Argentine-Fernandez exhorte ses partisans à veiller sur son legs

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    par Sarah Marsh 
    BUENOS AIRES, 10 décembre (Reuters) - La présidente sortante 
de l'Argentine, Cristina Fernandez, a fait ses adieux à des 
milliers de partisans mercredi soir à Buenos Aires, en les 
exhortant à veiller sur son legs.  
    "Nous croyons en ce que nous avons fait. Il faut donc (...) 
s'assurer que ces acquis ne seront pas détruits", a lancé 
Cristina Fernandez d'une tribune installée sur la place de Mai, 
face au palais présidentiel où son successeur le libéral 
Mauricio Macri doit prêter serment ce jeudi.  
    La présidente sortante a refusé d'assister à la cérémonie, 
une première depuis la fin de la dictature militaire en 1983, en 
raison d'un différend sur le lieu où celle-ci se déroulera. 
Mauricio Macri a insisté pour prêter serment à la Casa Rosa, le 
palais présidentiel, alors que Cristina Fernandez voulait que la 
cérémonie se déroule au Congrès, où son parti, le Front pour la 
victoire, détient la majorité des sièges.  
    Le futur président, élu le 22 novembre dernier avec 51,5% 
des voix contre son rival de centre gauche Daniel Scioli, a 
saisi la justice pour réclamer que le mandat de Cristina 
Fernandez s'achève mercredi à minuit.  
    "Je ne peux pas parler longtemps parce qu'à minuit, je me 
transforme en citrouille", a ironisé la présidente sortante.  
    Etiquetée péroniste de gauche, Cristina Fernandz achève un 
double mandat de quatre ans et ne pouvait solliciter un 
troisième mandat consécutif. Elle a été précédée à la présidence 
par son défunt mari Nestor Kirchner. 
    Elle reste admirée par de nombreux Argentins pour avoir 
lancé de généreux programmes sociaux, nationalisé certaines 
entreprises et introduit de nouveaux droits civiques comme le 
mariage gay.  
    Pour ses détracteurs, elle a créé une culture de 
"l'assistanat" et étouffé l'Argentine par une politique 
économique interventionniste.  
    Mauricio Macri s'est engagé à lever les contrôles de l'Etat 
sur l'économie. Il devra toutefois compter avec la majorité 
parlementaire toujours fidèle à Fernandez.  
    Selon des économistes privés, des changements sont 
inévitables car les réserves en devises du pays sont très 
faibles, les contrôles sur les capitaux ont fait fuir les 
investisseurs et l'inflation s'élève à environ 25%.  
    Martin Sosa, un étudiant de 18 ans venu saluer Cristina 
Fernandez a dit craindre que le nouveau chef de l'Etat ne ramène 
l'Argentine aux politiques néo-libérales des années 1990.  
    "Ce gouvernement nous a rendu notre dignité en aidant les 
pauvres. Il nous a donné du travail, il a ouvert des usines, 
amélioré l'accès à l'éducation publique et à la santé", a-t-il 
dit. "J'ai peur que Macri défasse tout ça. Il représente les 
riches." 
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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