ministre des Finances Yannis Stournaras qui a estimé qu'il manquait encore entre 3,5 et 4 milliards d'euros pour parvenir aux 11,5 milliards d'économies visées.

"FIASCO"

Les deux partis politiques de gauche, les socialistes du Pasok et la Gauche démocratique (Dimar), qui soutiennent le gouvernement dominé par le mouvement Nouvelle démocratie (ND, conservateur) du Premier ministre Antonis Samaras ont fortement contesté la mesure, accusée notamment de s'inscrire à l'encontre de la constitution grecque qui interdit le licenciement de fonctionnaires.

"Je suis catégoriquement opposé à la mise en réserve", a déclaré Fotis Kouvelis, chef de file de la Dimar après une rencontre entre les dirigeants des partis mardi. "Cela s'est avéré un fiasco et je ne peux pas soutenir un fiasco."

Antonis Samaras a soutenu son ministre des Finances Yannis Stournaras, un technocrate indépendant, et s'est engagé à étudier toutes les options nécessaires pour parvenir aux objectifs budgétaires, laissant entendre que la mise en réserve obéirait à des termes différents de la première tentative gouvernementale.

Certains experts du marché de l'emploi ont attribué le précédent échec au fait que de vastes secteurs du service public, notamment la santé et l'éducation, ont été préservés de la mise en réserve, au choix de nombreux fonctionnaires de partir en retraite plutôt que d'être limogés, et au boycott de certains organismes publics qui ont refusé de transmettre des données sur leur nombre d'employés.

Les responsables interrogés par Reuters ont jugé que les mesures devraient apparaître socialement justes pour être acceptées par les partis qui soutiennent le gouvernement, notamment en ajustant plus efficacement la réduction des aides sociales aux revenus de leurs bénéficiaires.

Les mesures doivent être finalisées avant la fin du mois et être présentées aux représentants de la troïka -UE, FMI et Banque centrale européenne (BCE)- lors de leur prochaine visite qui devrait avoir lieu avant septembre.

Julien Dury pour le service français, édité par Matthias Blamont

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  • mmegemon le jeudi 9 aout 2012 à 17:16

    ma foi ,je crois que les partis sont bloqués et n'osent pas entreprendre les reformes de reduction de dépenses.ils vont essayer mais ils vont biaiser et surtout trouver des moyens de detourner la réalite qui fait peur.il n'y a qu'une manière ,ne plus approvisionner ce gouffre sans fin.donc arreter de payer et là la nécessité sera loi mais cela sera une révolution avec forcement de la casse.mais je pense que malgre tout c'est la seule issue

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