Assises de Melun : "Je pensais que je la soulageais de ses souffrances"

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La cour d'assises de Melun où est jugé Americo Carneiro, qui a tué sa fille lourdement handicapée en 2011.
La cour d'assises de Melun où est jugé Americo Carneiro, qui a tué sa fille lourdement handicapée en 2011.

C'est un procès du silence. Un silence épais, massif, coupé de sanglots, de bribes de phrases et de mots hachés qui sont encore du silence. "Je l'aimais", "elle me manque", "je regrette", "j'étais dans un trou". Americo Carneiro se tient assis immobile auprès de son avocat, le regard au sol, le visage dans une main, rasé de près, les cheveux coupés courts sur la nuque. Lorsque la cour d'assises de Melun, qui le juge depuis le 18 mars pour le meurtre de sa fille Johana, l'appelle à la barre, il s'y appuie des deux coudes, affaissé, les genoux bizarrement pliés. "Des choses ont été dites, il serait bon que vous puissiez y réagir", l'encourage la présidente après plusieurs auditions de témoins et d'experts. "Quelle explication donnez-vous aujourd'hui à votre geste ?" Le silence encore, dans la chemise à carreaux bleus. "Parler, c'est penser, et penser, c'est souffrir", a dit Americo au cours de la procédure. Johana avait 6 ans. Victime d'un AVC à la naissance, elle est tétraplégique et souffre de crises d'épilepsie. Elle n'a pas de tonicité musculaire, ne tient pas assise, ne parle pas - seulement parvient-elle à dire "papa" et "maman" -, dort dans une coque. Son père prend soin d'elle, la baigne, la nourrit, change ses couches. Il a, aussi, à veiller sur sa femme, qui souffre depuis l'adolescence de troubles maniaco-dépressifs graves et que ses traitements rendent apathique, dépendante de son époux. Americo, 44 ans aujourd'hui, maçon...

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