Arrestations après le raid antiterroriste en Belgique

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(Précisions, contexte) par Alastair Macdonald et Christian Levaux BRUXELLES, 16 janvier (Reuters) - Treize personnes étaient interrogées vendredi en Belgique dans le cadre d'une enquête sur un groupe islamiste, au lendemain d'une opération antiterroriste au cours de laquelle deux djihadistes présumés ont été abattus à Verviers, dans l'est du pays. Deux autres personnes ont été arrêtées en France dans le cadre de cette enquête. Il n'y aurait pas de lien entre le groupe de Verviers et les trois djihadistes qui ont tué 17 personnes la semaine dernière à Paris et Montrouge (Hauts-de-Seine), bien que l'identité des deux islamistes abattus jeudi, revenus récemment de Syrie, n'ait pas encore été confirmée, a précisé le substitut du procureur, Eric Van Der Sypt. Douze perquisitions ont été menées à travers la Belgique. Des armes de poing, des fusils d'assaut AK-47, des explosifs et des uniformes de la police ont été retrouvés dans l'appartement qu'occupaient les deux islamistes tués, tous deux de nationalité belge, a dit Eric Van Der Sypt. "Ce groupe était sur le point de commettre des attentats terroristes visant à tuer des policiers dans la rue et dans des commissariats", a-t-il ajouté. Les projets d'attentats concernaient l'ensemble de la Belgique. Eric Van Der Sypt n'a pas indiqué où étaient détenus les deux suspects appréhendés en France à la demande des autorités belges. Certaines des personnes interpellées sont elles aussi revenues récemment de Syrie. Le niveau d'alerte a été relevé en Belgique avec la présence de personnels armés devant les bâtiments publics, notamment les commissariats de police. "ATTAQUES D'ENVERGURE" Selon la RTBF, la télévision publique belge, les policiers ont reçu pour instruction de ne pas circuler seuls dans les rues quand ils sont en uniforme. Pour l'instant, aucun lien n'a été établi avec les attaques menées à Paris et Montrouge mais une instruction judiciaire est en cours pour déterminer si les armes utilisées par Amedy Coulibaly et par les frères Chérif et Saïd Kouachi avaient été obtenues en Belgique. Un troisième suspect arrêté à Verviers, également de nationalité belge, est entendu par les services de police. Une autre personne est interrogée à Bruxelles, où plusieurs perquisitions ont été menées. Un ancien patron de l'antiterrorisme belge, André Jacob, a expliqué à la RTBF que l'attaque contre le magazine Charlie Hebdo pouvait avoir incité la police belge à procéder à cette série d'interpellations de suspects qui se trouvaient déjà sous surveillance. Jeudi, le parquet de Belgique a expliqué que les islamistes tués à Verviers projetaient des "attaques terroristes d'envergure". Quelques écoles juives ont été fermées en Belgique et aux Pays-Bas. Vendredi dernier, Amedy Coulibaly a tué quatre Français juifs dans une supérette cacher de l'Est parisien. Les autorités belges tentent par ailleurs d'établir si un homme placé en garde à vue à Charleroi pour trafic d'armes était lié à Coulibaly. L'avocat de cet homme a affirmé que son client s'était contenté de vendre une voiture à Coulibaly, sans avoir d'ailleurs été intégralement payé. L'homme s'est présenté mardi à la police en affirmant avoir eu des contacts avec Hayat Boumedienne, compagne de Coulibaly. NIVEAU D'ALERTE RELEVÉ Mais selon les médias belges les enquêteurs ont trouvé lors d'une perquisition des documents prouvant un marchandage au sujet d'un véhicule et d'autres faisant état d'une négociation à propos d'armes et de munitions. ID:nL6N0UU2XY Le Premier ministre belge Charles Michel a relevé de deux à trois le niveau d'alerte nationale, sur une échelle qui en compte quatre. "Nous n'avons pas connaissance de menaces spécifiques ou concrètes, toutefois, au vu de la situation, nous considérons qu'il est utile de relever le niveau de prudence et de vigilance", a-t-il dit à Reuters. La Belgique compte le taux le plus élevé en Europe de personnes ayant quitté le pays pour aller combattre en Syrie. Les autorités belges estiment qu'une centaine de ces djihadistes sont revenus dans le pays, qu'une quarantaine d'entre eux ont été tués sur le terrain et que 170 environ seraient toujours en Syrie ou en Irak. Près d'un demi-million de musulmans, principalement originaires d'Afrique du Nord, vivent en Belgique. Le taux de chômage parmi les jeunes issus de l'immigration est élevé, en particulier dans les localités comme Verviers durement touchée par la désindustrialisation dans le domaine du textile. La Belgique participe à la coalition sous commandement américain en lutte contre l'Etat islamique en Syrie et en Irak. Un tribunal d'Anvers doit rendre prochainement son jugement à l'encontre de 46 prévenus accusés d'avoir recruté des jeunes gens pour le djihad en Syrie. Le tribunal devait faire connaître son jugement cette semaine mais l'annonce en a été repoussée d'un mois après les événements meurtriers survenus à Paris. (Avec Philip Blenkinsop et Robert-Jan Bartunek; Danielle Rouquié, Pierre Sérisier et Guy Kerivel pour le service français)

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