Assurances : quand les privés dérapent

le , mis à jour à 08:28
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Assurances : quand les privés dérapent
Assurances : quand les privés dérapent

C'est une histoire de très gros sous. Entre la douleur permanente, la perte de gain professionnel ou les frais pour adapter le logement à un handicap, les assurances chargées d'indemniser les personnes qui se retrouvent dans un fauteuil roulant après un accident de la route doivent débourser des millions. Alors, de plus en plus, elles recrutent des détectives privés pour « filocher » les accidentés ou enquêter sur leur nouvelle vie, afin de détecter d'éventuelles arnaques.

 

Aujourd'hui, Me Jehanne Collard, spécialiste des victimes de la route, pousse un coup de gueule. « Depuis deux ou trois ans, le recours aux officines privées est devenu un classique. C'est tellement épouvantable d'être paraplégique, par exemple, comment peut-on en arriver à faire suivre une personne atteinte d'un tel handicap ? » s'indigne l'avocate. Elle s'inquiète de cette « vogue » qui ajoute de la souffrance psychologique à la douleur de ceux dont la vie a été brisée par un drame de la route.

 

Démasquer les fraudes, c'est le job des assureurs, mais pourquoi ne pas faire confiance aux experts dûment assermentés et... mandatés par les compagnies elles-mêmes ? Sans compter qu'embaucher un limier pour fouiller la vie des victimes est souvent à la limite de la légalité.

 

« Comme dans les divorces, c'est au juge d'apprécier au cas par cas, précise Véronique Léger, secrétaire générale de l'Union syndicale de la magistrature. Les magistrats doivent vérifier que les enquêteurs ne violent pas le respect de la vie privée et que les éléments ont été obtenus de manière loyale. »

 

Guerre d'usure

 

Mais les juges d'instance en charge de l'indemnisation des victimes n'ont que très peu le pouvoir d'envoyer la police fouiner quand ils ont des doutes. Alors, ils font avec les « preuves » que leur apportent les privés recrutés par les assurances.

 

Dans une affaire de ce type, GMF contre Michelon, la ...

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