Assad-Le soutien des Russes a changé la donne sur le terrain

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    PRAGUE, 1er décembre (Reuters) - L'entrée en guerre de la 
Russie en Syrie a modifié l'équilibre des forces au sol, assure 
le président syrien Bachar al Assad dans une interview accordée 
à la télévision tchèque, en ajoutant que le soutien de son grand 
allié russe va, selon lui, rester massif. 
    Dans cette interview réalisée dimanche à Damas et diffusée 
mardi, le président Assad estime que la destruction d'un 
bombardier russe par la chasse turque le 24 novembre traduit le 
mécontentement d'Ankara face à l'évolution de la situation au 
sol en Syrie, situation qui, à l'en croire, tourne en faveur des 
troupes gouvernementales. 
    L'aviation russe mène des opérations aériennes depuis le 30 
septembre en Syrie. 
    "Je pense que cela (l'incident aérien) a montré les 
intentions réelles (du président turc Recep Tayyip) Erdogan, et 
aussi combien il a perdu son sang-froid, tout ça parce que 
l'intervention russe a modifié la donne sur le terrain", affirme 
Assad. 
    "La guerre contre le terrorisme se poursuit. Le soutien, ou 
la participation de la Russie, va s'intensifier.(...) Il n'y 
aura pas de retour en arrière à cet égard", continue-t-il. 
    La Turquie, pour laquelle le départ d'Assad doit être la 
condition d'une solution durable en Syrie, a affirmé que le 
Soukhoï russe abattu avait violé l'espace aérien turc, ce que 
nie Moscou. 
    A en croire Bachar al Assad, les groupes insurgés qui sont 
prêts à poser les armes bénéficieront d'une totale amnistie, 
mais, dit-il, ce n'est pas le chemin que prennent des 
organisations djihadistes comme l'Etat islamique (EI) ou le 
Front al Nosra, la branche syrienne d'Al Qaïda. 
    "Lorsqu'ils poseront les armes et reprendront une vie 
normale, le gouvernement leur accordera une amnistie", dit-il. 
    Le gouvernement syrien, assure Bachar al Assad, n'exclut pas 
de traiter avec les "terroristes" - terme employé par Damas pour 
qualifier tous les insurgés en lutte contre le régime. 
    "S'ils veulent changer de position, nous devons 
naturellement traiter avec eux", dit-il. 
    "Mais pour ce qui est de l'Etat islamique, du Front al Nosra 
et des émanations d'Al Qaïda, ils ne sont pas disposés à 
négocier avec le gouvernement, en aucune façon", continue-t-il. 
 
 (Jan Lopatka à Prague et Sylvia Westall à Beyrouth; Eric Faye 
pour le service français) 
 
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