Arnaud Montebourg veut un cessez-le-feu dans l'affaire Goodyear

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ARNAUD MONTEBOURG LANCE UN APPEL AU CALME DANS LE DOSSIER GOODYEAR
ARNAUD MONTEBOURG LANCE UN APPEL AU CALME DANS LE DOSSIER GOODYEAR

PARIS (Reuters) - Le ministre du Redressement productif lance dans une interview publiée lundi par le Courrier Picard un appel au cessez-le-feu dans le conflit entre les salariés de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord, conduits par la CGT, et la direction du groupe.

La direction de Goodyear a porté plainte après la séquestration de deux cadres pendant plus de 24 heures, la semaine dernière. Les ouvriers de l'usine menacée de fermeture ont libéré mardi les deux hommes mais continue d'occuper le site dans l'espoir d'obtenir de meilleures conditions de départ.

"Je lance un appel aux parties belligérantes. Goodyear, CGT, maintenant ça suffit, faites un effort et allez l'un vers l'autre", déclare Arnaud Montebourg dans le Courrier Picard.

"La République, c'est la compréhension mutuelle ; ce ne sont, ni les insultes, ni la violence, que nous ferons cesser immédiatement si cela se reproduit", ajoute-t-il. "On ne trouve pas un investisseur en pratiquant la terre brûlée."

Il invite les deux parties à "mettre de l'eau dans (leur) vin" -Goodyear à faire un effort financier et la CGT à arrêter de bloquer l'arrivée du groupe américain Titan, toujours prêt, selon lui, à investir à Amiens-Nord.

Arnaud Montebourg dit en avoir eu l'assurance par le patron de Titan, Maurice Taylor, avec qui il a pourtant échangé il y a quelques mois des courriers acerbes.

"Je l'ai eu au téléphone ces derniers jours, après la libération des cadres de Goodyear. Il m'a confirmé sa volonté d'investir à Amiens-Nord", raconte Arnaud Montebourg.

"Il m'a dit qu'il maintenait la totalité de son projet: 40 millions (d'euros) d'investissements sur quatre ans, l'embauche de 330 salariés", ajoute le ministre.

La seule condition posée par Maurice Taylor est que le conflit entre la CGT et Goodyear soit "soldé", précise-t-il. "Parce qu'il ne veut pas payer les conséquences des choix de Goodyear et de la lutte sociale."

"Nous avons la chance d'avoir une entreprise qui veut réinvestir sur Amiens malgré un contexte très tendu et une conflictualité hors norme, que je déplore", fait valoir Arnaud Montebourg.

Il estime que le syndicalisme ne doit pas conduire à porter atteinte aux personnes, une attitude qui produit selon lui des dégâts "considérables" sur l'image de la France.

"Le gouvernement souhaite que le conflit s'arrête", insiste le ministre du Redressement productif.

La fermeture du site Goodyear d'Amiens-Nord a été annoncée en janvier 2013, après des années de relations tendues entre les dirigeants de Goodyear et les syndicats.

La direction de Goodyear a annoncé en novembre que la procédure de consultation du personnel était terminée.

Les syndicats, qui avaient entamé des procédures pour faire annuler le plan social annoncé et les 1.170 suppressions d'emplois, ont été déboutés le 20 décembre.

Emmanuel Jarry

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  • LeRaleur le lundi 13 jan 2014 à 11:51

    Goodyear, seul moyen, les envoyer péter et aller ailleurs.

  • jean.coq le lundi 13 jan 2014 à 09:34

    MRD, au bout de 20 mois il commence ??? à comprendre qu'ol faut faire quelquechose de sensé