Areva pourrait décaler certains projets d'investissement

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par Benjamin Mallet et Marie Maitre

PARIS (Reuters) - Areva pourrait décaler certains investissements pour s'adapter au contexte de l'après-Fukushima, a déclaré mercredi le nouveau président du directoire du spécialiste du nucléaire, Luc Oursel.

Le nouveau patron d'Areva, qui a succédé à Anne Lauvergeon en juin et prévoit de dévoiler la nouvelle stratégie de la société en décembre pour y intégrer l'impact de la catastrophe japonaise, a jugé "impératif" d'améliorer les finances du groupe public, détenu à près de 90% par l'Etat.

Il s'exprimait lors d'une audition devant la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale.

"Dans un contexte d'incertitude, avec un marché qui décollera moins vite que ce que nous imaginions, nous sommes amenés a revoir un certain nombre de nos programmes d'investissements", a-t-il expliqué.

"Nous les étudions un par un et il est possible que nous prenions la décision de lisser certains investissements, de décaler certains investissements pour limiter les risques et améliorer la situation financière", a ajouté Luc Oursel, soulignant que ces possibles décalages concernaient principalement les projets dans le nucléaire.

"Sur les dix milliards d'euros investis ces dernières années par l'entreprise, les capacités de financement propres de l'entreprise n'ont rapporté que quatre milliards d'euros. Le reste s'est fait par endettement, augmentation de capital et cessions d'activités", a-t-il ajouté.

"TROUVER UN ÉQUILIBRE PLUS RAISONNABLE"

"Il nous faut trouver un équilibre plus raisonnable entre le développement des investissements et nos propres capacités de financement. C'est un tournant, pas une remise en cause radicale."

Défendant une nouvelle fois le modèle intégré d'Areva, Luc Oursel a en outre mis l'accent sur la nécessité de s'assurer du bon déroulement des projets du groupe, de remettre les clients au centre de ses préoccupations, de garantir un équilibre entre nucléaire et renouvelable et de resserrer les liens avec EDF.

Concernant les activités minières du groupe, il a déclaré qu'en cas d'ouverture du capital de ce pôle, il préférerait des partenaires industriels mais qu'aucune discussion n'était engagée à ce stade.

Ces déclarations interviennent alors que l'opérateur finlandais Teollisuuden Voima (TVO) vient d'annoncer que des retards dans les travaux de construction de la troisième tranche de la centrale nucléaire finlandaise d'Olkiluoto, équipée de l'EPR et construite par Areva, pourraient reporter sa mise en service à 2014.

Selon un rapport d'étape remis mardi par le député Marc Goua à la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Areva risque de devoir inscrire de nouvelles provisions dans ses comptes pour faire face aux coûts de cet EPR finlandais.

Enfin, Luc Oursel a déclaré au quotidien allemand Handelsblatt qu'Areva envisageait d'arrêter certaines activités en Allemagne après la décision du pays de sortir du nucléaire d'ici à 2022.

Edité par Marc Angrand

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