Arrivée de Florence Cassez à Paris au lendemain de sa libération

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PARIS (Reuters) - Florence Cassez est arrivée jeudi à Paris au lendemain de la décision de la Cour suprême du Mexique de procéder à sa libération immédiate après sept ans passés en prison pour complicité d'enlèvement.

L'avion de la Française de 38 ans, qui a toujours clamé son innocence, s'est posé vers 13h40 sur le tarmac de l'aéroport Paris-Charles de Gaulle. Florence Cassez a été notamment accueillie par sa mère, des proches et le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Elle avait quitté mercredi soir la prison pour femmes de Tepepan, à Mexico, en direction de l'aéroport où elle avait pris un avion pour la France en compagnie de son père et de son avocat Frank Berton.

François Hollande, qui n'était pas présent à l'aéroport, recevra Florence Cassez et sa famille vendredi à 19h à l'Elysée, a annoncé la présidence française dans un communiqué.

Selon l'entourage de Nicolas Sarkozy, qui se trouve actuellement au forum de Davos en Suisse, l'ancien chef d'Etat devrait pour sa part voir Florence Cassez "très vite dans un cadre privé".

Florence Cassez a téléphoné à l'ancien chef de l'Etat avant de sortir de prison. Ils s'étaient déjà entretenus la veille, précise-t-on de même source à Reuters.

Trois des cinq juges de la Cour suprême ont reconnu mercredi que les droits fondamentaux de Florence Cassez avaient été violés au cours d'un procès entaché d'irrégularités, ont annulé la condamnation et ont ordonné sa libération immédiate et absolue. La Cour suprême ne s'est pas prononcée sur la culpabilité de Florence Cassez.

RECONNAISSANCE

La Française avait été arrêtée en décembre 2005 en compagnie de son ami mexicain de l'époque, Israel Vallarta, accusé de commander un gang responsable d'enlèvements, dans une ferme des environs de la capitale.

En 2008, elle avait été condamnée à 96 ans de prison au terme d'un procès à huis clos et sans jurés, comme c'est souvent le cas au Mexique, pour enlèvement, association de malfaiteurs, possession d'armes et de munitions. La peine avait été réduite à soixante ans de prison l'année suivante.

Ses avocats faisaient valoir que le témoignage au centre de sa condamnation avait été faussé par une reconstitution diffusée en direct par la télévision mexicaine. L'Agence fédérale (police) mexicaine a reconnu en 2010 avoir procédé à une reconstitution de l'arrestation, expliquant avoir agi à la demande de la presse.

A Paris, l'annonce de sa libération a été saluée par l'ensemble de la classe politique.

"J'ai une reconnaissance pour la justice mexicaine parce qu'elle a fait prévaloir le droit, c'était la confiance qu'on avait portée à son endroit", a déclaré François Hollande mercredi soir. "Et aujourd'hui nous pouvons dire qu'entre la France et le Mexique, nous avons les meilleures relations qu'il soit possible d'établir."

Invité de Canal +, le ministre délégué aux Affaires européennes Bernard Cazeneuve a imputé jeudi l'heureux dénouement de l'affaire Cassez à "une bonne relation" entre les nouveaux présidents français et mexicain.

RÉCUPÉRATION

Tout en se félicitant de l'issue de la procédure judiciaire, plusieurs élus UMP et proches de Nicolas Sarkozy ont accusé de leur côté François Hollande et le gouvernement de récupération.

"Dans la façon dont il accueille la libération de Florence Cassez, François Hollande est dans son rôle mais je dirais qu'effectivement il a l'habitude de passer sous silence ce qu'ont fait ses prédécesseurs", a estimé Claude Guéant, qui s'est occupé de l'affaire Cassez en tant que secrétaire général de l'Elysée.

"Les commentaires qui sont attribués à certains à l'Elysée disant que c'est le triomphe d'une méthode par rapport à une autre sont de la basse politique politicienne", a-t-il dit au micro de RTL.

Nicolas Sarkozy est "absolument convaincu" de l'innocence de Florence Cassez, a ajouté Claude Guéant qui a toutefois admis que cette affaire avait empoisonné les relations entre Paris et Mexico, notamment après la décision de l'ex-chef de l'Etat de lui dédier l'année du Mexique en France en 2011. Le Mexique avait alors décidé d'annuler sa participation.

Sur BFM-TV RMC, l'ancienne ministre de la Justice Rachida Dati a également reproché à François Hollande de ne pas avoir rendu hommage au travail effectué par son prédécesseur.

Nicolas Sarkozy "a été très déterminant dans sa libération et ce que je trouve un peu dommage de la part de François Hollande c'est (...) qu'il n'ait pas cité Nicolas Sarkozy qui a quand même été à l'oeuvre", a-t-elle déclaré.

Marine Pennetier, avec Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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