Athènes ne veut aucune condition pour un nouveau prêt

le
0
ATHÈNES NE VEUT AUCUNE CONDITION À UN NOUVEAU PRÊT
ATHÈNES NE VEUT AUCUNE CONDITION À UN NOUVEAU PRÊT

ATHENES (Reuters) - La Grèce aura peut-être besoin de 10 milliards d'euros supplémentaires mais elle n'entend pas que cette aide éventuelle aide soit assortie de nouvelles conditions, a déclaré son ministre des Finances dans un entretien publié dimanche par le quotidien Proto Thema.

Athènes risque de devoir faire face à des besoins de financement d'environ onze milliards d'euros sur la période 2014-2015 après la fin du plan d'aide en cours, qui arrive à son terme à la mi-2014, et ses partenaires de la zone euro se sont engagés à lui apporter une aide supplémentaire si nécessaire.

"Si la Grèce a besoin d'un soutien supplémentaire, il sera d'environ dix milliards d'euros", a déclaré Yannis Stournaras, ministre des Finances, à Proto Thema.

"Nous ne parlons pas d'un nouveau renflouement mais d'un plan de soutien économique sans nouvelles conditions" en terme d'austérité, a-t-il ajouté. "Les objectifs, nos obligations, ont été fixés jusqu'en 2016 et on ne peut pas nous imposer de nouvelles mesures ou de nouveaux objectifs."

Le débat sur l'éventualité d'un nouveau plan d'aide à la Grèce a été relancé après les propos tenus mardi par le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble.

Samedi, le commissaire européen à l'Energie, l'Allemand Günther Oettinger, a dit qu'une éventuelle aide supplémentaire à Athènes devrait représenter un peu plus de dix milliards d'euros.

Ce montant serait à rapporter aux 240 milliards déjà engagés depuis 2010 par la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) pour renflouer la Grèce et lui éviter un défaut sur sa dette.

Yannis Stournaras a déclaré qu'aucune discussion n'était engagée sur une éventuelle décote sur la dette grecque et que l'un des enjeux des prochains mois serait la capacité d'Athènes à dégager un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) sur l'ensemble de cette année.

Dimanche, Angela Merkel, soucieuse de rassurer les électeurs allemands avant les législatives du 22 septembre, n'a pas exclu un troisième renflouement de la Grèce en déclarant que la zone euro examinerait de nouveau la situation de ce pays en 2014.

Mais dans un entretien accordé au magazine Focus, la chancelière affirme ne pas envisager de décote ("haircut") de la dette grecque.

Interrogée sur le point de savoir si elle verrait les choses plus clairement après le scrutin de l'automne, elle répond: "Les élections (allemandes) n'ont rien à voir avec cela. Je mets spécifiquement en garde contre une décote. Cela créerait un effet domino d'incertitude (...) dans la zone euro".

UNE RÉDUCTION DES TAUX DES PRÊTS ÉVOQUÉE

De son côté, le Premier ministre finlandais, Jyrki Katainen, a jugé très probable une nouvelle aide des créanciers à la Grèce, qui pourrait passer par une réduction des taux des prêts qui lui ont déjà été accordés.

"Je ne suis pas sûr que (la Grèce) ait besoin d'un nouveau renflouement mais une restructuration de dette sous une forme ou sous une autre est très probable", a-t-il dit à la radio YLE Radio Suomi.

"Cela pourrait se traduire par une diminution des taux d'intérêt, comme l'a laissé entendre (le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli) Rehn."

Yannis Stournaras a expliqué à Proto Thema s'attendre à ce que la Grèce respecte l'an prochain les conditions nécessaires pour un retour sur les marchés financiers, à savoir un excédent primaire et deux trimestres consécutifs de croissance du produit intérieur brut (PIB).

L'économie grecque devrait se contracter de 4,2% cette année selon les prévisions d'Athènes et de ses créanciers mais la banque centrale table sur une contraction de 4,6%, avant une reprise timide attendue l'année prochaine. En 2012, le PIB a chuté de 6,4%.

La dette de l'Etat atteignait 321,6 milliards d'euros fin juin contre 305,5 milliards fin décembre; le ministère des Finances a déclaré dimanche que cette augmentation résultait de la recapitalisation des quatre principales banques du pays en juin et qu'elle était compensée par les participations que détient désormais l'Etat dans ces banques, dont il estime la valeur à 17 milliards d'euros au total.

George Georgiopoulos, avec Madeline Chambers à Berlin; Marc Angrand et Jean-Loup Fiévet pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux