Athènes présente lundi un douloureux budget d'austérité

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par Renee Maltezou et Lefteris Papadimas ATHÈNES, 5 octobre (Reuters) - Le gouvernement grec va présenter lundi un projet de budget d'austérité douloureux destiné à satisfaire ses créanciers internationaux et qui prévoit un maintien de la récession l'année prochaine avant un retour à la croissance en 2017. Après sept mois de négociations houleuses avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international, Athènes a accepté cet été d'entreprendre de nouvelles coupes budgétaires et des réformes économiques en contrepartie d'un nouveau programme d'aide d'un montant de 86 milliards d'euros qui lui a permis de rester dans la zone euro. Selon les dernières projections en date, l'économie grecque devrait se contracter de 2,3% cette année et de 0,5% en 2016. L'endettement public devrait quant à lui représenter 196% du produit intérieur brut en 2015 et 201% l'année prochain, nouvelles aides extérieures comprises. "Les principaux objectifs du projet de budget ne seront pas différents des estimations du programme", a dit à Reuters un responsable du ministère des Finances. "Nous pensons que la récession sera moins sévère que prévu cette année et cela pourrait se refléter dans le budget définitif qui sera soumis en novembre au Parlement", a-t-il dit. Le programme d'aide projette un déficit primaire, hors service de la dette, de 0,25% cette année et un excédent primaire de 0,5% l'an prochain. La feuille de route prévoit que cet excédent primaire atteigne 3,5% d'ici 2018. L'objectif d'Athènes est de convaincre ses créanciers de sa bonne volonté afin que s'achève au plus vite le premier examen prévu dans le cadre du programme d'aide et que le gouvernement puisse recapitaliser les banques et lancer de nouvelles négociations avec les "Institutions" sur un allègement de la dette grecque avec comme objectif final un retour de la Grèce sur les marchés financiers. "ZONES GRISES" Le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, rencontrera ce lundi soir ses homologues de la zone euro à Luxembourg pour évoquer une série de réformes que la Grèce doit mettre en oeuvre d'ici la mi-novembre afin d'être éligible à la prochaine tranche d'aide prévue dans le programme d'aide. Parallèlement, à Athènes, le Premier ministre Alexis Tsipras présentera son programme de politique générale pour les quatre prochaines années devant les parlementaires. Ces derniers seront invités à s'exprimer mercredi lors d'un vote de confiance. Alexis Tsipras, qui a remporté les élections législatives le mois dernier avec l'appui d'autres formations politiques, dispose de 155 sièges sur les 300 que compte le Parlement grec et il devrait facilement réussir cet examen. Le Premier ministre a été réélu sur la promesse de mettre en oeuvre le programme d'aide conclu cet été avec les créanciers internationaux de la République hellénique et sur celle de soulager les souffrances des plus pauvres. Selon des responsables gouvernementaux, il devrait dire au Parlement que la Grèce respectera le plan d'aide, tout en s'engageant à combattre la corruption et à reformer l'Etat. Il devrait également évoquer ce que son gouvernement appelle "les zones grises", au sujet desquelles il espère pouvoir obtenir des amélioration de la part des créanciers. Ces zones grises comprenant la réforme du code du travail, celle du système de retraites, la libéralisation du secteur de l'énergie et une taxe controversée de 23% qui vise l'enseignement privé. (Nicolas Delame pour le service français)

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