Assurance : la hausse devrait se poursuivre en 2013, assez modérée en auto

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Les assurances habitation devraient le plus augmenter en 2013. Tang Yan Song/Shutterstock.com
Les assurances habitation devraient le plus augmenter en 2013. Tang Yan Song/Shutterstock.com

(AFP) - Les tarifs d'assurance devraient enregistrer en 2013 une troisième année consécutive de hausse, des relèvements plus marqués en habitation qu'en automobile, où le plus faible nombre d'accidents et une année clémente sur le plan climatique ont redonné un peu d'air aux assureurs.

Aucun des assureurs contactés par l'AFP ne veut encore ouvrir publiquement son jeu avant novembre, date des premières annonces sur les orientations tarifaires de l'année suivante.

Mais tout indique que le prix des cotisations d'assurance automobile va être relevé de 1,5% à 2% en moyenne, quand celui de l'assurance habitation augmentera plutôt de 3% environ.

En référence aux pronostics du cabinet Facts & Figures et du comparateur en ligne Assurland, qui tablent sur des hausses comprises entre 1,5% et 3% en auto et 2,5% et 4% en habitation, le président du Groupement des entreprises mutuelles d'assurance (Gema), Gérard Andreck, a estimé mardi qu'"ils sont assez proches de ce que pourrait être la réalité".

Si elles se vérifiaient, ces hausses seraient moindres que celles intervenues en 2012 et 2011.

Ces deux vagues de relèvements ont permis aux assureurs d'améliorer leurs comptes, mis à mal par près de dix ans d'une guerre tarifaire sans merci, une dégradation brutale des chiffres de la Sécurité routière, ainsi que l'augmentation continue du coût moyen des réparations et de l'indemnisation des victimes d'accidents corporels graves.

Pour autant, si elle est moindre que l'an passé, la pression à la hausse demeure.

"Tout le monde se tire la bourre"

En témoigne le principal indicateur de rentabilité des assureurs, le ratio combiné (coût d'indemnisation des sinistres et frais généraux rapportés aux primes perçues), qui devrait rester stable entre 2012 et 2011, selon Lotfi Elbarhdadi, directeur secteur assurance au sein de Standard and Poor's.

"Les marges ne sont pas grosses puisque tout le monde se tire la bourre", résume un assureur, sous couvert d'anonymat.

M. Elbarhdadi souligne ainsi que les assureurs de taille moyenne ou petite n'ont pas pu relever autant leurs tarifs que les grands acteurs internationaux "parce qu'ils sont un peu plus focalisés sur le marché français et que le côté concurrentiel est beaucoup plus fort chez eux".

Malgré l'absence de catastrophe naturelle majeure en 2012, le tableau tend même à se noircir.

Déjà en baisse, les rendements tirés du placement des primes d'assurance ont atteint un niveau jamais vu qui ne permet plus, comme c'était le cas au début des années 2000, de compenser une faible rentabilité de l'assurance dommage par des revenus financiers conséquents.

Par ailleurs, aux éléments structurels d'inflation des coûts, comme le prix des réparations automobiles ou l'indemnisation des victimes d'accidents corporels, s'ajoutent désormais l'accélération des vols et des incendies, phénomène classique d'une conjoncture économique dégradée.

"Quand la précarité augmente, les faux sinistres fleurissent", ajoute M. Andreck (incendie volontaire notamment).

Pour autant, si elle induit une augmentation des coûts, la crise économique incite parallèlement à la modération tarifaire pour ménager des assurés déjà malmenés.

"Il y a un équilibre à trouver", analyse M. Elbarhdadi, admettant qu'il est "compliqué du point de vue de la conjoncture de faire passer des hausses de tarifs".

"La crise nous a rattrapés", explique M. Andreck, précisant que "les adhérents et les sociétaires (les assurés) modifient de plus en plus leurs garanties pour aller vers des formules moins coûteuses".

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  • Al2175 le mercredi 26 sept 2012 à 22:41

    multirisque +12%