Arnaud Clément ne doute pas de Jo-Wilfried Tsonga

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Arnaud Clément ne doute pas de Jo-Wilfried Tsonga
Arnaud Clément ne doute pas de Jo-Wilfried Tsonga

Arnaud Clément, la France recevra l'Australie au premier tour de la Coupe Davis. Peut-on parler d'un bon tirage au sort ?France-Australie, c'est un tirage au sort qui n'est pas évident. C'est un gros choc pour le premier tour, deux grosses nations historiques de la Coupe Davis, deux nations qui ont la culture de la Coupe Davis, deux nations qui ont remporté cette épreuve à plusieurs reprises. L'Australie est une vraie équipe, une nation qui remonte dans le groupe mondial après avoir passé des moments un peu plus délicats. Elle aura évidemment à c?ur de ne pas retourner en barrages et d'essayer de passer ce cap du premier tour.Quelles sont les forces en présence de cette équipe ?Il y aura face à nous une équipe d'Australie composée d'un Lleyton Hewitt qui revient à très haut niveau. On a pu le voir à l'US Open. Pour sortir Del Potro sur le Central en cinq sets, il faut être sacrément costaud et il l'est de nouveau apparemment. Hewitt pourra s'appuyer sur Bernard Tomic qui a déjà battu plusieurs Top 10, fait des deuxièmes semaines en Grand Chelem et qui, même s'il est encore très jeune, a l'expérience aujourd'hui de la Coupe Davis et des matches très longs. Derrière, il y a encore deux autres joueurs, un dans les 50 premiers, Marinko Matosevic, et puis un très jeune joueur qui, peut-être, sera encore meilleur dans quelques mois.La rencontre va se dérouler en France, juste après l'Open d'Australie. Se pose la question de la surface. Difficile de jouer les Australiens sur dur. Quant à la terre battue, c'est peut-être un choix compliqué à faire à ce stade de la saison?C'est une vraie question. On a la chance de pouvoir se la poser car on reçoit. Avoir le choix de la surface est toujours un petit avantage même si je pense que, quelle que soit la surface que l'on va choisir, ce n'est pas ça qui fera la victoire ou la défaite. Parfois, les rencontres de Coupe Davis se jouent à rien, quelques points, quelques jeux, et on se doute que ça peut être un gros avantage pour nous que d'avoir ce choix-là. Je vous avoue que ce n'est pas un gros casse-tête. Il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte mais, quand on joue sur dur, on peut choisir un dur plus ou moins lent. On sait qu'à cette période de l'année, ce sera en indoor. On va laisser tout ça mûrir un peu dans les esprits.« Si Jo peut aider, il sera là »Vos joueurs ont-ils également un rôle à jouer dans ce processus ?La rencontre est dans cinq mois. Aux joueurs également de commencer tranquillement à visualiser cette rencontre, les adversaires, à se rappeler quand ils les ont rencontrés, sur quelle surface c'était, comment ils se sont sentis et sur quelle surface ils préféreraient les affronter. Le tout en tenant compte du paramètre de changement de continent et de changement de surface potentielle. Il faut que tout le monde réfléchisse bien de son côté. Je ferai la synthèse de tout ça et on choisira.Pensez-vous que Jo-Wilfried Tsonga sera de cette campagne ?Pour Jo, je n'ai aucun doute. Chaque discussion que j'ai eu avec lui tout au long de l'année à propos de la Coupe Davis, il en est toujours ressorti la même chose : son implication, sa volonté de gagner cette épreuve. Le premier tour est dans cinq mois et je n'ai pas de doute quant à l'engagement de Jo pour la saison prochaine et ce dès le premier tour.Lui disait que si, au premier tour, la France affrontait une « petite » équipe, il y aurait possible discussion?Jo est très respectueux de la Coupe Davis, très respectueux des joueurs. On a pu voir son engagement ces dernières années, l'engagement qu'il a pu avoir contre n'importe quelle équipe. S'il peut aider, il sera là. Il est conscient de la qualité de l'adversaire en face et il sait que ce ne sera pas évident. Si on a besoin de lui, si la France a besoin de lui pour cette rencontre, je suis persuadé qu'il répondra présent avec la même énergie dont il a fait preuve ces dernières années. « Ce sera très dur et on le sait »Après la performance de Richard Gasquet à l'US Open, attendez-vous plus de lui pour la campagne qui s'annonce ?Le fait d'avoir pu enchaîner et gagner deux matchs de cinq sets en trois jours, voilà une configuration qui peut éventuellement se produire en Coupe Davis. C'est quelque chose que Richard a fait et qu'il n'avait pas fait par le passé. Ce sont des doutes en moins dans sa tête. Et puis le fait d'avoir battu de gros joueurs et notamment David Ferrer - contre lequel il avait un record un peu compliqué - en quarts de finale d'un Grand Chelem, le battre en cinq sets alors que l'on sait à quel point il est fort physiquement, ça montre beaucoup de choses. Ces performances qu'il a réalisées à l'US Open, je suis sûr que ça va le rendre encore plus fort parce qu'il aura encore plus confiance en lui et qu'il n'en sera que plus fort en Coupe DavisChaque fois que la France a rencontré l'Australie au premier tour, ça s'est mal passé pour les Bleus, que le match se déroule à domicile ou en Australie?Ça conforte ce que je pense de cette équipe, une équipe qui est toujours très engagée en Coupe Davis et ce dès les premiers tours. Ils y vont à fond tout de suite. Nous n'en avons pas parlé mais, avec un capitaine comme Patrick Rafter que l'on sait attaché à cette épreuve, à son pays, on sait déjà qu'il donnera tout, qu'il motivera ses troupes au maximum si elles ont besoin de l'être. Sur le papier, on regarde le classement des joueurs et on peut se dire que l'on est favori mais on sait qu'en Coupe Davis, l'engagement des joueurs et d'une nation est quelque chose de très important et les Australiens possèdent tout cela. Ce sera très dur et on le sait.Ce sera votre deuxième année à la tête de l'équipe de France, qu'avez-vous retenu de la campagne 2013 et comment abordez-vous l'édition qui se profile ?Quand on subi, en tant que joueur, en tant que capitaine, une telle défaite qui fait mal à tout le monde et qui, quand on y repense encore aujourd'hui, fait toujours mal, on est forcément amené, à mon poste, à se poser des questions, à se dire : « Si j'avais fait différemment? » (ndlr : Défaite face à l'Argentine en quarts de finale). Ce qui compte c'est que, au moment où l'on prend des décisions, on soit persuadé que ce sont les bonnes. Il faut prendre des décisions avec tous les éléments que l'on peut avoir, y réfléchir au maximum avec toute l'honnêteté possible et c'est ce que j'ai fait sur cette première année. On ne saura jamais si les choix que j'ai pu faire étaient les bons ou ne l'étaient pas mais, ce qui est important pour moi, c'est de sentir cet engagement de mes joueurs derrière moi, de sentir leur engagement pour cette Coupe Davis. Je pense que j'ai de la chance aujourd'hui, en tant que capitaine, d'avoir cette puissance derrière moi parce que ces gars là sont forts, ces gars-là sont capables d'aller gagner la Coupe Davis mais surtout, ils en ont la volonté. Et j'espère que ça sourira dans quelques mois.

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