Argentine-Accord avec des créanciers après une dispute de 14 ans

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    NEW YORK, 29 février (Reuters) - L'Argentine et les fonds 
spéculatifs américains qui avaient jusqu'ici refusé de 
participer aux restructurations de la dette du pays ont conclu 
un accord de principe de 4,653 milliards de dollars, qui met fin 
à un différend de 14 ans entre les deux parties. 
    Une fois finalisé, cet accord devrait permettre le retour de 
l'Argentine sur les marchés de capitaux internationaux. 
    L'accord, conclu dimanche et annoncé lundi par un médiateur 
nommé par la justice américaine, verra les quatre derniers fonds 
rétifs à toute restructuration recevoir 75% des sommes qu'ils 
estiment leur être dues. 
    "C'est un pas de géant vers la résolution de ce très long 
litige, mais ce n'est pas encore l'étape finale", a dit Daniel 
Pollack, un avocat new-yorkais supervisant les discussions, qui 
avait déjà annoncé un accord à l'amiable dans ce dossier il y a 
12 jours.  ID:nL8N15V636  
    "L'accord de principe est soumis à l'approbation du Congrès 
d'Argentine (...)", a-t-il ajouté. 
    Au début du mois, l'Argentine avait proposé un paiement 
d'environ 6,5 milliards de dollars aux fonds spéculatifs, 
emmenés par Elliot Management, alors que ces derniers en 
réclamaient 9,9 milliards de dollars.  ID:nL8N15K4RM  
    Dans la foulée de cette proposition, deux des six principaux 
fonds concernés avaient accepté l'offre de Buenos Aires mais les 
autres, dont au premier chef Elliott Management et Aurelius 
Capital Management, ont fait de la résistance jusqu'au bout. 
    Elliott Management, qualifié de négociateur "intraitable 
mais juste" par Daniel Pollack, a ainsi multiplié les actions en 
justice contre l'Argentine au cours des près de 15 ans de 
litige. 
    "Un accord est, par définition, un compromis et, 
heureusement, les deux parties de cette lutte épique ont fini 
par prendre acte de la nécessité d'un compromis (...)", a 
poursuivi le médiateur. 
    Elliot Management s'est dit satisfait d'avoir conclu un 
accord avec l'Argentine, tout en se disant à ce stade opposé à 
la levée de certaines injonctions dans ce dossier, dont celle 
limitant le paiement par l'Argentine des intérêts sur sa dette 
déjà restructurée. 
    Un porte-parole d'Aurelius s'est refusé à tout commentaire. 
    L'Argentine a fait défaut sur 100 milliards de dollars de 
dette souveraine en 2002 mais les fonds spéculatifs concernés 
par l'accord ont refusé de participer aux restructurations de la 
dette publique en 2005 et 2010. 
    Le nouveau président argentin Mauricio Macri, premier chef 
d'Etat non péroniste depuis plus d'une décennie en Argentine, 
veut résoudre au plus vite le litige avec les créanciers. 
    Mardi, il présidera l'ouverture de la session 2016 du 
Congrès. Dans son discours devant les parlementaires, il devrait 
les exhorter à adopter une série de lois ouvrant la voie à un 
accord définitif dans ce dossier. 
 
 (Daniel Bases, Benoit Van Overstraeten pour le service 
français, édité par Bertrand Boucey) 
 
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