Assurance vie: 7 raisons d'avoir plusieurs contrats

le
0

(lerevenu.com) - Détenir plusieurs contrats permet de mieux répartir les risques, de bénéficier de plusieurs régimes fiscaux et d'adapter la gestion aux besoins des bénéficiaires.

Avec plus de 22 millions de contrats ouverts aujourd'hui en France, l'assurance vie est un placement plébiscité par les épargnants. Certains en détiennent un, d'autres en ont deux ou trois. Et pour cause, l'assurance vie est un formidable outil de gestion patrimoniale facilitant, grâce à un cadre fiscal avantageux, la valorisation d'une épargne, la constitution de revenus complémentaires et la transmission d'un capital.

Alors que débute la saison des résultats des fonds en euros, le moment semble opportun pour faire un point sur votre situation. Faut-il que je modifie mon contrat ? Faut-il que j'en souscrive un autre ? Dois-je m'intéresser à la nouvelle génération de contrats développés par les assureurs ? Le Revenu vous explique les raisons pour lesquelles il est intéressant de détenir plusieurs contrats vie.

1. Optimiser les gains

Les politiques de gestion des compagnies d'assurances sont très disparates, ce qui suppose une forte hétérogénéité de leurs résultats, que ce soit pour la performance du fonds en euros ou celle des Sicav.

Ainsi, l'écart de rendement entre deux fonds en euros peut représenter un quart de leurs performances. Pourquoi ? Parce que leur composition peut être très différente d'une structure à l'autre. Il se peut que vous disposiez d'une poche en euros composée majoritairement d'immobilier, d'une autre qui va privilégier les obligations émises par des États européens ou d'une autre encore qui fait la part belle aux obligations émises par des entreprises et favorise l'investissement en actions.

Avec des rendements moyens qui devraient s'établir autour de 2,7% en 2013, mettre toutes ses billes sur un seul et unique fonds en euros peut vous conduire à une amère déception.

En outre, les assureurs n'offrent pas tous les mêmes produits financiers. Certaines structures proposent une ouverture à des fonds externes, d'autres se cantonnent à des fonds maison. Des SCPI peuvent également être hébergées au sein du contrat, tout comme des trackers pour reproduire un indice boursier avec moins de frais. Avoir différents contrats de diverses compagnies vous offre donc un choix beaucoup plus large en termes de gestion financière.

2. Répartir les risque

Répartir vos contrats d'assurance vie entre différents établissements est nécessaire pour ne pas limiter la performance de votre épargne aux résultats d'un seul. Un deuxième facteur plaide plus que jamais en faveur d'une répartition des risques: l'instabilité économique et financière!

Certaines compagnies d'assurances ont connu des sueurs froides en 2011, en raison de leur forte présence dans des pays en difficulté et par une exposition importante aux marchés boursiers, faisant craindre le pire à leurs assurés. Si la situation s'est nettement calmée en 2012 et 2013, le principe de précaution ne doit pas passer au second plan. N'oubliez pas que l'assurance vie est un placement à long terme avec une durée de détention conseillée de huit ans.

Détenir plusieurs contrats d'assurance vie dans des compagnies d'assurances bien distinctes permet de préserver votre épargne sur une longue période si la compagnie connaît des difficultés. Les contrats d'assurance vie bénéficient d'une protection supplémentaire depuis 1999, couverte par le Fonds de garantie des assurances de personnes. Si une société d'assurances n'est plus en mesure de faire face à ses engagements envers les assurés, le fonds est mobilisé, garantissant les sommes placées, jusqu'à 70.000 euros par contrat et par assureur. En souscrivant des contrats d'assurance vie dans divers établissements, vous multipliez d'autant le nombre de fois où la garantie pourra s'appliquer. Toutefois la dotation du fonds de garantie ne représente qu'environ 1 milliard d'euros. Une somme bien maigre en cas de problème au regard des 1.450 milliards d'encours que compte l'assurance vie.

3. Faire des retraits moins taxé

Les supports disponibles dans un contrat d'assurance vie évoluent tous d'une façon qui leur est propre. Un fonds en euros vous fait bénéficier annuellement d'un taux de rendement minimal, complété d'une participation aux bénéfices. Il est entièrement garanti en capital et, grâce à l'effet «cliquet», les intérêts versés chaque année vous sont définitivement acquis. Au contraire, la part de votre épargne en assurance vie placée en unités de compte (en fonds boursiers, obligataires ou immobilier) offre un potentiel de performance plus élevé, mais ne dispose pas de garantie en capital. Son évolution sera donc, à la hausse comme à la baisse, très différente de celle du fonds en euros. Pour rappel, la fiscalité des rachats appliquée à l'assurance vie porte uniquement sur les gains réalisés.

De ce fait, pour optimiser des rachats futurs, il est judicieux de segmenter les supports sur plusieurs contrats d'assurance vie selon leur niveau de risque. L'idée est d'isoler d'un côté le fonds en euros, de l'autre la part en unités de compte, en les plaçant sur deux contrats différents. Ainsi, en cas de retrait, vous pourrez choisir de ponctionner le contrat le moins fiscalisé.

