Art de la guerre : que le meilleur perde !

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Gérard Chaliand est spécialiste des relations internationales et stratégiques, des conflits armés et irréguliers. 
Gérard Chaliand est spécialiste des relations internationales et stratégiques, des conflits armés et irréguliers. 

« Pourquoi perd-on la guerre ? » La question peut sembler incongrue, elle n'en est pas moins pertinente, plus que jamais sans doute. L'intervention américaine au Vietnam s'est soldée par une retraite piteuse. L'enlisement de l'Armée rouge en Afghanistan a contribué à la chute de l'Union soviétique. George W. Bush et les néoconservateurs américains se sont fourvoyés en Irak, aventurisme qui a fini par déstabiliser tout le Proche-Orient. Quant à l'Afghanistan, encore lui, il est aujourd'hui menacé d'un retour au pouvoir des talibans, quinze ans après l'envoi d'une coalition internationale dont l'objectif était précisément de les évincer à jamais.

Fort de plusieurs décennies de fréquentation des fronts les plus divers, Gérard Chaliand s'est fait une spécialité de ce qu'il est convenu d'appeler les guerres asymétriques. Or, le rapport du fort au faible qui les caractérise s'est inversé au cours du siècle écoulé. « De 1765 environ à 1940, les guerres coloniales sont asymétriques, au sens où l'un des camps dispose d'une supériorité quasi absolue face à des sociétés démunies militairement et/ou intellectuellement », écrit l'auteur. Le temps des colonies est révolu, l'asymétrie entre mouvements de guérilla et armées régulières demeure, mais, dans bien des cas, elle joue désormais en faveur des premiers. Parce que, dans un monde globalisé, ceux-ci ont maintenant une connaissance précise de leurs adversaires, une...

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