Athènes dément toute extension du délai d'échange de dette

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ATHÈNES DÉMENT TOUTE EXTENSION DU DÉLAI D'ÉCHANGE DE DETTE
ATHÈNES DÉMENT TOUTE EXTENSION DU DÉLAI D'ÉCHANGE DE DETTE

par Lefteris Papadimas

ATHÈNES (Reuters) - La Grèce a démenti mardi une rumeur faisant état d'une possible prolongation de son échange de dette au-delà de la date butoir de jeudi, alors que le marché semble redouter que la participation des créanciers soit insuffisante.

Plusieurs des principaux détenteurs privés de dette grecque ont annoncé lundi qu'ils participeraient à l'opération, et quatre sources bancaires grecques ont rapporté mardi que toutes les banques grecques possédant des obligations éligibles devraient aussi y prendre part.

L'échange de titres doit aboutir à annuler quelque 100 milliards d'euros de dettes. Les créanciers privés, principalement des banques, des assureurs et des sociétés d'investissement, ont jusqu'à jeudi soir pour faire connaître leurs intentions.

Un échec de la procédure compromettrait le deuxième plan d'aide à la Grèce, de 130 milliards d'euros, convenu avec l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international.

"Nous rejetons la rumeur d'une prolongation du délai d'échange d'obligations", a dit à Reuters un haut fonctionnaire du ministère grec des Finances.

Il a précisé que les propos tenus lundi à Reuters par le ministre des Finances Evangelos Venizelos, qui excluaient toute extension du délai, restaient valides.

Petros Christodoulou, qui dirige l'agence de gestion de la dette publique, a également rejeté cette rumeur. "Je confirme que la date limite est le 8 mars", a-t-il dit à Reuters.

L'inquiétude provoquée par cette rumeur, conjuguée à celles de plus en plus vives concernant l'activité économique aux Etats-Unis et en Chine, pesait sur les marchés d'actions mardi.

"Des rumeurs selon lesquelles la restructuration grecque n'interviendrait pas avant la semaine prochaine ont précipité la baisse, mais plus largement c'est 'tous aux abris', avec le cuivre et le pétrole qui baissent et l'euro faible", résume un trader basé à Londres.

"De plus, il n'y a pas beaucoup de volumes (d'échanges), ce qui exacerbe tout."

Signe de l'aversion pour les actifs risqués, le contrat à terme sur l'emprunt d'Etat allemand a atteint un nouveau record historique à 140,40.

Les interrogations portent notamment sur la participation à l'opération des "hedge funds" (fonds spéculatifs) qui détiennent environ un quart de la dette grecque aux mains d'investisseurs privés selon des sources du secteur.

Lundi, des sources proches du dossier ont indiqué que la plupart des banques allemandes accepteraient l'accord d'échange de dette, et les banques françaises BNP Paribas et Société générale ont annoncé y prendre part.

Un banquier a déclaré mardi à Reuters que les établissements grecs affichaient au total des avoirs de dette grecque supérieurs à 40 milliards d'euros.

En cas d'échec de l'opération d'échange de dette, la menace d'un défaut d'Athènes pourrait planer à nouveau sur la zone euro.

L'Institut de la finance internationale (Ifi), lobby bancaire qui a représenté les créanciers privés dans les négociations avec Athènes, a estimé mardi qu'un défaut non encadré de la Grèce causerait un préjudice dépassant les 1.000 milliards d'euros pour la zone euro, et obligerait sans doute l'Espagne et l'Italie à recourir à des financements extérieurs pour éviter tout phénomène de contagion.

Jean Décotte pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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  • abacchia le mardi 6 mar 2012 à 18:14

    Concernant la Grèce, il m'étonnerait que les créanciers ne participent pas, ils perdraient plus que ce qu'ils n'y gagneraient. Il fallait une baisse, elle est en cours... Et puis c'est tout !

  • abacchia le mardi 6 mar 2012 à 18:13

    Il n'y avait pas plus de volume pendant la hausse, et aucun "journaleux" ne se posait de questios. Passons, c'est malheureusement habituel !

  • talobre le mardi 6 mar 2012 à 17:44

    "De plus, il n'y a pas beaucoup de volumes (d'échanges), ce qui exacerbe tout." A ces tarifs,il comprend pas le pauvre chouchou que l'on ne vende pas.