Athènes privilégie la compétitivité sur le solde budgétaire

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    * Tsakalotos veut un objectif d'excédent de 2,5% du PIB 
    * Conclure la revue urge, dit-il 
    * Probable réunion de l'Eurogroupe avant Noël-officiel grec 
    * La dette grecque fait encore souci-Draghi (BCE) 
 
 (Actualisé avec des précisions, du contexte, propos grecs et de 
la BCE) 
    par George Georgiopoulos et Francesco Guarascio 
    ATHENES, 28 novembre (Reuters) - Abaisser l'objectif 
d'excédent budgétaire primaire après 2018 permettrait à la Grèce 
de réduire les impôts et de gagner en compétitivité, a déclaré 
lundi le ministre grec des Finances, qui exhorte par ailleurs 
les créanciers de son pays à conclure rapidement son examen et à 
alléger sa dette. 
    Euclide Tsakalotos estime que l'objectif d'excédent primaire 
(c'est-à-dire hors service de la dette) pourrait être ramené à 
2,5% du PIB au-delà de 2018, alors qu'il est actuellement de 
3,5%, une proposition qui n'a pas l'aval des créanciers 
européens. 
    "Certains pays disent que le principal problème de la Grèce 
n'est pas la dette mais la compétitivité", a-t-il dit lundi lors 
d'une conférence à Athènes, renvoyant à des propos tenus la 
semaine dernière par son homologue allemand Wolfgang Schäuble. 
    "Si tel est le cas, je ne vois rien de mieux que de réduire 
ses excédents", a-t-il ajouté. 
    "Voici ce que je propose: ramenons l'objectif d'excédent 
budgétaire primaire de 3,5% à 2,5%; le gouvernement grec 
s'engagera à affecter la différence d'un point à des allègements 
fiscaux pour les PME (...) afin de stimuler la compétitivité". 
    S'exprimant lors de la même conférence, Benoit Coeuré, 
membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), a 
dit qu'Athènes devait s'en tenir aux conditions de son programme 
d'aide pour réussir son examen de santé. 
    Bien qu'il ait promis d'en finir avec l'austérité, le 
Premier ministre Alexis Tsipras a signé en juillet 2015 un 
troisième programme d'aide international, synonyme de rigueur. 
Il a été par la suite réélu grâce à ses promesses de préserver 
les retraites, les salaires et la code du travail.     
     
    "SANS CONCLUSION, PAS DE SOLUTION" 
    Les négociations entre Athènes et ses créanciers ont buté la 
semaine dernière sur des divergences tenant aux objectifs 
budgétaires et aux réformes des marchés du travail et de 
l'énergie, pierres angulaires de la deuxième revue des 
réalisations accomplies par la Grèce. 
    En outre, un désaccord persistant entre l'Union européenne 
(UE) et le Fonds monétaire international (FMI) sur les objectifs 
budgétaires à moyen terme ne permet plus guère à la Grèce 
d'espérer une prompte conclusion de cette revue. 
    La position qu'adopte la Grèce lors des négociations est 
conforme à ce qui est prévu dans le plan de renflouement mais 
l'UE veut faire des concessions au FMI pour le convaincre de 
rester partie prenante, a expliqué Tsakalotos. De fait, le FMI 
n'a toujours pas décidé s'il participerait au renflouement. 
    "Sans cette conclusion, il n'y aura pas de solution pour la 
dette et sans cette solution nous ne pourrons bénéficier de 
l'assouplissement quantitatif", a-t-il expliqué, allusion au 
massif programme de rachat d'actifs, essentiellement 
obligataires, de la Banque centrale européenne (BCE), dont la 
Grèce est exclue. 
    "Sans assouplissement quantitatif, nous ne pourrons revenir 
sur les marchés fin 2017 ou début 2018". 
    Mario Draghi, le président de la BCE, a déclaré lundi à la 
commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement 
européen qu'il y avait encore quelques soucis quant à la gestion 
de la dette grecque sur la durée.  
    Tsakalotos a dit qu'il y avait eu des progrès pour ce qui 
est de mesures d'allègement de la dette à court terme, qui sera 
sans doute l'un des principaux sujets de débat de l'Eurogroupe, 
réunion des ministres des Finances de la zone euro, le 5 
décembre prochain.  
    Mais Athènes attend également de pouvoir discuter d'un 
allègement des dettes à moyen et long termes après cette 
réunion, a-t-il ajouté. 
    Deux hauts fonctionnaires grecs ont signalé qu'une réunion 
exceptionnelle de l'Eurogroupe était prévisible avant Noël, afin 
de faire le point des derniers désaccords avec le FMI.  
    L'un d'eux anticipe un premier accord sur les réformes le 5 
décembre et un arrangement définitif avec le FMI deux semaines 
plus tard, sur l'allègement de la dette et les objectifs 
budgétaires au-delà de 2018. 
    "La pire des hypothèses serait celle d'un nouveau report", 
a-t-il dit, observant que les négociations risquaient d'être 
plus délicates si aucun accord n'était passé avant la fin de 
l'année compte tenu des élections prévues en 2017 en Allemagne. 
     
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique 
Tison) 
 
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