Arrestations en Californie lors de manifestations contre la police

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* Obama: "Il faut être vigilants mais aussi reconnaître qu'il faudra du temps" * Des stars de la NBA affichent leur soutien aux manifestations BERKELEY, Californie, 9 décembre (Reuters) - Plus de 150 manifestants ont été arrêtés dans la nuit de lundi à mardi en Californie où se sont poursuivis les rassemblements contre la mort d'Afro-Américains victimes de policiers blancs tandis que Barack Obama a appelé à la patience face au racisme "profondément enraciné" dans la société américaine. D'après la police californienne, les manifestants interpellés bloquaient dans les deux sens l'Interstate 80, une autoroute, à proximité de la ville universitaire de Berkeley, près de San Francisco. Le porte-parole de la police routière de Californie a précisé qu'ils avaient lancé des pierres et des projectiles divers sur les forces de l'ordre qui tentaient de les déloger. Un peu plus tôt dans la journée, toujours dans le secteur de Berkeley, plusieurs dizaines de personnes avaient stoppé un train de la compagnie Amtrak en organisant un sit-in sur les voies. D'autres manifestations de colère ont été recensées à travers les Etats-Unis, où le débat provoqué par la disculpation de policiers blancs incriminés dans la mort de noirs ne faiblit pas. Plusieurs stars de la NBA, le championnat nord-américain de basket-ball, dont LeBron James, des Cleveland Cavaliers, ont porté un tee-shirt marqué de la phrase "I can't breathe" (je ne peux pas respirer), les derniers mots prononcés par Eric Garner lors de son interpellation fatale en juillet dernier à Brooklyn. Comme dans le cas de Michael Brown, un jeune noir de 18 ans tué en août dernier à Ferguson, dans le Missouri, par un policier blanc, un grand jury a estimé la semaine dernière qu'il n'y avait pas lieu de poursuivre le policier blanc impliqué dans la mort d'Eric Garner. OBAMA ET LE RACISME "PROFONDÉMENT ENRACINÉ" DANS LA SOCIÉTÉ Ces décisions de justice et, au-delà, le nombre d'homicides dont sont victimes des noirs lors d'interventions policières ont rouvert le débat sur les relations interraciales aux Etats-Unis et sur le comportement de la police. Le procureur général de l'Etat de New York, Eric Schneiderman, a annoncé lundi qu'il demandait à être investi du pouvoir d'enquêter sur tous les décès de civils non armés imputés à la police de l'Etat. Premier président noir de l'histoire des Etats-Unis, Barack Obama a insisté de son côté sur la nécessité de maintenir le caractère pacifique des manifestations et de faire preuve de patience. "Je pense que tant qu'elles sont pacifiques, elles sont nécessaires. Lorsqu'elles deviennent violentes, elles sont contraires à l'effet recherché", a-t-il dit dans un entretien diffusé lundi par la chaîne de télévision Black Entertainment TV (BET), qui s'adresse prioritairement à un public afro-américain. "La conscience d'un pays doit parfois être dérangée, parce que je crois qu'un grand nombre de gens qui ont vu la vidéo d'Eric Garner sont troublés, même si eux-mêmes n'ont pas vécu la même expérience, même s'ils ne sont pas afro-américains ou latinos", ajoute-t-il dans cette interview. Reconnaissant que le racisme est "profondément ancré dans notre société et notre histoire", il en appelle aussi à la patience et à la persévérance. "Face à quelque chose d'aussi profondément ancré dans notre société que le racisme ou les préjugés, il faut être vigilants mais aussi reconnaître qu'il faudra du temps, qu'il faut se tenir prêt à ne pas renoncer si on n'obtient pas tout", dit-il. (Emmett Berg avec Noel Randewich à New York et Peter Cooney à Washington; Henri-Pierre André pour le service français)

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