Athènes a cinq jours pour éviter un "Grexit"

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ATHÈNES DISPOSE DE CINQ JOURS POUR ÉVITER UN "GREXIT"
ATHÈNES DISPOSE DE CINQ JOURS POUR ÉVITER UN "GREXIT"

BERLIN/BRUXELLES (Reuters) - Une sortie de la Grèce de la zone euro sera inévitable si Athènes et ses créanciers ne parviennent pas à trouver un accord dans les cinq prochains jours, a estimé vendredi Günther Oettinger, le membre allemand de la Commission européenne.

"Nous allons tout faire jusqu'au 30 juin afin de permettre aux Grecs de montrer qu'ils sont prêts à des réformes", a-t-il déclaré sur la radio allemande Deutschlandfunk.

"Un 'Grexit' n'est pas notre objectif mais il sera inévitable s'il n'y a pas de solution dans les cinq prochains jours."

Les discussions entre la Grèce et ses créanciers ont été interrompues jeudi et les ministres des Finances de la zone euro doivent se réunir de nouveau samedi. Athènes doit rembourser le 30 juin, mardi, 1,6 milliard d'euros au Fonds monétaire international (FMI).

Ce vendredi, le premier ministre grec, Alexis Tsipras, doit s'entretenir avec la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, François Hollande, a dit un responsable du gouvernement grec.

De son côté, le ministre slovaque des Finances, Peter Kazimir, a déclaré que la réunion de l'Eurogroupe prévue samedi en vue de parvenir à un compromis entre la Grèce et ses créanciers se prolongerait probablement dimanche et qu'elle serait la dernière sur la question.

"Il s'agit vraiment de la dernière réunion sur la question. Nous nous rendons à Bruxelles, soit pour approuver un accord (...) soit, s'il n'y a pas d'accord, pour parler des détails techniques du défaut d'un membre de la zone euro", a-t-il dit.

Alors que les Bourses européennes s'étaient envolées en début de semaine sur des espoirs d'un accord imminent, elles perdaient entre 0,5% et 1% vendredi en fin de matinée au vu des incertitudes entourant l'issue des négociations.

Günther Oettinger a estimé que des progrès notables avaient été accomplis dans les discussions entre Athènes et ses créanciers, avant d'ajouter que des divergences d'opinion persistantes restaient à résoudre.

SITUATION JUGÉE IMPOSSIBLE

Prié de dire si les responsables de la zone euro préparaient un "plan B", il a répondu : "Nous n'avons pas de deuxième plan, nous avons pour objectif de garder la Grèce (dans la zone euro) mais il est clair que si cela n'est pas possible, nous ne serons pas pris de court."

Selon le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, les demandes des créanciers d'Athènes portant sur une hausse de la TVA et une diminution des retraites placent le pays dans une situation impossible.

"Je suis opposé à une hausse de l'impôt sur les sociétés et encore une fois, je suis opposé à une hausse de la taxation sur les hôtels et contre une réduction des retraites de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté", a-t-il déclaré sur la radio publique irlandaise RTE.

Yanis Varoufakis a rappelé que si la Grèce entendait conserver sa place au sein de la zone euro, elle ne signerait pas un accord qu'il considérerait comme "non viable".

Un accord entre Athènes et ses grands créanciers internationaux (Union européenne, Banque centrale européenne et FMI) est indispensable pour débloquer les 7,2 milliards d'euros restant à verser dans le cadre du plan d'aide prolongé jusqu'au 30 juin et permettre à l'Etat grec de faire face à ses prochaines échéances financières.

Günther Oettinger a déclaré que la BCE et la Commission européenne auraient recours à tous les moyens à leur disposition pour faire en sorte que l'évolution de la situation en Grèce n'affecte pas les autres pays européens.

Ces institutions feraient également tout pour éviter une "situation d'urgence" en Grèce, a encore dit le commissaire européen.

La BCE maintient pour l'instant - mais sans l'augmenter - son aide d'urgence aux banques grecques mais l'incertitude sur l'avenir du pays dans la zone euro et la perspective d'éventuelles mesures de contrôle des capitaux a incité ces dernières semaines les déposants grecs à retirer leurs avoirs des banques.

Selon les statistiques publiées vendredi par la BCE elle-même, les dépôts bancaires grecs sont tombés en mai à leur plus bas niveau depuis près de onze ans. A 135,7 milliards d'euros, ils ont diminué de près de 3,7 milliards en un mois.

"Je suis confiant quant à la volonté de la BCE de soutenir le financement des banques grecques pendant la période de négociation", a dit le ministre grec de l'Economie, Giorgos Stathakis, à La Tribune. "Evidemment, s'il n'y a pas d'accord, ni les Européens, ni les Grecs ne savent de quoi sera fait le jour d'après."

(Caroline Copley à Berlin et Renee Maltezou à Bruxelles, avec William James à Dublin et Tatiana Jancarikova et Robert Muller à Bratislava; Pierre Sérisier et Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Marc Angrand)

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  • d.e.s.t. le vendredi 26 juin 2015 à 13:46

    Vous voulez dire :"Cinq jours pour réussir un Grexit!" Youpee! Le seuil de pauvreté grec a bon dos: il a plus que doublé en quelques années, avec les hausses de SMIC déraisonnables!

  • ppsoft le vendredi 26 juin 2015 à 12:41

    Je pensais que, lundi dernier, c'était la "réunion de la dernière chance" ? (pour la n-ième fois...) Bon, après les 5 jours, on décidera d'une nouvelle réunion de la dernière chance en septembre, à tout les coups. Elle n'est pas très bonne, cette série : le scénario ne varie pas beaucoup, je trouve. C'est un peu fade.

  • bgador le vendredi 26 juin 2015 à 12:14

    je ne suis pas specialiste alors si quelqun pouvait m'expliquer pourquoi la BCE a besoin de soutenir les banques greques alors qu'il y a137 milliars de depots je n'y comprends plus rien

  • hz273144 le vendredi 26 juin 2015 à 12:01

    On parie que même si le Grèce ne "rembourse" pas l'échéance du 30 juin on la gardera?

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