Art contemporain : les femmes en force au Salon de Montrouge

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Véronique Lorimier Véronique Lorimier / Salon de Montrouge
Véronique Lorimier Véronique Lorimier / Salon de Montrouge

(AFP) - Où découvrir des artistes prometteurs ? Au Salon d'art contemporain de Montrouge, qui présente jusqu'au 28 mai une sélection de 72 nouveaux talents, sélectionnés par un collège de spécialistes de l'art. Cette année les femmes sont majoritaires et elles ont raflé tous les prix.

Le salon, presque sexagénaire - il en est à sa 59e édition - se tient au Beffroi, bâtiment des années 1930 à Montrouge (Hauts-de-Seine), ville qui organise et finance cet événement. Il est ouvert tous les jours et l'entrée est gratuite.

Stéphane Corréard, critique et collectionneur, qui assure le commissariat artistique de cette manifestation depuis 2009, a examiné pour cette édition plus de 3.100 candidatures d'artistes français ou vivant en France, en tout début de carrière.

Le nombre de dossiers étudiés ne cesse d'augmenter depuis cinq ans. Pas besoin d'avoir fait une école d'art pour être retenu. C'est un salon ouvert qui entend apporter de la fraîcheur. "L'intérêt d'avoir beaucoup de candidatures, c'est la diversité que cela autorise", déclare à l'AFP M. Corréard.

Cette année, on trouve ainsi une artiste voyante, Véronique Lorimier, qui dessine ses visions mais aussi de l'art brut, une créatrice de bijoux, un céramiste, des artistes numériques, souligne-t-il.

Les artistes sont choisis à l'issue d'un processus de sélection mené avec un collège critique réunissant journalistes, historiens et commissaires d'expositions.

Cette année, les femmes sont plus nombreuses (39) que les hommes, souligne M. Corréard.

Grande première: le jury, présidé par le riche homme d'affaires et mécène suisse Jean Claude Gandur, a primé mardi quatre artistes femmes.

"Cela crée une belle espérance", déclare à l'AFP Jean de Loisy, président du Palais de Tokyo, établissement partenaire de ces prix. Les lauréats se voient récompensés par une exposition dans cette institution culturelle parisienne dédiée notamment aux artistes prometteurs.

"Les femmes sont plus nombreuses qu'avant dans les écoles des beaux-arts et les préjugés tendent à disparaître", relève M. de Loisy.

- Accélérateur de carrière -

M. Corréard est lui aussi "très heureux". A ses yeux, "les femmes, dans leurs oeuvres, s'imposent moins dans le registre de la puissance et du spectaculaire". "Elles sont souvent dans une démarche de subtilité et de finesse", selon lui.

Le Grand prix du Salon a été attribué à Tatiana Wolska, femme sculpteur d'origine polonaise, qui a imaginé une oeuvre en travaillant des bouteilles d'eau minérale.

La photographe Virginie Gouband a reçu le Prix du Conseil général des Hauts-de-Seine pour une oeuvre subtile à partir de filtres colorés.

Louise Pressager a reçu le Prix spécial du jury, ex-aequo avec Qingmei Yao, artiste d'origine chinoise. La première propose des dessins minimalistes et pleins d'humour. La seconde offre des performances vidéo qui tournent en dérision les codes communistes et critiquent la société de consommation.

Au Salon de Montrouge, chaque artiste sélectionné bénéficie d'un petit module d'exposition individuel pour présenter sa démarche, dans une scénographie signée de matali crasset.

La moyenne d'âge des exposants est de 31 ans cette année. La doyenne est née en 1946. Elle s'appelle Dominique Cozette. Elle rêvait depuis longtemps d'être artiste. Elle a fini par quitter son métier dans la publicité pour prendre ses pinceaux. Sa peinture colorée et joyeuse aborde des thèmes actuels (mariage pour tous, SMS...).

Le salon joue le rôle d'accélérateur de carrière pour les artistes qui sont plus facilement repérés par les galeries et les collectionneurs.

Julien Salaud (né en 1977), qui explore les relations de l'homme à la nature, a ainsi été découvert lors de l'édition de 2010. Quatre ans plus tard, il est l'invité d'honneur du salon.

"La scène de l'art français se renouvelle tous les ans grâce à ce salon et grâce aux expositions des diplômés des beaux-arts notamment", relève M. de Loisy.

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