Assurance-vie : la rémunération des fonds en euros va fortement baisser

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INFOGRAPHIE - Ils devraient rapporter entre 2,2 et 2,5 % en moyenne cette année. Cependant, quelques assureurs entendent limiter la réduction de leurs taux.

Les épargnants se sont habitués ces dernières années à voir la rémunération de leur fonds en euros s'éroder. En l'espace de dix ans seulement, celle-ci est ainsi passée de 4,4 % en 2004 à 2,8 % en moyenne l'an dernier. Mais les rendements qui seront annoncés en janvier prochain (au titre de 2014) risquent de provoquer un véritable choc. Le gouverneur de la Banque de France a en effet demandé aux assureurs de baisser significativement les taux servis en 2014. Ce dernier souhaite renforcer la sécurité du secteur, alors que la collecte d'assurance-vie s'envole cette année et que les taux des obligations sur lesquelles sont placés ces nouveaux fonds sont à des niveaux historiquement bas (le taux de l'OAT à 10 ans est tombé à 1,1 %).

Les assureurs ont bien reçu le message de prudence du régulateur, et la majorité d'entre eux devrait mettre de côté une partie de leurs performances cette année. Ce qui leur permettra de renforcer leur matelas de sécurité afin de faire face à une possible remontée des taux d'intérêt à l'avenir, qui pourrait se traduire par un décrochage du rendement des fonds en euros. Résultat, le rendement des fonds en euros pourrait baisser cette année de 0,3 à 0,6 % en moyenne par rapport à l'année dernière. «Nos fonds devraient rapporter environ 0,3 % de moins qu'en 2013. Mais cette décision ne sera définitivement arrêtée qu'en fin d'année», avoue Jean-François Dupouy, directeur des clientèles patrimoniales de Predica (filiale assurances du Crédit agricole). «Depuis trois ans déjà, nous mettons de côté une partie de la performance pour que nos futurs rendements suivent une éventuelle remontée des taux», précise-t-il.

Les fonds en euros pourraient rapporter entre 2,5 et 2,2 % en moyenne, selon les experts. «Si le rendement moyen tombe à 2,2 %, les fonds en euros rapporteront après prélèvements sociaux (15,5 %) et inflation, 1,5 % en moyenne», calcule Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet Facts & Figures. «Ce rendement net sera proche de celui servi en 2013, car l'inflation était alors un peu plus élevée qu'aujourd'hui», relativise-t-il. Pour certains épargnants détenant de vieux contrats, moins bien rémunérés que les autres, la déconvenue risque d'être encore plus importante, puisque leur placement rapportera, après impôt et inflation, pratiquement autant que le livret A (1 % net).

L'assurance-vie toujours plus rémunératrice

Toutefois, quelques associations d'épargnants n'entendent pas céder aux «injonctions» de la Banque de France. C'est le cas de l'Afer. «Le taux du contrat Afer ne marquera pas de forte baisse par rapport à celui de l'an dernier (3,36 %)», insiste Gérard Bekerman, président de l'Afer. «Nous n'avons pas peur de l'avenir, même si nous savons que nous avons dans le fonds en euros moins de trésors (anciennes obligations plus rémunératrices, NDRL) que par le passé», reconnaît-il.

Concurrence oblige, la majorité des assureurs préfèrent aujourd'hui rester discrets sur leur sujet. Les épargnants devront donc attendre le mois de janvier pour connaître le véritable traitement qui sera réservé à leur épargne. L'assurance-vie en euros présente-t-elle autant d'intérêt que par le passé? Dans le contexte de taux très bas actuel, elle reste malgré tout plus rémunératrice que les autres placements sans risques. Sans oublier que le placement conserve d'énormes atouts en matière de fiscalité et surtout de succession (transmission à chaque bénéficiaire de 152.500 euros sans frais). Toutefois, pour doper le rendement du placement et diversifier les risques, les gestionnaires de patrimoine préconisent d'augmenter la part des actions et autres fonds un peu plus risqués (fonds flexibles, immobilier, obligations d'entreprise…) des contrats en unités de compte.«Les contrats devraient aujourd'hui comporter 30 à 40 % d'unités de compte, soit trois à cinq fonds exposés aux actions», conseille Cyrille Chartier-Kastler.

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