Si le gain sur le contrat en unités de compte est plus important que celui du contrat investi uniquement dans le fonds en euros, vous serez moins taxé en effectuant un retrait partiel sur ce dernier. Mais si le contrat constitué uniquement du fonds en euros rapporte davantage que celui en unités de compte, vous serez moins taxé en procédant à des retraits sur celui-ci. Un avantage de taille!

4. Bénéficier de différents régimes fiscaux

Outre le régime fiscal de l'assurance vie classique, certains types de contrats spécifiques bénéficient ou bénéficieront d'un régime particulier. À titre d'exemples, les contrats « vie-génération » qui devraient être commercialisés durant l'année 2014 permettront de bénéficier à la transmission d'un abattement supplémentaire de 20% sur la valeur de rachat du contrat contre un investissement d'au moins 33% dans des actifs plus risqués (PME, logement social?). Quant aux Perp (plan d'épargne retraite populaire) ou aux contrats Madelin, ils permettent de préparer la retraite en épargnant et en profitant d'un avantage fiscal immédiat? Chacun de ces contrats dispose de caractéristiques spécifiques pouvant être adaptées à votre situation. Franchir le pas peut vous permettre à la fois d'optimiser la gestion financière de votre épargne et de profiter d'un environnement fiscal plus avantageux, tout en respectant le cadre de vos objectifs patrimoniaux.


5. S'adapter aux bénéficiaire

La répartition de votre épargne sur un seul et même contrat d'assurance vie n'est pas toujours adaptée à vos bénéficiaires. Ouvrir une assurance vie différente pour chacun d'eux est un moyen d'adapter la gestion à leurs besoins spécifiques. «Il faut garder en tête la destination des fonds pour optimiser la gestion et la prise de risque», note un gestionnaire de patrimoine. Ainsi en fonction de l'âge du bénéficiaire et de sa sensibilité au risque, la répartition financière du contrat pourra évoluer

Ensuite, le versement des capitaux sera plus facilement personnalisable et flexible. Dans un souci de discrétion, vous préférerez peut-être isoler certains bénéficiaires sur un contrat à part. En outre, vous êtes assuré de la rapidité de traitement de votre dossier, les fonds pouvant être bloqués par la compagnie d'assurances en cas de mésentente entre les bénéficiaires. Enfin, être désigné sur plusieurs contrats donne davantage de souplesse à un même bénéficiaire. Il pourra ainsi accepter ou refuser une partie seulement des capitaux.

6 Profiter de la fiscalité sur vos versements après 70 ans

L'assurance vie conserve d'énormes atouts pour la transmission de votre patrimoine, même après 70 ans. Car, dans ce cas de figure, seule la part des versements dépassant un abattement de 30500 euros est soumise aux droits de succession, les gains, eux, n'étant pas taxés. La méthode de calcul de la fiscalité avant et après 70 ans étant différente, il est conseillé de ne pas mélanger les deux compartiments et de procéder aux versements après cet âge sur un nouveau contrat.

Si vous avez effectué un retrait partiel sur un contrat ouvert après 70 ans, ce retrait amputera en priorité les gains du contrat, qui auraient été totalement exonérés de droits de succession si vous n'aviez pas fait ce retrait. Pour éviter cet écueil, il est recommandé de souscrire en plus un contrat de capitalisation ou de détenir plusieurs contrats d'assurance vie après 70 ans pour pouvoir en affecter un aux rachats. Bien évidemment, il faut avant toute chose profiter pleinement de l'abattement de 152.500 euros par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans.

Toutefois, l'assurance vie après 70 ans ne doit pas être sous-estimée. Verser un montant important (même supérieur à l'abattement de 30.500 euros) peut permettre de réduire significativement les droits de succession.


7. Prendre une option sur les contrats qui montent

La baisse de rendements du fonds en euros ou l'inquiétude des Français à propos de leur niveau de vie une fois à la retraite incitent les compagnies d'assurances à proposer de nouvelles solutions. On assiste à la multiplication de contrats en euros dynamiques, de contrats euro diversifiés (dont les futurs contrats euro-croissance vont s'inspirer) ou encore de fonds en euros à dominante immobilière.

Ces contrats d'un nouveau genre ont chacun des arguments convaincants. Y affecter une partie de vos actifs peut être judicieux, mais attention, il convient d'être raisonnable et de les utiliser en complément de contrats classiques déjà ouverts. De plus, il n'est pas toujours aisé de juger de la pertinence d'un placement au début de sa commercialisation. Sans historique, il est difficile d'y allouer une part significative de ses économies.

Pour les plus méfiants, il peut être opportun de prendre date en versant une somme minime sur un contrat de ce type. Ils pourront ainsi y transférer, plus tard, les capitaux retirés d'un contrat en déclin tout en bénéficiant déjà d'une certaine maturité fiscale. 

Henri Réau

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant