Arnaud Clément : " Je sais qu'ils sont tournés vers cette finale depuis longtemps "

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Arnaud Clément : " Je sais qu'ils sont tournés vers cette finale depuis longtemps "
Arnaud Clément : " Je sais qu'ils sont tournés vers cette finale depuis longtemps "
A quatre semaines de la finale de la Coupe Davis, Arnaud Clément a donné sa sélection pour un stage de préparation. Après un Masters 1000 de Paris-Bercy en demi-teinte pour les Bleus, le capitaine de l'équipe de France a fait un point sur la situation de l'équipe de France avant cette affiche face aux Suisses et Roger Federer.

Arnaud Clément, avant même de parler du bilan en tant que tel : dans l'optique de la finale de la Coupe Davis attachez-vous une grande importance à ce tournoi de Bercy pour les joueurs français ?
Une certaine importance, mais pas une importance capitale. C'était bien pour les joueurs qui avaient été arrêtés à cause de problèmes physiques, qu'ils puissent jouer, faire de bons matchs, ce qui a été le cas. J'ai trouvé cela positif. A partir du moment où, du côté physique, ils ont été rassurés, je sais qu'ils sont tournés vers cette finale depuis longtemps et c'est ce qui compte le plus pour eux sur cette fin de saison.

Un petit mot sur l'exploit de Lucas Pouille : comment l'avez-vous trouvé ? Qu'avez-vous à dire à ce propos ?
Cela faisait plaisir à voir. Il est vrai que quatre victoires d'affilée contre des joueurs de ce niveau, je pense aussi aux deux victoires en qualification, cela veut dire quelque chose et c'est très prometteur pour la suite, pour l'avenir et pour la saison prochaine.

Pouvez-vous dire un mot sur chacun des joueurs que vous allez emmener avec vous à Bordeaux, sur ce que vous avez vu ? Comment les jugez-vous individuellement sur ce que vous avez vu à Bercy ?
Je sais que Richard (Gasquet) est extrêmement tourné vers la finale de la Coupe Davis. C'était bien qu'il joue de toute manière, et c'est le cas pour tous, puisqu'ils avaient quasiment tous ce point commun d'avoir assez peu joué les dernières semaines, que ce soit Richard, Gaël (Monfils) ou Jo (-Wilfried Tsonga). Je fais un parallèle entre les trois. Le match qu'il a perdu, il l'a joué contre Bautista Agut qui a joué de manière exceptionnelle. Lui, c'est perfectible sur un certain nombre de choses, mais cela lui donne quelques repères sur son état physique du moment et il y a du temps pour bosser, ce qui est bien. J'ai été content de voir aussi le niveau de jeu qui a été atteint par Gaël et par Jo contre des gars qui jouent très bien, que ce soit Djokovic qui est au top de sa forme mais aussi Nishikori qui joue extrêmement bien, comme on a pu le voir. Ils ont réussi à rivaliser avec eux pendant un bon moment, quasiment l'ensemble des deux matchs. Ces deux matchs ont été perdus mais j'ai trouvé le niveau de jeu très intéressant.

« Mika se bat comme un beau diable pour faire le maximum »

Pouvez-vous nous donner la liste des joueurs qui vont vous accompagner à Bordeaux ?
A Bordeaux, il y aura Richard, Gaël, Jo et Gilles. Nous partirons à quatre sur le stage à Bordeaux.

Quels étaient les critères pour lesquels vous avez choisi le lieu de la finale de Coupe Davis, Lille ? Ce stade Pierre Mauroy ?
C'est une chance incroyable de pouvoir jouer dans un stade qui peut accueillir autant de monde. Ce sera peut-être plus une question qui pourrait être posée à la Fédération qui gère et reçoit les demandes de candidature, mais nous avons tous été extrêmement séduits et excités quand on nous a dit que c'était une possibilité et qu'ensuite c'était fait. Nous sommes très heureux et très reconnaissants pour tous ceux qui ont ½uvré pour que cela soit possible.

Quelle était votre réflexion pour n'emmener que quatre joueurs et quel ½il avez-vous sur le retour à la compétition de Michaël Llodra ?
Pour compléter, en fonction des résultats de Julien (Benneteau) aux Masters, j'espère que cela se passera très bien et qu'il ira loin et qu'il nous rejoindra plus tard, mais au cas où, en fonction où cela se passe moins bien, il nous rejoindrait aussi pour quelques jours à Bordeaux. C'est une possibilité. Ensuite, Mika (Michaël Llodra), comme vous le savez est blessé depuis un bon moment, depuis l'US Open. Il se bat comme un beau diable pour faire le maximum et pour être prêt à temps. Cela a pris un peu de retard, hélas, il n'a pas pu disputer ni le tournoi de Bâle, ni le tournoi de Bercy, comme prévu à la base dans son calendrier idéal. Il continue, en tout cas. Il va jouer un Challenger cette semaine aussi pour tester son coude notamment.

Avez-vous une idée de comment va se passer le stage de Bordeaux ? Y aura-t-il beaucoup de terrain, beaucoup de physique ? Avez-vous une idée de l'organisation générale des cinq jours de stage ?
Oui, une idée assez précise. Ils vont tous prendre quelques jours de repos à partir de ce moment-là et prendre aussi même avant le stage de Bordeaux quelques jours pour commencer à bien travailler physiquement. Ce travail, on le continuera avec eux aussi au début de ce stage, mais il y aura beaucoup de terrain, beaucoup de terre battue. On continuera également ce travail physique sur le court, en fonction des besoins et des sensations de chacun, on adaptera. En tout cas, après ces quelques jours de repos, ils auront chacun, individuellement et en groupe, pas mal de boulot à faire, parce que le lieu permet de prendre le temps de bien se préparer. Il ne faut pas non plus se précipiter, faire des choses qu'on n'a pas l'habitude de faire et bien se préserver pour éviter au maximum les blessures. Il faudra bien travailler mais bien contrôler aussi.

