Arnaud Clément : " Une situation difficile à vivre "

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Arnaud Clément : " Une situation difficile à vivre "
Arnaud Clément : " Une situation difficile à vivre "
Un peu abattu par la défaite en trois sets de la paire Gasquet-Benneteau face à Federer-Wawrinka, le capitaine français Arnaud Clément assure que rien n'est cassé et que tout est encore possible dimanche.

Arnaud Clément, pouvez-vous nous expliquer votre décision quant au choix des joueurs en double aujourd'hui et qu'en est-il du poignet de Jo ?
Richard et Julien forment une très bonne équipe. Ils ont joué de nombreux matchs ensemble. Ils ont gagné une médaille à Londres aux Jeux Olympiques. Pour moi, c'était une très bonne option. Mais aujourd'hui, l'équipe suisse a joué incroyablement bien. Leur équipe a été meilleure que la nôtre.

Vous avez maintenant le dos au mur. A ce stade, que dites-vous à vos joueurs ?
Évidemment, cela va maintenant être extrêmement difficile. Nous avions beaucoup d'espoir dans ce match de double. Il va falloir faire quelque chose de vraiment énorme mais nous avons encore une chance et allons essayer. Nous allons faire tout ce que nous pouvons. C'est un énorme défi à relever de battre les numéros 1 et 4 mondiaux en finale de Coupe Davis. Si nous avons une toute petite chance, nous essaierons de la saisir.

Votre déception est-elle vraiment grande ? Attendiez-vous plus de Richard ?
Oui, je suis déçu et toute l'équipe l'est. Hier soir, nous étions à 1 partout. Etre à 2-1 avant la dernière journée aurait été un réel avantage mais cet avantage est ce soir pour l'équipe suisse. J'ai toujours eu du mal à différencier des prestations de deux joueurs en double ; pour moi, c'est une équipe. Oui, ils peuvent mieux jouer ; oui, ils sont capables de mieux faire ; oui, ils ont eu des occasions qu'ils n'ont pas réussi à convertir. Mais le mérite revient aussi à la pression qu'a pu mettre l'équipe suisse à notre équipe en jouant à ce niveau. Ils ont été exceptionnels aujourd'hui.

Vendredi soir, en allant se coucher, Richard et Julien savaient-ils qu'ils allaient jouer ensemble le double cette après-midi ?
Oui.

Pourquoi ne se sont-ils pas échauffés ensemble, comme d'habitude ?
Parfois, ils aiment s'échauffer à différents horaires, avoir des rythmes différents. Dans la mesure où ils avaient déjà joué pas mal de séquences ensemble, il n'était pas important que leur échauffement se fasse en commun aujourd'hui.

Que pouvez-vous nous dire de l'état de forme de Jo ? Le fait d'avoir été éventuellement ménagé samedi, après la déception légitime de vendredi, cela vous rend-il optimiste ?
Non, je sais que tout le monde s'attendait à ce que Jo soit sur le court en double aujourd'hui. Pour moi, Richard et Julien, c'est une option intéressante. Jo a fait un match de 4 sets vendredi. On savait qu'aujourd'hui les deux Suisses seraient de nouveau sur le court et de nouveau dimanche. Cette option a été prise pour le ménager et pour qu'il ait le plus d'énergie possible demain. La journée sera dure. Toute l'équipe en aura besoin et lui aussi. On fera le point ce soir, comme je vous le dis régulièrement, c'est bien de se réunir, de faire le bilan, d'échanger sur la journée du lendemain et de voir ce qu'il se passe.

Pourquoi faire jouer ensemble, le jour de la finale, une paire qui n'avait jamais joué en Coupe Davis cette saison et les saisons précédentes ?
Pourquoi ne pas donner confiance à une équipe qui a gagné de nombreux doubles de très haut niveau ? Pourquoi ne pas donner confiance à une équipe qui a gagné une médaille au Jeux Olympiques ? Voilà ma réponse.

On a le sentiment que le ressort de l'équipe est un peu cassé. Comment allez-vous remotiver tout le monde pour partir dans le combat ?
Rien n'est cassé mais c'est une situation difficile à vivre, dure à encaisser ; je ne vais pas vous mentir, c'est le cas. Mes joueurs ont une force de caractère. Ils savent exactement où nous en sommes aujourd'hui. Ce n'est pas là où ils voulaient être. Nous ne sommes toujours pas éliminés. Même si demain les chances sont plus favorables à l'équipe suisse, nous en avons toujours ensemble. Mes joueurs vont se battre jusqu'au bout, tant qu'il y aura de l'espoir, même s'il est plus faible pour nous que pour l'équipe suisse de remporter cette Coupe Davis. Nous allons nous battre comme des forcenés jusqu'au dernier point du dernier match. Pour être tout à fait sincère avec vous, je pense que nous avons une chance. Nous pouvons encore y croire ce soir. Mes joueurs sont capables de battre demain Federer et Wawrinka sur ces deux matches de simple.

À tort ou à raison, on a cru percevoir de la tension hier chez Jo et aujourd'hui chez Richard. Dans la mesure où  la situation est bien plus compliquée, espérez-vous que cela puisse libérer les esprits tendus jusque-là ?
Non, les esprits n'étaient pas forcément tendus. C'est la qualité des joueurs suisses qui ont mis énormément de pression à nos joueurs, que ce soit sur le simple d'hier et sur celui d'aujourd'hui. Comme je viens de vous le dire, nous allons continuer à nous battre. Il est normal qu'il y ait une pression. Ils ont envie de bien faire et gagner des points. Quand on joue des adversaires de cette catégorie, c'est compliqué. Ils ne sont favoris sur aucun des 5 matches ; ils ont réussi à gagner 1 point, il en faut 3, il faudrait que ce soit les 2 de demain.

De notre envoyé spécial à Villeneuve d'Ascq, Olivier Maillard

 

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