Astana : Pourquoi Nibali est le favori à sa succession

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Astana : Pourquoi Nibali est le favori à sa succession
Astana : Pourquoi Nibali est le favori à sa succession

Vincenzo Nibali (Astana) aborde le Tour de France avec l'étiquette de tenant du titre mais un statut d'outsider. Si la forte concurrence le relègue pour beaucoup derrière Froome, Quintana ou Contador dans la hiérarchie des favoris, l'Italien est pourtant en pole pour défendre son bien. Voilà pourquoi.

Parce qu’il revient en forme au meilleur moment
Vincenzo Nibali a vécu un début de saison compliqué à tel point qu’il s’interrogeait encore sur sa capacités à aborder le Tour à 100% de ses moyens. « A chaque course, tout le monde voulait un morceau de moi depuis ma victoire sur le Tour, rappelait-il récemment. Ça m’a mis beaucoup de poids sur les épaules et je l’ai senti. » Depuis, « le Requin de Messine » s’est rassuré en domptant tous les leaders lors de la sixième étape du dernier Critérium du Dauphiné, remportée par Rui Costa. Une manière de se tester alors qu’il se présentait sans ambition sur cette petite répétition avant la Grande Boucle qu'il a finalement conclu à la 12eem place. Son deuxième titre consécutif de champion d’Italie glané le week-end dernier - malgré une douleur au tendon d'Achille - revêt en revanche beaucoup plus d’importance à ses yeux. « J’avais besoin de cette victoire, ça ne peut que m’apporter du bon, s’est-il réjoui à l’issue d’une course largement maîtrisée par son équipe. C’est une libération de toute la pression. Ça va être génial de porter le maillot de champion d’Italie en France. Je n’aimais pas l’idée de le ranger dans une armoire. »

Parce qu’il a une pression très mesurée sur les épaules
L’avantage de la concurrence exacerbée au départ du Tour c’est que Vincenzo Nibali, rarement cité parmi les grands favoris à sa propre succession, s’élancera un peu dans l’ombre. L’Italien sera davantage scruté que la saison passée certes, mais les regards seront inévitablement braqués vers la lutte attendue entre Chris Froome, Alberto Contador ou Nairo Quintana. Le Colombien, deuxième en 2013, abordera la Grande Boucle avec l’étiquette de favori sur le dos. Une grande première pour le coureur de 25 ans qui ne bénéficie plus de l’effet de surprise. Nibali, lui, se frotte les mains d’être presque relégué à un rôle d’observateur. Il le vit avec un détachement que devraient craindre ses concurrents. « Maintenant, j’ai plus d’expérience et j’en sais beaucoup plus qu’avant ; mais gagner le Tour n’est pas une obsession pour moi parce que l’obsession vous fatigue. »

Parce qu’il est le plus à l’aise sur les pavés
Si la victoire de Nibali a injustement manqué de relief l’année passée, c’est parce que Chris Froome et Alberto Contador avaient abandonné prématurément en chutant. Froome sur les pavés et Contador en moyenne montagne. Vincenzo Nibali avait lui évité tous les pièges en affichant une vraie dextérité sur les pavés. Il s’est donc réjoui de découvrir sept nouvelles portions pour un total de 13 kilomètres lors de la 4eme étape qui empruntera les chemins de Paris-Roubaix. « La première semaine sera stressante et dangereuse mais si le Tour commence comme ça, eh bien… Je ne devrais pas dire ça mais l’étape sur les pavés pourrait me donner un avantage », note-t-il.

Parce qu’il connaît les aléas de la course
Très détaché de l’enjeu et libéré après son nouveau titre de champion d’Italie, Vincenzo Nibali reconnaît aisément que la bataille sera féroce pour de nouveau parader en jaune sur les Champs-Elysées le 26 juillet prochain. Il n’oublie surtout pas les coups du sort. « Froome a impressionné dans les cols sur le Dauphiné mais je pense que Quintana est le coureur le plus dangereux sur cette course, analyse-t-il. Je ne sais pas si Contador est fatigué mais vous avez besoin d’une saison parfaite pour le doublé (ndlr : Tour d’Italie-Tour de France) et Alberto est capable de le faire. Il y a beaucoup d’ascensions cette année sur le Tour, c’est un tracé un peu inhabituel. Tellement de choses peuvent se passer. » Comme devenir le premier Italien à conserver son bien sur la Grande Boucle depuis Ottavio Bottecchia, dit « le charretier », il y a… 90 ans (1924-1925) ?

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