Athènes espère boucler ses négociations d'ici un mois

le , mis à jour à 19:19
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ATHÈNES ESPÈRE BOUCLER SES NÉGOCIATIONS D'ICI FIN AOÛT
ATHÈNES ESPÈRE BOUCLER SES NÉGOCIATIONS D'ICI FIN AOÛT

par Renee Maltezou et Angeliki Koutantou

ATHÈNES (Reuters) - La Grèce espère boucler d'ici au 20 août les négociations avec ses créanciers internationaux sur un nouveau plan de renflouement, a déclaré mardi la porte-parole du gouvernement d'Alexis Tsipras.

Dans un communiqué, Olga Gerovasili a indiqué que les discussions sur ce troisième plan d'aide depuis 2010, qui pourrait atteindre 86 milliards d'euros sur trois ans, commenceraient après le vote, mercredi par le Parlement, d'un nouveau train de réformes exigé par les "institutions".

"Immédiatement après le vote des actions préalables, les négociations avec les créanciers commenceront, avec pour date butoir le 20 août", a-t-elle dit.

Des représentants de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international sont attendus vendredi à Athènes pour rencontrer des membres du gouvernement, a précisé pour sa part le ministre délégué aux Finances, Dimitris Mardas.

Le vote organisé mercredi à la Vouli, le Parlement grec, intervient une semaine avec l'adoption par les députés d'un premier ensemble d'"actions préalables" exigées par les créanciers en échange de l'ouverture de négociations sur un nouveau programme de renflouement.

Ces mesures -- hausse de la TVA, réforme des retraites, règles de négociation collective, du droit de grève et des licenciements, privatisations -- ont été approuvées, mais avec le soutien de l'opposition du centre et de la droite, et 39 élus de Syriza, le parti de la gauche radicale élu en janvier en promettant de mettre fin à cinq ans d'austérité, ont voté contre ou se sont abstenus.

Cette fronde a obligé Alexis Tsipras à remanier ce week-end son gouvernement, qui risque de dépendre désormais du soutien de l'opposition pour l'adoption de nouvelles réformes.

Sa coalition, qui regroupe Syriza et le parti de droite nationaliste Anel (Grecs indépendants), dispose d'une majorité théorique de 162 sièges sur les 300 que compte la Vouli, mais le Premier ministre a vu son soutien tomber la semaine dernière à 123 voix.

Les chefs des partis centriste To Potami et socialiste Pasok ont fait savoir qu'ils étaient prêts à soutenir le gouvernement à condition de disposer d'un calendrier clair des prochaines échéances.

RÉFORMES DES BANQUES ET DE LA JUSTICE

"Jusqu'ici, j'ai vu certaines réactions, j'ai entendu des déclarations héroïques mais aucune proposition alternative n'a été présentée", a déclaré Alexis Tsipras mardi aux dirigeants de Syriza, soulignant que les 'durs' du parti ne pouvaient ignorer le désir de la majorité des Grecs de rester dans la zone euro.

"Syriza, en tant que parti, doit refléter la société, il doit entendre les inquiétudes et les attentes de dizaines de milliers de gens qui ont placé en lui leurs espoirs", a-t-il ajouté.

Mardi matin, le gouvernement a soumis à l'examen des députés le nouveau train de mesures réclamé par les créanciers, qui concerne essentiellement les banques et la justice.

Il n'inclut pas une réforme réduisant les départs en préretraite ni un relèvement de la TVA sur l'agriculture, de 13% actuellement à un taux compris entre 26 et 33%, auquel s'oppose farouchement le parti conservateur Nouvelle Démocratie.

Ces mesures seront négociées dans les prochaines semaines dans le cadre des tractations sur le nouveau plan d'aide et seront votées en août, en septembre ou plus tard, en fonction de l'évolution des négociations avec les institutions, a indiqué le ministre délégué à l'Agriculture, Vangelis Apostolou.

Selon Athènes comme ses créanciers, ces mesures sur les préretraites et l'agriculture ne font pas partie des "actions préalables" exigées par l'"accord de Bruxelles" du 13 juillet.

Le projet de loi présenté mardi au Parlement transpose dans la loi grecque des dispositions européennes sur le sauvetage des banques afin de préserver le contribuable du risque d'avoir à renflouer les établissements de crédit en difficulté.

La directive sur le redressement et la résolution des crises bancaires (BRRD) oblige les actionnaires et les créanciers des banques à prendre leurs pertes avant que l'on puisse solliciter les contribuables.

La Commission a donné en mai à la France, l'Italie et neuf autres pays un délai de deux mois pour qu'ils transposent la BRRD, qui devait commencer à produire ses effets fin 2014, sous peine de sanctions.

Le plan d'aide qu'Alexis Tsipras a négocié prévoit en outre une réforme du système judiciaire grec afin d'en accélérer le cours et d'en réduire le coût.

(Avec Lefteris Papadimas, Ingrid Melander et James Mackenzie, Nicolas Delame, Juliette Rouillon, Jean-Stéphane Brosse et Guy Kerivel pour le service français)

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