Athènes espère un accord rapide, BCE et FMI sont prudents

le , mis à jour à 13:58
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ATHENES (Reuters) - Le gouvernement grec espère conclure un accord financier avec ses créanciers d'ici dimanche, a déclaré son porte-parole jeudi, mais la BCE et le FMI restent très prudents sur les chances d'une issue rapide des discussions en cours.

"L'équipe grecque est à Bruxelles avec pour objectif de conclure un accord dans les jours qui viennent", a dit Gabriel Sakellaridis lors d'une conférence de presse.

Il a confirmé les propos tenus mercredi par un haut fonctionnaire gouvernemental selon lesquels un projet d'accord était en phase de rédaction, pourtant rapidement démentis par des responsables de la zone euro.

Gabriel Sakellaridis a précisé que les négociateurs grecs avaient présenté des propositions très précises et que les équipes techniques les avaient encore améliorées.

La Commission européenne estime de son côté que les négociations de la dette avec la Grèce doivent encore progresser.

Quant au vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), Vitor Constancio, il a souligné la gravité de la situation en excluant pour l'instant tout allégement des contraintes imposées à la Grèce en matière d'accès aux liquidités.

"Ce n'est que lorsque la revue définitive (...) du programme sera achevée et réussie que nous, le Conseil des gouverneurs, pourrons envisager de modifier cela. Mais pas avant", a-t-il dit à la presse.

S'il a exclu une sortie de la Grèce de la zone, il a évoqué la possibilité d'un défaut.

POUR LAGARDE, DE NOUVEAUX PROGRÈS S'IMPOSENT

"Le résultat final (...) c'est que la sortie de la Grèce n'aura pas lieu", a-t-il dit avant d'ajouter: "Cela n'exclut pas que puissent se produire plusieurs événements qui ne seraient pas agréables."

Les discussions entre Athènes et ses créanciers du Groupe de Bruxelles ont repris mercredi soir et elles se poursuivront dans les jours qui viennent, a dit la porte-parole de la CE Annika Breidthardt.

"De nouveaux progrès s'imposent dans ces discussions", a-t-elle déclaré lors du point de presse quotidien de l'exécutif européen. "Nous n'y sommes pas encore; des questions ouvertes restent à résoudre".

Sans accord entre la Grèce et ses bailleurs de fonds sur un programme de réformes, Athènes risque le défaut de paiement. Elle doit rembourser 300 millions d'euros au Fonds monétaire international (FMI) le 5 juin et plusieurs responsables gouvernementaux disent qu'elle n'en a pas les moyens.

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, qui participe à la réunion des ministres des Finances et banquiers centraux du G7 à Dresde, en Allemagne, a elle aussi estimé que le chemin à parcourir avant un accord était encore long.

"Nous sommes tous en train de travailler à une solution pour la Grèce et je ne dirai pas que nous avons déjà enregistré des résultats substantiels", a-t-elle dit à la chaîne de télévision allemande ARD. "La situation a évolué mais il y a encore beaucoup de travail à faire."

La probabilité d'une sortie de la Grèce de la zone euro cette année est de 30% selon la médiane des estimations de près de 70 économistes interrogés par Reuters, qui s'échelonnent de 5% à 60%.

Un défaut d'Athènes sur sa dette n'aboutirait pas automatiquement à la sortie du pays de l'union monétaire.

(Angeliki Koutantou et Adrian Croft, Wilfrid Exbrayat et Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison)

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  • M8637171 le jeudi 28 mai 2015 à 14:13

    Des concessions menant à un accord avec la Grèce seraient une faute grave de la commission et des gouvernements européens. Après avoir commis une faute grave, en acceptant la Grèce dans l'euro, nos représentants ne peuvent pas persévérer dans l'erreur. Il n'y aurait plus de légitimité ni d'autorité en Europe.La Grèce doit sortir de l'euro au nom du pragmatisme, de la saine gestion, de la justice et pour éviter un chaos en Europe.

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