Arnaud Montebourg visite aussi des sites qui vont bien

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ARNAUD MONTEBOURG VISITE AUSSI DES ENTREPRISES EN BONNE SANTÉ
ARNAUD MONTEBOURG VISITE AUSSI DES ENTREPRISES EN BONNE SANTÉ

par Jean Décotte

FIGEAC, Lot (Reuters) - Entre des hauts-fourneaux qui s'éteignent, des chaînes automobiles qui s'arrêtent et des entreprises qui dégraissent, Arnaud Montebourg est souvent dépeint comme le "ministre des usines qui ferment".

Le ministre du Redressement productif a donc tenu jeudi à démontrer qu'il s'occupait aussi des entreprises en bonne santé qui ont, elles, des problèmes de financement et de recrutement.

Après avoir récusé dimanche le qualificatif de "ministre des plans sociaux", il s'est rendu jeudi à Figeac, auprès d'un vivier de sous-traitants et d'équipementiers qui surfent sur la vague des commandes aéronautiques.

En marge des Rencontres de la "Mecanic Vallée", il a promis la visite du médiateur de la sous-traitance auprès de ce groupement de 200 entreprises qui emploient quelque 15.000 personnes, et a insisté sur le fait que le gouvernement comptait aider aussi les sociétés qui vont bien.

"Le médiateur de la sous-traitance aura pour objectif d'aller sur le terrain, de regarder les problèmes entreprise par entreprise. Pas seulement là où ça va mal, quand une entreprise a des problèmes", a-t-il déclaré lors d'un discours

"Bien sûr qu'il faut s'occuper des entreprises qui vont mal. On m'en fait souvent le reproche, je dis: je n'ai pas pour habitude de laisser ceux qui vont mal sans soutien et de ne m'occuper que des bien portants. Il faut s'occuper de tout le monde !"

UN ÉTAT "ACCOMPAGNATEUR BIENVEILLANT"

De fait, pour les entreprises de la "Mecanic Vallée", implantées entre Brive-la-Gaillarde (Corrèze) et Rodez (Aveyron) et spécialisées dans l'aéronautique, l'automobile ou les machines-outils, la préoccupation est moins la sauvegarde de l'emploi que le financement et le recrutement.

"Il faut que nos sociétés puissent investir, qu'elles aient un outil de production dernier cri, de manière à pouvoir répondre au pied levé aux demandes", a indiqué Marc Gomez, chef d'entreprise et président de la Mecanic Vallée, qui voit d'un bon oeil la création prochaine de la Banque publique d'investissement (BPI).

"Nous avons et nous aurons besoin de beaucoup plus de financement. L'innovation, ça coûte de l'argent. Pour nos petites entreprises qui ont une taille autour de cinquante personnes, c'est toujours difficile."

Pour ce patron de PME, l'autre problème de la filière est le manque de personnel qualifié disponible sur le marché: chaudronniers, plieurs, soudeurs... Il a fait état de plus de 300 postes à pourvoir dans toute la Mecanic Vallée.

Face à ces doléances, Arnaud Montebourg a promis que l'Etat serait un "accompagnateur bienveillant", notamment via la BPI.

"Nous allons créer un service public bancaire qui va créer l'alternative dans la prise de risque", a dit le ministre.

"Une banque plus patiente, moins gourmande, c'est aujourd'hui ce dont l'industrie a besoin. L'industrie travaille sur le long terme, elle a besoin de partenaires solides, fiables, qui ne se retournent pas au premier problème de trésorerie."

Symbole de sa volonté d'être aussi le ministre des usines qui croissent, Arnaud Montebourg a tenu à définir devant ses interlocuteurs l'intitulé de son portefeuille.

"Le redressement productif, c'est le redressement des emplois industriels. C'est le retour du produire en France. Parce que nous savons produire en France, nous avons de grandes capacités, vous le démontrez à travers cette Mecanic Vallée", a-t-il dit.

"Nous sommes chargés de reconstruire une base industrielle, nous le ferons pierre après pierre. Quand il y a des entreprises en croissance, qui embauchent, créent de la valeur, inventent des processus technologiques, relocalisent de la recherche et développement, il faut les en remercier", a-t-il ajouté devant la presse.

Edité par Yves Clarisse

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