Assad nommé dans une enquête sur les armes chimiques en Syrie

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    par Anthony Deutsch 
    13 janvier (Reuters) - Les noms de Bachar al Assad et de son 
frère cadet Maher apparaissent pour la première fois dans un 
rapport international sur l'utilisation d'armes chimiques par 
les forces gouvernementales dans la guerre civile en Syrie, 
selon un document consulté par Reuters mais non rendu public. 
    Jusqu'à présent, l'enquête menée conjointement par les 
Nations unies et par l'Organisation pour l'interdiction des 
armes chimiques (OIAC) n'avait permis d'identifier que des 
unités de l'armée syrienne sans pouvoir fournir l'identité 
d'officiers de haut rang ou de dirigeants. 
    Une nouvelle liste de 15 noms aurait été établie par la 
mission d'enquête, dirigée par un groupe de trois experts 
indépendants. Elle désigne nommément Bachar al Assad, son frère 
Maher ainsi que d'autres responsables du régime syrien comme 
étant liés à une série d'attaques à l'aide de bombes au chlore 
en 2014-2015, indique une source informée. 
    Le rapport estime que le recours aux armes chimiques a été 
décidé au plus haut sommet du régime syrien, précise cette 
source s'exprimant sous le sceau de l'anonymat en raison du 
caractère sensible du sujet. 
    Virginia Gamba, qui dirigeait l'enquête de l'Onu et de 
l'OIAC connue sous le nom de Mécanisme commun d'investigation, a 
démenti qu'une liste de personnalités suspectes avait été 
établie par l'équipe de techniciens et de fonctionnaires 
impliqués. 
    "Il n'y a pas d'identification d'individus envisagée pour 
l'instant", a précise Virginia Gamba dans un courrier 
électronique adressé à Reuters. 
    La mission a pourtant été mandatée par l'Onu pour procéder à 
de telles identifications de personnes et d'organisations 
impliquées dans l'usage d'armes chimiques en Syrie, ce qui peut 
constituer un crime de guerre. 
    La liste pourrait servir de base au travail de la mission 
d'enquête cette année, précise la même source, sans pouvoir dire 
si elle va être publiée, soit par l'Onu, soit par l'OIAC. 
    Elle est divisée en trois parties. La première, baptisée 
"cercle des proches du président", compte six noms dont celui de 
Bachar al Assad, de son frère qui dirige la 4e division armée 
d'élite, du ministre de la défense et du chef du renseignement 
militaire. 
    La deuxième partie mentionne le chef de l'armée de l'air et 
quatre chefs de divisions dont l'enquête avait préalablement 
établi qu'elles avaient procédé à des largages de barils de 
chlore. La troisième partie vise "d'autres hauts responsables 
militaires" : deux colonels et deux généraux. 
    Pour Hamish de Bretton-Gordon, spécialiste indépendant sur 
le contrôle des armes chimiques et bactériologiques en Syrie,  
cette liste reflète la chaîne du commandement militaire en 
Syrie.    
 
 (Pierre Sérisier pour le service français, édité par Tangi 
Salaün) 
 
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