Armstrong rencontre Christophe Bassons

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Armstrong rencontre Christophe Bassons
Armstrong rencontre Christophe Bassons

La tournée du pardon de Lance Armstrong a fait un petit détour par Paris en cette fin de semaine. Le Texan, qui a reconnu s'être dopé durant sa carrière, a pu rencontrer son premier adversaire médiatique, Christophe Bassons. Surnommé « Monsieur Propre » par les autres coureurs pour son combat, le cycliste français s'était opposé à l'Américain à la fin des années 90, mettant en avant l'existence d'un cyclisme à deux vitesses lors du Tour de France 1999. Menacé par le futur lauréat, il avait été contraint de quitter les pelotons sous les pressions exercées par l'ex-septuple vainqueur du Tour. Quatorze ans plus tard, les deux hommes se sont retrouvés dans un restaurant parisien pour parler cyclisme, conflits et lutte contre le dopage : « Quand j'ai arrêté le vélo, en 2001, j'étais victime de harcèlement physique. On me mettait dans le fossé. Des coureurs français critiquaient en catimini Lance Armstrong parce qu'il se dopait. Pourtant, ils ne disaient rien en public contre toi. Ils me laissaient aller au front. Mieux encore, ils m'ont fait partir », a expliqué Christophe Bassons durant ce rendez-vous dans des propos relayés par Le Monde.

« J'ai le sentiment de ne plus avoir aucune valeur »

Désormais dans la position du paria rejeté par tous ceux qui l'ont adulé, Lance Armstrong ne peut qu'acquiescer et renchérit après son ancien adversaire : « Ma vie est aujourd'hui remplie de ce genre de personnages. Quand on traverse le genre de période que je vis, on apprend beaucoup de choses. Ce n'est pas une leçon de cyclisme mais une leçon de vie. On apprend à savoir qui sont ses vrais amis. Il y a des gens dont j'aurais juré qu'ils étaient de mon côté. Je leur aurais fait confiance à 100 %. Je pensais qu'ils allaient être avec moi. Et hop ! Disparus ! Au moins, je sais à qui j'ai à faire », s'est empressé d'affirmer le Texan, visiblement très atteint dans une posture d'homme affaibli. D'un seul coup, il y a eu beaucoup moins de monde autour de moi. Mais je vais te dire ceci : les événements de l'année dernière, qui ont démarré avec l'USADA, tous les problèmes qui en ont découlé ont été tels que pour moi, pour ma famille, pour mon entourage, j'ai le sentiment de ne plus avoir aucune valeur. [?] J'ai des enfants, je suis très fier mais je n'ai pas de projets. Ma vie est compliquée. Elle l'a toujours été, mais elle est particulièrement compliquée en ce moment. Je suis empêtré dans des sables mouvants juridiques. »

Armstrong salue l'éducation de Bassons

S'il assume désormais son recours au dopage, Lance Armstrong a expliqué que c'était parce qu'il voyait sa carrière plafonner, en 1994, et qu'il n'avait pas d'autre choix à ses yeux. C'était se doper ou disparaitre du monde du cyclisme : « On a le sentiment que dans les années 90, Lance Armstrong et ses coéquipiers, ceux qui ont pris cette décision, étaient des animaux. Mais c'étaient des êtres humains, confrontés à un choix : je viens de nulle part, je n'ai pas fait d'études et, si je rentre chez moi, je n'ai plus rien, explique aujourd'hui l'ancien coureur de l'US Postal. Or, il y a des choses qui sont là à ma portée, qui peuvent faire du bien, beaucoup de bien, qui ne sont pas détectables. Je me dis : « Oui, je vais jouer le jeu ». Et presque tout le monde a dit « oui ». A part toi, je ne connais que deux personnes qui ont pris une décision différente : Scott Mercier et Darren Baker (ndlr : deux de ses anciens coéquipiers à l'US Postal). Vous trois, vous êtes des gens éduqués. Vous avez un diplôme d'études supérieures. » Aujourd'hui, Christophe Bassons a raccroché son vélo et s'est reconstruit une vie professionnelle et personnelle grâce à ses études supérieures : « Moi, actuellement, je suis heureux, a-t-il expliqué. Je suis papa de deux enfants. J'ai un travail qui me plaît. Je n'ai pas de regret. Je suis fier et j'ai des projets. »

Armstrong pas encore prêt à lutter contre le dopage

Désormais loin des pelotons professionnels, l'ancien coureur français aimerait entraîner Lance Armstrong dans la prévention et la lutte contre le dopage. S'il ne rejette pas forcément cette possibilité, le Texan estime ne pas être la personne idoine pour changer les mentalités et aider les futures générations : « Je ne suis pas sûr d'être la bonne personne, affirme le coureur américain. Je suis même probablement la plus mauvaise personne. Je crois que tu serais beaucoup plus crédible en en parlant. Ton opinion est beaucoup plus crédible, probablement plus crédible que celle de qui que ce soit. » S'il continue de sillonner le monde et les plateaux pour demander le pardon aux suiveurs et aux personnes qui ont payé au prix cher le fait de s'être opposé à lui (Emma O'Reilly et désormais Christophe Bassons), L.A. ne semble donc pas encore prêt à être le porte-étendard de la lutte contre le dopage.

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