Associer forces d'Assad et ASL, pas une idée française

le , mis à jour à 16:40
0

(Actualisé avec précisions Fabius §7-8) PARIS/BEYROUTH, 7 octobre (Reuters) - L'idée d'associer les forces de l'opposition syrienne modérée de l'Armée syrienne libre (ASL) à celles de Bachar al Assad pour combattre les djihadistes de l'Etat islamique n'est pas une idée française, a-t-on déclaré mercredi dans l'entourage de François Hollande, contredisant une déclaration de Vladimir Poutine. L'ASL a pour sa part jugé "illogique" cette idée d'associer ses forces à celles du régime de Damas, qu'elle combat depuis quatre ans et demi. "Le président de la République a parlé de la nécessaire présence de l'opposition syrienne autour d'une éventuelle table de négociation. Le reste n'est pas une idée française", a-t-on répondu à Paris à une demande de commentaire sur l'affirmation du président russe. Vladimir Poutine a déclaré mercredi lors d'une rencontre diffusée à la télévision que "M. Hollande a proposé une idée intéressante, selon laquelle il serait possible, à son avis, de réunir les forces gouvernementales du président Assad et ce que l'on appelle l'Armée syrienne libre". La France ne cesse de répéter qu'après une transition politique, les forces rebelles modérées syriennes devraient être associées à l'armée syrienne pour éviter les risques de division voire de partition du pays. Selon les Français, une discussion politique entre toutes les composantes syriennes est nécessaire dans le cadre de cette transition, le départ du président Bachar al Assad étant aux yeux de Paris une nécessité à l'issue de ce processus. Interrogé à ce propos lors d'un déplacement à Tanger, le ministre français des Affaires étangères a déclaré: "Je crains qu'il y ait là une confusion. Il y a une action militaire à mener et puis il y a une transition politique à opérer puisque notre conviction est que, tant que M. Bachar al Assad sera aux responsabilités, il ne sera pas possible d'obtenir l'unité nécessaire en Syrie à cause des crimes qu'il a commis". "Donc, tant qu'il (Assad) est là, il n'y a pas de coopération possible avec l'armée syrienne", a dit Laurent Fabius. "Avant que nous combattions Daech aux côtés de l'armée syrienne, il faudra que celui qui a introduit Daech en Syrie, le régime syrien, soit tenu pour responsable", a déclaré pour sa part Bachar al Zoubi, chef d'un groupe armé combattant sous la bannière de l'ASL. La Russie estime que le gouvernement de Bachar al Assad doit être un élément central dans le combat international contre les djihadistes. STRATÉGIE "TRAGIQUEMENT ERRONÉE" En visite à Rome, le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, a déclaré que Washington ne voulait pas coopérer militairement avec la Russie en Syrie car, a-t-il souligné, la stratégie russe dans ce pays est "tragiquement erronée". Il a cependant ajouté que les Etats-Unis étaient prêts à mener avec les Russes des discussions "techniques" sur la sécurité des pilotes des deux pays engagés dans des frappes en Syrie, afin de prévenir tout incident. La Russie estime que cette position constitue une excuse de la part des Américains pour ne pas combattre le terrorisme, a déclaré un porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères. Pour la Turquie, les frappes russes nuisent à la lutte contre l'EI. Selon le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, seules deux des 57 frappes aériennes menées par l'armée de l'air russe en Syrie ont touché des objectifs appartenant à l'EI. Tous les autres raids ont visé des positions de l'opposition syrienne "modérée", a-t-il dit. "En ce moment, dans le nord, de ce côté du couloir de Djarablous (ville syrienne à la frontière turque), l'opposition syrienne modérée est pratiquement la seule force face à l'Etat islamique (...) En affaiblissant l'opposition, le régime renforce l'EI", a dit le Premier ministre turc à des journalistes à Istanbul. Il a ajouté qu'il ne voulait pas que le conflit syrien devienne une crise entre la Russie et l'Otan, dont la Turquie constitue le flanc sud-est. Il a parallèlement prévenu que la Turquie, même si elle n'a aucun conflit d'intérêts avec Moscou, n'était prête à aucun compromis sur l'inviolabilité de son espace aérien et la sécurité de ses frontières. Des appareils russes ont violé deux fois l'espace aérien turc le week-end dernier. Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a estimé mardi que les violations de l'espace aérien turc par des avions de chasse russes "ne ressemblaient pas à des accidents" et fait état d'un renforcement du dispositif russe en Syrie, y compris avec le déploiement de troupes au sol. ID:nL8N126207 (Jean-Baptiste Vey, Phil Stewart, Crispian Balmer, Asli Kandemir, Ayla Jean Yackley, Ece Toksabay et Jonny Hogg et John Irish; Henri-Pierre André, Pierre Sérisier et Guy Kerivel pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant