Assurance-vie : la décollecte se poursuit

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L'assurance-vie a connu en mai son plus mauvais mois depuis décembre. La décollecte a atteint 1,5 milliard d'euros. Les épargnants ont moins versé de capitaux sur leurs contrats.

Le moindre intérêt des épargnants pour l'assurance-vie se confirme. En mai, la décollecte (la différence entre les versements et les retraits faits par les assurés) a atteint 1,5 milliard d'euros, selon la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA). Depuis janvier, la décollecte atteint déjà 3,6 milliards d'euros. Les raisons? Au cours des cinq premiers mois de l'année, et plus particulièrement en mai (le pire de 2012), les épargnants, inquiets de la crise, ont moins alimenté leur contrat d'assurance-vie.

Les versements ont ainsi baissé de 16% depuis janvier (-11% en mai par rapport à avril à 8,3 milliards d'euros) et de 24% sur un an. En revanche, les retraits d'épargne sur les contrats ont tendance à se stabiliser (-1% en mai à 9,5 milliards). Ce qui tranche avec ce qui s'est passé à la fin de l'année dernière, où de nombreux investisseurs ont retiré leur épargne pour investir dans la pierre ou financer leur consommation.

«L'assurance-vie est victime d'une conjoncture très difficile, marquée par une préférence des épargnants pour l'épargne de court terme, compte tenu de l'incertitude ambiante», explique Bernard Spitz, le président de la FFSA. Ainsi, les ménages ont déjà déposé plus de 10 milliards d'euros sur leur livret A entre janvier et mai.

Facteurs défavorables

Dans ce contexte, les assureurs redoutent le doublement du plafond du livret A (de 15.300 à 30.600 euros), annoncé par le gouvernement. Cette mesure pourrait entraîner «le transfert d'une bonne vingtaine de milliards d'euros» provenant de l'assurance-vie, a indiqué le délégué général de la FFSA, Jean-François Lequoy.

En 2012, l'assurance-vie pâtit également de l'attentisme traditionnellement associé à une année électorale, les épargnants s'inquiétant de l'évolution possible du régime fiscal de ce placement. Le nouveau président de la République, François Hollande, a prévu d'appliquer le barème de l'impôt sur le revenu aux contrats de moins de huit ans et de laisser la fiscalité inchangée au-delà.

Rappelant cette promesse, Bernard Spitz a estimé «important que tout engagement à moyen terme, ne serait ce qu'au-delà de quatre ans, (soit) conforté». À ces facteurs défavorables s'ajoutent le vieillissement de la population et l'arrivée de la génération «baby-boom» à l'âge de la retraite, ce qui incite davantage d'épargnants à utiliser tout ou partie des sommes déposées sur leurs contrats.

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