Asile-Paris et Berlin posent leurs conditions à l'UE

le , mis à jour à 12:59
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PARIS, 1er juin (Reuters) - Paris et Berlin se disent prêts à examiner la proposition de la Commission européenne sur l'accueil des demandeurs d'asile à condition que ce dispositif soit "temporaire et exceptionnel" et obéisse à "une clé de répartition agréée et équitable". Les deux pays qui, avec la Suède, l'Italie et le Royaume-Uni, se partagent 75% des demandeurs d'asile dans l'Union européenne, ont publié lundi une déclaration commune sur le plan Juncker ( ID:nL5N0YI3Y4 ) ménageant un équilibre entre les réticences françaises et les attentes allemandes. Jugeant la situation actuelle pas "soutenable", les ministres de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et Thomas de Maizière soulignent la nécessité d'"une réponse européenne globale, équilibrée et adaptée aux circonstances" et d'une répartition plus équitable des efforts. Mais ils considèrent que la proposition du 27 mai, qui visent à répartir entre les Etats membres de l'Union 40.000 migrants aujourd'hui accueillis par l'Italie et la Grèce, n'est pas satisfaisante en l'état et que des "discussions approfondies" seront nécessaires au niveau européen. "Ce mécanisme temporaire de relocalisation devra être fondé sur deux principes d'égale importance: la responsabilité et la solidarité. Nous estimons que l'équilibre entre ces deux principes n'est pas encore atteint", écrivent-ils. "Une solidarité accrue n'est possible, expliquent-ils, que si tous les Etats membres de première entrée responsables des frontières extérieures de l'UE prennent, avec le soutien du budget européen, toutes les mesures juridiques et financières nécessaires pour renforcer la surveillance des frontières extérieures". SURVEILLANCE DES MOUVEMENTS MIGRATOIRES Paris et Berlin posent dans ce cadre un certain nombre de conditions à la relocalisation des migrants. Ces derniers devront être dirigés vers des centres d'attente à leur arrivée dans les pays de première entrée aux fins d'identification et d'enregistrement. Les migrants "en besoin manifeste de protection" devront ensuite être répartis dans les autres Etats membres, les migrants irréguliers devront être renvoyés "rapidement", avec le soutien "étendu" de Frontex. "Les migrants n'appartenant à aucune de ces deux catégories verront leur situation examinée dans le cadre des procédures de droit commun de l'asile, dans les pays de première entrée", suggèrent les deux ministres. Les deux pays prônent en outre des solutions pour limiter les "mouvements migratoires secondaires qui mettraient en péril notre intention d'atteindre une répartition équilibrée". Ils réclament "un suivi et une évaluation solides" du mécanisme de libéralisation des visas avec les Balkans occidentaux, de même que la possibilité de le suspendre en cas de nécessité impérieuse. "Le résultat des discussions à venir au niveau européen (...) dépendra de la prise en compte de l'ensemble de ces éléments et conditions", déclarent les ministres. (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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