Arrêté d'expulsion à Calais de la zone sud de la "jungle"

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ARRÊTÉ D'EXPULSION À CALAIS DE LA ZONE SUD DE LA "JUNGLE"
ARRÊTÉ D'EXPULSION À CALAIS DE LA ZONE SUD DE LA "JUNGLE"

LILLE (Reuters) - La préfecture du Pas-de-Calais a pris vendredi un arrêté d'expulsion des migrants de la zone sud du bidonville situé à la sortie de Calais, en dépit de l'appel de huit associations demandant au gouvernement de reporter son projet.

Cet arrêté laisse aux migrants jusqu'au 23 février pour quitter les lieux et précise que les forces de l'ordre procéderont à partir du 24 février à une évacuation progressive.

Pour les associations, le démantèlement de la moitié de la "jungle" de Calais ne ferait "qu'ajouter des tensions aux tensions, et fragiliserait encore un peu plus" les migrants vivant dans le camp de fortune.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, leur a répondu par courrier que cette évacuation devait être menée à bien, mais "de façon progressive et dans le respect des personnes".

Interrogé à ce sujet sur France Inter, le président François Hollande a souligné que l'objectif des pouvoirs publics était de faire en sorte qu'il y ait de moins de personnes qui puissent y être. "Nous allons continuer à faire des travaux pour que les personnes puissent être accueillies dignement", a-t-il dit.

Fabienne Buccio, préfet du Pas-de-Calais, avait annoncé il y a une semaine le déplacement d'un millier de migrants de la zone sud du campement vers le Centre d'accueil provisoire (CAP) de Calais et les Centres d'accueil et d'orientation (CAO) en France.

Certains migrants ont accepté de rejoindre le camp d'Etat mais d'autres sont restés sur place. Pour la préfecture, un nombre insuffisant de migrants a quitté la partie sud destinée à être rasée.

Les autorités entendent à terme réduire à Calais le nombre de migrants à environ 2.000, 1.500 dans un camp aux normes humanitaires et 400 dans le centre Jules Ferry d'accueil de nuit pour les femmes et les enfants.

La préfecture estime que 2.687 migrants ont quitté Calais depuis le 27 octobre pour se rendre dans un CAO.

Environ 4.000 migrants, selon les associations, sont aujourd'hui présents, à la fois dans le camp d'Etat, dans celui destiné à être rasé et dans le centre d'accueil de nuit pour femmes et enfants.

(Pierre Savary, édité par Sophie Louet)

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