Armes-Le pdt d'Airbus critique les restrictions de Berlin

le
0

(Actualisé avec d'autres déclarations d'Enders, contexte sur la politique de défense allemande) BERLIN, 11 septembre (Reuters) - Le président exécutif d'Airbus Thomas Enders AIR.PA s'est montré critique à l'égard des restrictions qu'impose le gouvernement allemand sur les exportations de biens de défense, ajoutant que cette position était susceptible de dissuader les sociétés internationales de coopérer sur de futurs projets. "Quand il s'agit de défense et de politique de sécurité, ce que le gouvernement allemand dit et ce qu'il fait sont deux choses très différentes", dit-il dans une déclaration envoyée à Reuters. Le ministre allemand de l'Economie Sigmar Gabriel, qui veut durcir les règles pour l'exportation d'armement vers les zones sensibles, a déclaré en août aux industriels du secteur que leur avenir dépendait d'une consolidation avec leurs pairs européens. Pourtant, selon un article de Die Zeit publié la semaine dernière, il préférerait voir le groupe de défense Krauss-Maffei Wegmann (KMW) se rapprocher de son compatriote Rheinmetall RHMG.DE plutôt que de fusionner avec le français Nexter. En outre, Berlin bloquerait actuellement un contrat de missiles de MBDA au Qatar en n'autorisant pas le transfert de pièces détachées de l'Allemagne vers la France, apprend-on de sources du secteur de la défense. Le quotidien Les Echos a rapporté plus tôt dans la journée ce blocage. Airbus détient 37,5% de MBDA, le missilier dont BAE Systems BAES.L et Finmeccanica SIFI.MI sont également actionnaires. Thomas Enders, qui a supervisé la restructuration du capital d'Airbus Group pour limiter l'influence des Etats français et allemand, a dit que les restrictions à l'exportation pèseraient sur l'emploi en Allemagne. Il a ajouté que la politique de Berlin pourrait freiner le développement secteur en Europe. "Alors qu'on parle sans cesse de davantage de coopération et de consolidation du secteur de la défense en Europe, on s'attaque à des décennies de coopération franco-allemande." L'industrie de la défense en Allemagne emploie environ 80.000 personnes au total, avec des exportations en hausse de 24% à 5,85 milliards d'euros en 2013. Cette envolée des ventes à l'étranger a décidé le ministre allemand de l'Economie à freiner les exportations d'armes vers des pays comme le Qatar et l'Arabie Saoudite, dont les achats contribuaient à faire du pays le troisième exportateur d'armement au monde. Les entreprises allemandes ont déjà reproché à la politique de Sigmar Gabriel d'avoir entrainé le rejet de milliers de licences d'exportation d'armes et Rheinmetall a lancé un avertissement sur ses résultats après le blocage par Berlin d'un accord pour la vente d'équipements de simulation de combat à la Russie. Le gouvernement allemand est ainsi allé plus loin que les sanctions décidées par l'Union européenne à l'encontre de la Russie pour son rôle dans le crise ukrainienne. D'après le texte de ces sanctions, l'embargo sur les exportations d'armes vers la Russie n'est pas rétroactif et ne concerne donc pas des contrats déjà signés. (Sabine Siebold, Benoit Van Overstraeten et Juliette Rouillon pour le service français)


Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant