AstraZeneca rejette la nouvelle offre de Pfizer

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ASTRAZENECA REJETTE LA NOUVELLE OFFRE DE PFIZER
ASTRAZENECA REJETTE LA NOUVELLE OFFRE DE PFIZER

par Ben Hirschler

LONDRES (Reuters) - AstraZeneca a rejeté lundi une offre améliorée et présentée par Pfizer comme étant "à prendre ou à laisser", soulevant de nombreux doutes sur les chances qu'intervienne un accord final.

Pfizer a proposé dimanche soir 55 livres par action AstraZeneca, soit près de 70 milliards de livres (85,9 milliards d'euros) en précisant qu'il n'irait pas plus loin et qu'il ne se lancerait pas dans une offre publique d'achat hostile.

Le rejet a provoqué la chute du cours d'AstraZeneca à la Bourse de Londres où il dévissait de 17,17% à 41 livres vers 07h45 GMT.

Cette offre est inférieure aux 58,85 livres minimum exigées par le président d'AstraZeneca Leif Johansson pour que le conseil d'administration accepte de la recommander.

"L'approche de Pfizer (...) semble être essentiellement dictée par la volonté d'offrir des retombées financières à ses actionnaires à la faveur d'économies de coûts et d'optimisation fiscale", a fait valoir Leif Johansson.

"Depuis notre réunion de janvier jusqu'à notre discussion d'aujourd'hui, et au cours des nombreux échanges téléphoniques que nous avons eus entretemps, Pfizer n'est pas parvenu à faire une offre séduisante, d'un point de vue stratégique, d'entreprise ou de valeur."

Le projet d'acquisition présenté par Pfizer s'établit à 69,3 milliards de livres sterling avec une révision à la hausse de la partie en numéraire qui représentera 45% du total. Elle correspond cependant au seuil de 55 livres présenté par certaines sources bancaires comme étant le "chiffre magique".

Pfizer précise que cette hausse substantielle de son offre équivaut à environ 15% de plus que la valeur de la proposition qui avait été faite le 2 mai.

À PRENDRE OU À LAISSER

"Les chances de Pfizer s'amenuisent en dépit de l'amélioration de l'offre", a commenté Erik Gordon, professeur à la Ross School of Business de l'Université du Michigan. "Les chances d'un accord semblent bien plus minces aujourd'hui qu'il y a dix jours."

Avec cette proposition réévaluée, le groupe américain espérait entamer des négociations avec AstraZeneca et avait pour cela jusqu'au 26 mai, date butoir pour la présentation de son offre de reprise suivant la législation britannique. L'offre de Pfizer expirera à cette date à 16h00 GMT.

Le géant américain, qui cherche grâce à cette OPA à créer le premier groupe pharmaceutique mondial, a précisé qu'il n'y aurait pas de proposition supplémentaire si celle-ci est également rejetée. Pfizer entend conserver le siège de la nouvelle structure à New York mais avoir son domicile fiscal en Grande-Bretagne.

Le directeur général de Pfizer Ian Read a dit estimer que son offre était "séduisante" pour les actionnaires d'AstraZeneca et a fait part de sa déception devant le refus du britannique d'ouvrir des négociations, priant les actionnaires de faire pression sur le conseil d'administration pour qu'il entame des discussions.

"Nous ne pensons pas que le conseil d'administration d'AstraZeneca soit actuellement prêt à recommander un accord à un prix raisonnable", a dit Ian Read.

"Nous restons disposés à nous engager dans une discussions approfondies, mais le temps vient à manquer."

(Pierre Sérisier, Simon Carraud et Nicolas Delame pour le service français, édité par Véronique Tison)

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