« On a de la chance d'avoir un public extraordinaire »

Etes-vous allé à Lille voir le stade et est-ce que le gigantisme de l'endroit pourrait être un problème ? Selon vous, jouer devant 14 ou 27 000 personnes, est-ce la même chose ? Avez-vous peur que vos joueurs soient inhibés de jouer devant autant de monde ?
Non, je n'y suis pas allé. J'ai vu pas mal de photos, en revanche. Ce sera nouveau pour tout le monde, pour tous les joueurs de jouer dans un tel stade. Non, je n'ai pas peur qu'ils soient inhibés, au contraire. J'ai plus vu de l'excitation, ce sont aussi des joueurs qui aiment jouer sur de grands courts avec de grosses ambiances. Au contraire, je pense que c'est une chance pour nous.

Je reviens sur le stade de Lille lui-même, on parlait du gigantisme, il y a un autre aspect qui va peut-être faire que c'est une finale différente même si c'est en France, c'est qu'en face il y aura Roger Federer et qu'on n'a pas trouvé grand-monde qui puisse être contre lui. Même si on est Français, les gens disent on ne va pas être contre Roger Federer. Est-ce un aspect important ?
En France, on a de la chance d'avoir un public extraordinaire. Je le dis sincèrement, parce que je le pense et, en effet, on n'a pas un public qui est contre l'adversaire mais un public qui est pour nous. On a pu le voir très récemment, même sur la demi-finale, même si ce n'était pas Roger Federer en France, en face, le public n'était pas hostile aux joueurs tchèques, mais ils nous ont tellement supporté que cela donne une énergie incroyable aux joueurs. C'est ce que je j'attends du public, je n'attends pas un public contre Roger Federer mais un public qui vient supporter l'équipe de France, qui vient lui donner de l'énergie. C'est ce qui est beau dans cette compétition. Ce n'est pas d'avoir un public hostile à l'adversaire.

En parlant des Suisses, vous les avez vu jouer pendant Bercy, vous avez vu les matchs de Roger Federer et de Stanislas Wawrinka ? Si oui, qu'en avez-vous pensé ?
Oui. Cela faisait beaucoup de matchs à regarder pour moi, je n'ai pas pu tout voir. J'ai regardé un petit peu. Oui, j'ai vu Roger Federer extrêmement déterminé dans sa quête de la première place et de sa fin de saison, d'essayer de faire un carton plein. Stanislas Wawrinka a fait un match contre un très bon joueur, Kevin Anderson qu'on connaît peut-être un peu moins, mais c'est un joueur de très, très grande qualité. Le match était très bon, même s'il a été perdu, il y a eu un peu d'irrégularités par moments comme cela peut arriver avec un enchaînement de quelques mauvais points sur les surfaces indoor, mais je les ai trouvés globalement tous les deux bien en jambe et en forme. Bien évidemment, on s'attend à les voir au top pour Lille, parce que même si eux en parlent un peu moins, je pense qu'ils sont tous aussi concernés que nos joueurs français par rapport à la finale.

« J'espère qu'il n'y aura pas de pépin »

Vous savez que Michaël Llodra adore cette compétition et, évidemment, cela a dû être un crève-c½ur pour vous de ne pas le prendre pour le stage à Bordeaux. Est-ce qu'il va l'apprendre aujourd'hui ou est-ce que vous lui en avez déjà parlé ? Si oui, comment a-t-il réagi et comment expliquez-vous le fait qu'il se soit inscrit en Challenger ? C'est vraisemblablement pour essayer vous convaincre de revenir sur votre décision ?
Bien évidemment, il ne va pas l'apprendre aujourd'hui, puisqu'on s'est parlé plusieurs fois. Hélas, j'aurais bien aimé pouvoir le voir mais cette semaine a été un peu compliquée pour moi. Aujourd'hui, j'ai une vision assez claire de l'équipe, chose que je lui ai expliquée. Oui, cela a été dur pour lui, bien évidemment, d'entendre mes paroles. J'espère en tout cas qu'il n'y aura pas de pépin du côté de ceux qui sont sélectionnés mais au cas où, il continue à se préparer de la même manière. Je n'ai pas eu besoin de lui demander, parce qu'il sera amené à jouer le Masters dans pas longtemps avec Julien. Edouard (Roger-Vasselin) aussi doit éventuellement rester concentré même si de toute manière il continue une préparation et sa saison n'est pas terminée. Il continue dans ce sens au cas où, mais j'espère - ils l'espèrent aussi - qu'il n'y aura pas de blessures de la part de leurs copains pour pouvoir intégrer leurs équipes.

On ne souhaite pas les blessures, mais dans le cas d'un pépin, avez-vous une « liste cachée » ou du moins savez-vous déjà à qui vous ferez appel s'il y avait vraiment un pépin grave ?
Ça dépend, mais je n'ai pas envie de trop parler de cela. Ça dépend sur qui cela peut tomber mais non, je n'ai pas envie de parler de cela, parce que je n'ai pas envie que cela arrive.

Quand vous parlez avec vos joueurs, parmi les nombreux conseils que vous leur donnez, quand vous communiquez, quel serait le conseil, si vois pouviez en choisir un, pour mener à bien cette finale et pour obtenir le succès ?
Je leur dirais la même chose que celle que je leur ai dite avant la demi-finale, même si c'est un événement encore supérieur, c'est de bien s'éclater et de tout faire pour arriver prêt le jour des matchs. La préparation sera déterminante, mais quand ce sera le cas, quand le jour des matchs arrivera, c'est de prendre du plaisir, de s'éclater et de se lâcher.

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