Arrestation du propriétaire de l'immeuble effondré au Bangladesh

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LA PROBABILITÉ DE RETROUVER DES SURVIVANTS DANS LES DÉCOMBRES DE L'IMMEUBLE DE DACCA DIMINUE
LA PROBABILITÉ DE RETROUVER DES SURVIVANTS DANS LES DÉCOMBRES DE L'IMMEUBLE DE DACCA DIMINUE

par Ruma Paul et Serajul Quadir

DACCA (Reuters) - Le propriétaire de l'immeuble du Bangladesh qui s'est effondré sur ses occupants, faisant plus de 370 morts, a été interpellé dimanche alors que le bilan du drame pourrait s'alourdir, 900 personnes étant toujours portées disparues.

Mohammed Sohel Rana, un dirigeant du mouvement de jeunesse de la Ligue Awami au pouvoir, a été interpellé par le bataillon d'action rapide, unité d'élite de la police, dans la ville frontalière de Benapole, alors qu'il tentait de trouver refuge en Inde, a déclaré le chef de la police du district de Dacca, Habibur Rahman.

Il sera ramené à Dacca par hélicoptère, a précisé le secrétaire d'Etat chargé des collectivités locales, Jahangir Kabir Nanak.

Ce dernier s'exprimait non loin du site où le Rana Plaza, un immeuble de huit étages qui hébergeait des ateliers de confection travaillant à bas prix pour des marques de vêtement occidentales, s'est effondré sur ses occupants mercredi. Selon un bilan toujours provisoire, 372 personnes ont été retrouvées mortes.

Depuis la catastrophe, environ 2.500 personnes ont pu être sauvées des ruines de cet immeuble du faubourg de Savar, à une trentaine de km de Dacca, la capitale.

Quatre personnes ont été sorties vivantes des décombres dimanche matin et les sauveteurs ont engagé une course contre la montre pour libérer d'autres survivants piégés sous les gravats.

"Les chances de trouver des personnes vivantes diminuent, nous devons donc multiplier nos efforts", explique le général Chowdhury Hassan Sohrawardi, coordinateur des secours.

CRISE CARDIAQUE

Selon les autorités, l'immeuble avait été bâti sur un sol instable sans les autorisations nécessaires et plus de 3.000 ouvriers, majoritairement des jeunes femmes, y ont été envoyés mercredi matin malgré les avertissements concernant la fragilité du bâtiment.

Quatre personnes, deux ingénieurs et deux dirigeants d'un atelier logé dans le Rana Plaza, ont été arrêtées samedi.

Selon la presse locale, la mère du propriétaire, qui, elle n'a pas été interpellée par la police, est décédée samedi soir d'une crise cardiaque.

La colère contre la négligence qui a conduit au drame a provoqué de violentes manifestations depuis mercredi dans le pays. La police a eu recours aux gaz lacrymogènes, aux balles en caoutchouc et aux canons à eau pour disperser les manifestants qui ont incendié des véhicules.

Dimanche toutefois, les rues de Dacca étaient calmes.

L'opposition appelle à une grève nationale le 2 mai pour protester contre cet accident industriel particulièrement meurtrier, le troisième en cinq mois.

Une alliance de partis de gauche appartenant à la coalition au pouvoir s'est jointe à l'appel.

L'effondrement du Rana Plaza est le troisième gros accident industriel survenu en cinq mois au Bangladesh, deuxième exportateur textile mondial derrière la Chine.

En novembre, un incendie chez Tazreen Fashion dans la banlieue de Dacca avait fait 112 morts.

Le secteur emploie 3,6 millions de personnes, pour la plupart des femmes, dont certaines gagnent l'équivalent de 30 euros par mois.

Depuis la catastrophe, l'Association des fabricants et exportateurs de vêtement du Bangladesh (BGMEA), a demandé aux propriétaires d'ateliers de présenter les plans de leurs immeubles d'ici juillet dans une optique d'amélioration de la sécurité.

Jean-Stéphane Brosse et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Pascal Liétout

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