Areva envisagerait d'ouvrir certaines filiales à EDF

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AREVA ENVISAGERAIT D'OUVRIR CERTAINES FILIALES À EDF
AREVA ENVISAGERAIT D'OUVRIR CERTAINES FILIALES À EDF

par Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - Dans le cadre de son futur plan stratégique, Areva envisage de filialiser ses activités liées aux nouveaux projets de centrales nucléaires à l'international ainsi qu'au traitement des combustibles usés afin d'y faire entrer EDF, a déclaré à Reuters une source au fait du dossier.

"C'est une piste de réflexion mais ça devrait être un sujet majeur du plan" qui sera annoncé le 4 mars, a déclaré cette source. "L'idée qui est en train de s'imposer, c'est que l'avenir d'Areva est étroitement lié à celui d'EDF."

Au-delà de la relation avec l'électricien public, le plan prévoirait plus globalement "une filialisation de certaines activités avec l'entrée de nouveaux investisseurs dans des coentreprises, Areva devenant une holding gérant ces sociétés avec ses partenaires", a déclaré la même source.

Areva, EDF et l'Agence de participations de l'Etat n'ont pas souhaité commenter ces informations.

Le projet avec EDF aurait pour avantage de faire entrer des capitaux chez Areva dans une période difficile et lui permettrait de partager les risques et les investissements avec son plus grand client, qui représentait 30% de ses ventes en 2013.

Le resserrement des liens entre les deux groupes s'est déjà traduit par l'entrée au conseil d'administration d'EDF du nouveau président d'Areva, Philippe Varin, fin 2014.

Le nouveau PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy, a en outre récemment souligné la nécessité pour son groupe de s'organiser rapidement avec Areva afin de saisir les opportunités de développement sur le marché chinois.

Le gouvernement français avait en outre autorisé fin 2011 la filialisation de l'activité minière d'Areva, qui suscitait alors l'intérêt d'EDF et d'investisseurs étrangers comme le Qatar, mais le groupe nucléaire est depuis resté seul propriétaire du pôle.

PEU DE MARGES DE MAN¼UVRE POUR DES CESSIONS

En proie à des marchés en berne, dans les services aux centrales existantes comme dans les projets de nouveaux réacteurs, Areva a annoncé lundi qu'il prévoyait de passer de nouvelles charges et dépréciations d'actifs dans ses comptes annuels, qui seront publiés le 4 mars prochain et seront donc marqués par une lourde perte.

Egalement confronté aux retards et surcoûts du chantier du réacteur EPR finlandais et au glissement du calendrier de redémarrage des centrales nucléaires au Japon, le groupe doit présenter le même jour de nouvelles mesures d'économie ainsi qu'une révision de ses perspectives stratégiques et de son plan de financement à moyen terme.

Il avait déjà annoncé à l'automne son intention de réduire ses investissements et de céder au moins 450 millions d'euros d'actifs, ainsi qu'une suspension de ses objectifs financiers pour 2015 et 2016 qui a conduit dans la foulée Standard & Poor's à abaisser les notes de sa dette., et

"Areva n'a pas vraiment de marge de man½uvre pour ce qui est des cessions d'actifs", relève un banquier d'affaires parisien, pour qui le groupe pourrait "ouvrir le capital de certaines de ses activités pour faire entrer des partenaires mais tout en restant majoritaire pour garder le contrôle".

La source au fait du dossier a en outre confirmé des informations de presse selon lesquelles la société prévoit de lancer un programme d'économies d'un milliard d'euros sur trois ans, un chiffre qui doit néanmoins être affiné.

"Le programme passera majoritairement par une réduction des frais de personnel et inclura des économies d'achats et une baisse des investissements."

Areva, dont l'Etat français contrôle directement ou indirectement près de 87% du capital, comptait près de 45.000 salariés à fin 2013, dont 65% en France.

Le directeur général Philippe Knoche a clairement indiqué fin 2014 que le groupe, qui vient de recruter un nouveau directeur des ressources humaines, devrait réduire ses effectifs en France.

Alors que les difficultés de la société posent la question de son éventuelle recapitalisation, un analyste parisien estime en outre qu'Areva aura du mal à attirer de nouveaux investisseurs tant qu'il n'en aura pas terminé avec les retards et surcoûts de l'EPR finlandais d'OL3, pour lequel une procédure d'arbitrage est en cours.

(Avec Matthieu Protard et Geert de Clercq, édité par Jean-Michel Bélot)

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  • j.neugeb le jeudi 5 fév 2015 à 16:38

    encore une magouille française ! j'espère que Bruxelles mettra son veto !

  • olive84 le jeudi 5 fév 2015 à 15:59

    ouais ou comment Areva va entraîner edf ds sa chute

  • marando2 le jeudi 5 fév 2015 à 15:42

    ALERTE !!!!!!!! la monnaie Ukrainienne perd 50 % de sa valeur en 2 heures .Aucune info sur Bourso, à la traîne de l'AFP/ Plus nul tu meurs !!https://www.boursorama.com/bourse/cours/graphiques/intraday.phtml?symbole=3fEUR_UAH

  • juillia3 le jeudi 5 fév 2015 à 15:39

    edf totalement laché par l etat plus de 60ans a encaisser les dividendes sur les benefices d edf bravo pour votre soutient la gauche , tout ca pour faire plaisir au vert qui n ont aucune alternative au nucleaire toutes leurs solutions ne sont pas viables a long terme , faut il un black out pour convaincre se gourvernement a prendre de bonnes solutions pour l avenir energetique en electricité pour 2025!!! la franchement ca craint !!!!