Assurance : hausses de tarifs plus modérées en perspective

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Auto, habitation, santé... les primes vont encore grimper en 2013. Mais pas pour tous les Français !

Pas de répit en 2013! Les primes d'assurance des Français vont encore augmenter, même si l'année 2012 a été moins difficile pour les assureurs que 2009, 2010 ou même 2011. En assurance auto, par exemple, le nombre d'accidents continue de reculer légèrement (- 1 % sur les dommages matériels, et - 2 % sur les sinistres corporels). «Mais leur coût moyen, lui, progresse respectivement de 2 et 5 %. Une tendance déjà observée en 2011», souligne Jacques de Peretti, directeur général d'Axa Particuliers/professionnels. La compagnie d'assurances prévoit donc de relever ses primes de 1,5 % en moyenne. D'autres assureurs, qui ont pris moins d'avance dans le rééquilibrage de leurs comptes les années précédentes, pourraient annoncer des hausses plus fortes. «En réalité, les situations financières sont très différentes d'un assureur à l'autre, et il est même possible que certains fassent grand bruit en annonçant chez eux une stabilité des tarifs», relève Cyrille Chartier-Kastler, président de Facts & Figures, qui table sur une majoration de 2 à 3 % en moyenne sur le marché.Au sein d'une même compagnie, tous les clients ne seront pas non plus logés à la même enseigne. Axa par exemple s'apprête à réduire (jusqu'à 5 %) la prime des conducteurs qui n'ont pas eu d'accident ou très peu ces dernières années, «pour récompenser les comportements des bons conducteurs». Au printemps, le groupe avait déjà allégé la prime d'assurance des conducteurs de véhicules de moins de trois ans, qui, grâce aux évolutions techniques, offrent une plus grande sécurité. En revanche, les automobilistes qui ont une fréquence élevée de sinistres (bris de glace...) verront leurs cotisations renchérir l'an prochain, jusqu'à 5 %.

Les assureurs les plus vertueux pénalisés

Les hausses pourraient toutefois être plus importantes en moyenne si l'Etat, qui finance actuellement les revalorisations annuelles des rentes servies par les assureurs aux accidentés de la route, parvient à transférer cette charge aux assureurs, comme il le souhaite, à compter du 1er janvier 2013. Les compagnies d'assurances répercuteront en effet ce coût supplémentaire pour elles dans les primes facturées à leurs clients. Chez Axa, cela pourrait représenter une majoration supplémentaire de 1,2 à 1,3 %. Mais les assureurs qui versent des rentes, même en dehors des cas où les tribunaux l'imposent, seront plus pénalisés que ceux qui optent chaque fois que possible pour le paiement d'un capital. «Pourtant, verser une rente est plus vertueux, plus protecteur pour les victimes. Le capital, lui, se trouve parfois vite épuisé. Il peut être utilisé à mauvais escient, dans certains cas dilapidé par l'entourage», a récemment souligné Gérard Andreck, président du Gema (Groupement des entreprises mutuelles d'assurance).

Les nouvelles ne sont pas meilleures sur le front de l'assurance habitation. Cette année, les assureurs n'ont pas connu d'événement climatique majeur, malgré la tempête de fin octobre, les récentes inondations de Lourdes, et la vague de froid de février qui a eu raison de nombreuses canalisations. «Néanmoins, les primes reçues restent cette année encore inférieures au coût des sinistres majoré des frais généraux», observe Jacques de Peretti. Cela explique que de nouvelles augmentations s'annoncent, un peu moins douloureuses toutefois que les années passées. «En 2011, les tarifs avaient été majorés de 5 à 7 %. En 2012, ils le seront de 3 à 4 %», avance Cyrille Chartier-Kastler. Mais là encore, tous les assurés ne contribueront pas de la même façon au redressement des comptes des assureurs. «Ceux situés en zone inondable par exemple subiront probablement les plus fortes augmentations, de même que ceux qui habitent des maisons en zone rurale par exemple, pour lesquelles la sinistralité est plus forte», ajoute-t-il. Idem pour les ménages qui ont des sinistres à répétition, comme de fréquents dégâts des eaux «responsables» ou qui ont la malchance de s'être installés dans les régions où les cambriolages augmentent (dans le sud de la France notamment).

Cette année, les complémentaires santé ont, elles aussi, été moins malmenées que les années passées. Elles n'ont pas écopé de nouvelles taxes, ni subi d'importants transferts de dépenses de la Sécurité sociale. «Reste la dérive des dépenses de santé. Leur progression est estimée à 2,7 % en 2013. Les primes des mutuelles santé devraient donc augmenter au moins de 3 % pour suivre cette hausse attendue, avec une marge de sécurité car la réalité dépasse souvent les prévisions», estime Dinis Pires, manager et expert prévoyance/santé chez Optimind Winter. Mais les hausses pourraient atteindre 5 % dans certains cas, car les assureurs veulent aussi conforter leurs marges et doivent arrondir leurs fonds propres pour affronter les futures réglementations européennes. «Pour les Français assurés par un contrat dans leur entreprise, la hausse sera également différente selon l'équilibre de ce contrat. S'il est déficitaire, la prime augmentera davantage pour rétablir l'équilibre entre primes et dépenses» rappelle Dinis Pires.

Mais la hausse des primes atteint ses limites. «Les assureurs ont beaucoup majoré leurs tarifs, et ils s'aperçoivent que les primes moyennes, elles, n'augmentent plus. Cela signifie que les clients préfèrent renoncer à des garanties ou bien vont chercher ailleurs un contrat moins cher», note Cyrille Chartier-Kastler. C'est pourquoi désormais, certaines compagnies jouent davantage sur la «segmentation»: elles affinent leur tarification pour faire payer davantage les profils de clients réputés pour surconsommer (notamment les citadins), et modérent les primes de ceux qui sont plus raisonnables.

Mais les professionnels décuplent aussi leurs efforts pour mieux maîtriser les dépenses, avec les réseaux de soins, les services incitant les assurés à comparer les prix, le plafonnement de certaines garanties... Les compagnies d'assurances souhaitent évidemment contenir les dépassements d'honoraires des médecins, dont elles financent une bonne partie, et dont elles répercutent le coût sur les primes exigées aux assurés. Ce sont ces derniers qui, au final, règlent donc la facture. Mais l'accord négocié le 23 octobre entre l'assurance-maladie et les associations de médecins pour tenter de freiner les dérives n'a pas donné beaucoup d'espoir. «La plupart des contrats d'assurance santé couvrent les dépassements d'honoraires jusqu'à des plafonds inférieurs à ceux prévus par l'accord. Il ne faut donc pas espérer d'économies de ce côté-là pour les mutuelles et donc pas de baisse des primes demandées aux assurés», remarque Laurent Valenti, responsable du marketing santé chez SwissLife. «Le seul impact sera pour les contrats très haut de gamme couvrant les frais réels, qui ont presque disparu du marché aujourd'hui», ajoute-t-il.

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  • idem12 le dimanche 25 nov 2012 à 13:17

    MAIF perso + de 10% sur 2 ans, ils se gavent, pas de pb.

  • j.jmbe le vendredi 23 nov 2012 à 22:07

    Client AXA, je suis plutôt de 7 à 10% par an pour les contrats autos, habitation, voir plus pour la mutuelle santé. A bon entendeur. Bonsoir.